Lyon, le pétard mouillé

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Lyon, le pétard mouillé
Par Eurosport|Ecrit pour TF1|2010-04-28T17:02:05.000Z, mis à jour 2010-04-28T17:02:05.000Z

Jamais dans le coup en demi-finale de la Ligue des Champions, Lyon ne s'est pas montré digne de l'évènement lors des 180 minutes qui l'ont opposé au Bayern Munich (1-0, 0-3). Cette grande première a tourné au vinaigre. L'OL, en manque cruel d'ambition, a raté son rendez-vous avec l'histoire.

Ils nous promettaient le feu à Gerland. Oui, ils avaient retenu la leçon du match aller. Oui, ils allaient ajouter ce grain de folie pour forcer les portes de la finale. Mais non. Rien, le néant. Lyon a touché ses propres limites face au Bayern Munich. A l'aller comme au retour, même constat d'échec. Bien sûr certains faits sur comme en dehors du terrain ne les ont pas aidés dans leur tâche. Le voyage en bus jusqu'à Munich, l'expulsion sévère de Cris à Lyon. Mais soyons honnête, ce Lyon-là n'a jamais mérité sa place en finale. Trop tendre, trop timoré, trop inoffensif, trop naïf, trop fébrile. Lyon a pêché dans tous les secteurs et personne n'y trouve rien à redire.


Jean-Michel Aulas s'avoue vaincu : "On est tombé sur plus fort que nous tant sur le plan technique que sur le plan physique." Même constat pour Claude Puel qui préfère souligner la prestation du Bayern plutôt que de s'arrêter sur les carences de sa formation : "Il faut tout simplement féliciter cette équipe qui nous a été supérieure dans pas mal de domaines : dans l'impact physique, dans la maîtrise et dans la qualité de jeu." Bien sûr, le Bayern a fait l'étalage de son savoir-faire lors des grandes occasions. Le manque criant expérience a joué un rôle prépondérant face au quadruple vainqueur de la Coupe aux grandes oreilles. Mais Lyon n'a même pas tenté sa chance. Il a simplement tendu la joue à l'aller pour mieux se faire corriger au retour.


180 minutes, 2 tirs cadrés...


Après avoir couru pendant des années derrière une demi-finale qui avait tant de mal à se dessiner, c'est comme si les Gones s'étaient contentés de ce dernier carré. Pourtant, il y avait une finale à aller chercher avec force et caractère. En guise d'apothéose : deux simulacres moroses de match sans saveur et un goût très amer dans la bouche. Une statistique résume la frilosité lyonnaise dans ce qui reste le rendez-vous majuscule de son histoire sur le Vieux Continent : deux tirs cadrés en 180 minutes. Difficile d'espérer, dans ces conditions, meilleur sort.


Offensivement Lyon n'a pas existé. Dans l'engagement, l'OL n'y était pas non plus. Ce mardi à Gerland, le Bayern a joué avec une main dans le dos, ne commettant que cinq fautes en 90 minutes ! "Ce soir ça a été très dur, comme à l’aller. On n’a pas su produire du jeu pour les contrer. On avait envie de se battre, de courir on a été courageux mais le Bayern a eu la maitrise technique. Quand on fait des efforts mais que l’on n’a pas le ballon c’est très compliqué", constatait simplement Ederson.


Pourtant face au Real ou lors du match aller face à Bordeaux (3-1), Lyon avait montré une force de caractère et une maîtrise technique tout autre. Mais cette fois-ci, Claude Puel n'a jamais trouvé la clé. L'homogénéité de son collectif s'est fissurée en même temps que sa philosophie de jeu. Ce qui marche lorsque Lyon mène la danse (bloc équipe bas, projection rapide vers l'avant), le plombe dès lors qu'il faut faire le jeu. Pour ne pas avoir su s'adapter, Lyon est sorti du jeu. Par la petite porte.