Les manques de l'OL

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Les manques de l'OL
Par Eurosport|Ecrit pour TF1|2010-04-23T14:45:07.000Z, mis à jour 2010-04-23T14:45:07.000Z

Alors qu'il avait tout pour faire un pas vers la finale mercredi soir à l'Allianz Arena, l'OL s'est mis dans la panade en s'inclinant sur la pelouse du Bayern (1-0). Physiquement, mentalement, tactiquement, Lyon n'a pas su se montrer à la hauteur de sa première demi-finale de Ligue des champions.

. MANQUE DE MAITRISE


A ce stade de la compétition, entre deux équipes de niveau égal, tout se joue souvent sur quelques petits détails. Il convient de les maîtriser. Lyon n'a pas su le faire. Le symbole, évidemment, en est l'expulsion de Jérémy Toulalan. Compte tenu du contexte, après le carton rouge de Franck Ribéry en première période, les Lyonnais devaient impérativement se tenir à carreau pour ne pas tenter M. Rosetti de remettre les deux équipes à parité numérique. Claude Puel avait d'ailleurs sensibilisé tout le monde sur ce point à la mi-temps. En prenant deux jaunes en l'espace de trois minutes en début de seconde période, Toulalan a donc fait exactement ce qu'il ne fallait pas faire.


Au-delà du cas Toulalan, c'est cependant tout le collectif rhodanien qui a peiné à maîtriser son sujet. Dès la reprise, l'OL s'est retrouvé en difficulté, même à 11 contre 10. Les statistiques de la possession de balle (66% sur l'ensemble du match et près de 80% entre la 46e et la 75e minute en faveur du Bayern) en disent long. Globalement, il y a longtemps que l'OL n'avait pas aussi mal appréhendé un match de Ligue des champions. C'est d'autant plus frustrant que le Bayern n'est pas inaccessible pour cet OL. Rien à voir avec le Barça qui avait pulvérisé les Gones au Nou Camp l'an dernier. Lyon ne peut donc s'en prendre qu'à lui-même.


. MANQUE D'INTENSITE


L'Olympique lyonnais n'a pas toujours donné l'impression de disputer une demi-finale de Ligue des champions à Munich. En termes d'intensité et d'esprit d'entreprise, l'OL n'a pas été là. Cris ne dit pas autre chose quand il souligne l'attitude de son équipe mercredi. "À mon avis, pour un match comme ça, il ne suffit pas d'être à 100%, il faut toujours donner plus", juge le défenseur brésilien. Certes, les péripéties du voyage en bus ont dû peser dans l'apathie lyonnaise et le fléchissement observé dans la dernière demi-heure. Mais elles n'expliquent pas tout. "Le voyage en bus n'est pas une excuse. Ceux qui invoquent cela ne sont pas prêts à jouer un match de coupe d'Europe. Une demi-finale ne se rate pas. Il fallait en profiter", assène encore Cris.


C'est peu dire que l'OL n'en a pas profité. Les joueurs de Puel ont toujours été sur la réserve. Cette équipe et ces joueurs ont du vécu au niveau européen, mais jamais Lyon ne s'était encore retrouvé aux portes d'une finale de Ligue des champions. Ce facteur a-t-il influencé le comportement des Lyonnais? C'est possible. En tout cas, ils n'ont jamais réussi à se lâcher véritablement. Comme s'ils avaient peur, de l'évènement plus que de l'adversaire, ils ont toujours joué avec le pied gauche sur la pédale de frein et la main droite sur le frein à main. Difficile d'avancer dans ces conditions. Les joueurs en sont responsables évidemment, mais leur entraîneur n'a rien fait non plus pour changer ça.


. MANQUE DE SENS TACTIQUE


Claude Puel a-t-il manqué de réactivité mercredi à l'Allianz Arena? On peut le penser. Décisif par son coaching en huitièmes de finale contre le Real, l'entraîneur lyonnais n'a cette fois pas été à la hauteur en se montrant incapable de s'adapter à la situation. Paradoxalement, l'expulsion de Ribéry a semblé lui poser un problème insoluble alors qu'elle aurait dû lui ouvrir des portes. Puel s'est retrouvé prisonnier de son système initial. Venu clairement en Bavière pour subir, attendre et voir pour mieux crucifier le Bayern dans le dos le moment venu, l'OL n'a pas su prendre les choses en main. Une fois Ribéry dehors, le 0-0 devenait un bon résultat pour les Allemands, plus pour les Lyonnais. Pourtant, malgré cet avantage numérique, jamais ils n'ont donné l'impression d'être un de plus sur le terrain.


Au contraire. Cette supériorité a renforcé un peu plus l'inhibition lyonnaise évoquée plus haut. Catastrophé à l'idée de devoir prendre le jeu à son compte, le septuple champion de France a complètement déjoué. Qu'aurait pu faire Puel après la sortie de Ribéry? Apporter un peu plus de soutien à Lisandro, par exemple. L'Argentin a été terriblement seul mercredi soir. "On a joué beaucoup trop bas et, du coup, Licha était toujours coupé du reste de l'équipe", regrette Kim Källström. Puel a expliqué après le match qu'il comptait lancer Bafé Gomis mais que l'expulsion de Toulalan a changé ses plans. Mais pourquoi ne pas avoir pris cette décision plus tôt, en fin de première période, par exemple, ou à la pause? A ce niveau, sur le banc comme sur le terrain, il vaut mieux agir que réagir. Puel a été à l'image de ses joueurs, il n'a pas pris le taureau par les cornes. Il faudra retenir la leçon avant le retour à Gerland. Sinon, l'OL sera condamné à vivre avec des regrets éternels.