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Mercato - PSG : Objet de tous les désirs, Verratti est à la croisée des chemins

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Par Alexandre COIQUIL|Ecrit pour TF1|2017-01-06T10:08:13.924Z, mis à jour 2017-01-06T11:09:40.846Z

Pisté par les plus grands clubs, dont le Real Madrid et la Juventus Turin, Marco Verratti est peut-être arrivé au bout de son parcours avec le Paris Saint-Germain, cinq années après son arrivée en France. C'est en tous cas le message martelé par son agent depuis plusieurs semaines. Alors que le PSG vit une saison qui ressemble à une douce transition, le dossier concernant l'avenir du natif de Pescara va devenir un enjeu majeur pour Paris.

Qu'on se le dise, il y aura bien un cas Marco Verratti dans les prochaines semaines et les prochains mois au Paris Saint-Germain. Engagé contractuellement avec le Paris Saint-Germain jusqu'en 2021, l'Italien est peut-être arrivé au bout de son parcours dans la capitale française. Figure de proue du projet parisien depuis le départ de Zlatan Ibrahimovic à Manchester United l'été dernier, le Transalpin interroge. C'est son futur qui est principalement aux centres de toutes les attentions.

Depuis plusieurs semaines, les plus grands clubs - le Real Madrid et la Juventus pour ne pas les citer - ne s'en cachent plus ou presque : ils veulent l'Italien pour consolider leur entrejeu et lui donner une autre dimension. La Juventus serait elle prête à aligner 80 millions d'euros pour récupérer le joueur et enfin trouver un remplaçant indirect à Paul Pogba. 

Di Campli, l'agent très bavard

Très bavard, Donato di Campli, l'agent historique de Marco Verratti, a multiplié les appels du pied dans la presse depuis le début de la saison. Rapidement repris de volée par son joueur à l'automne, l'agent a quand même porté l'estocade fin octobre lors d'un entretien donné à la Rai

"La presse française peut remercier la Madone de voir jouer Verratti dans le Championnat de France. Je suis sidéré de lire certaines critiques. Les journalistes français devraient être honorés que Marco joue à Paris", avait tancé l'agent en réponse aux critiques émises sur Verratti, dont le niveau post-opération de sa pubalgie (survenue en mai dernier) et l'implication en tant que joueur de très haut niveau interpellaient.

"Sans lui, ils n'auraient que des matches du dimanche à commenter. S'ils continuent comme ça, ça pourrait être le bon moment pour quitter Paris. Il n'y a pas que la presse, il y a d'autres personnes qui le critiquent, qui ne comprennent rien au foot. Moi je parle avec d'autres clubs et avec les entraîneurs d'autres équipes, qui ne sont pas du même avis", avait ajouté l'agent, qui avait trouvé un coupable tout trouvé pour mettre son plan à exécution : la presse.

Cette sortie n'a pas constitué une première dans la bouche de Di Campli, qui a commencé sa campagne quelques semaines après l'énième prolongation (assortie d'une nouvelle augmentation salariale) de contrat signé jusqu'en 2021 au début du mois d'août. Prolongé à trois reprises en 2016 (février, mai et août), sans oublier les deux premières prolongations survenues en 2013 et 2014, le cas Verratti a viré à la farce. Passé la joie du nouveau contrat, le nouveau projet lancé par le PSG avec Unai Emery à sa tête n'a visiblement pas convaincu Di Campli, qui a mis en avant la seule puissance financière du  club de la capitale comme seule raison de rester.  "C'est un club riche et prestigieux", indiquait-t-il à Sportmediaset en début de semaine.



Un choix à faire : rester au PSG ou découvrir autre chose

Recruté en provenance de Pescara à l'été 2012 contre 12 millions d'euros, Marco Verratti bouclera en mai prochain sa cinquième saison avec le maillot parisien. Cinq années. Même pour un joueur relativement jeune, c'est beaucoup. A bientôt 25 ans, l'Italien va arriver à la croisée des chemins et devra faire un choix important sur un plan personnel. 

Soit il persévère avec le PSG, avec l'idée de fond que le quadruple champion de France en titre parviendra bien à se hisser en demi-finale de la Ligue des champions, voire plus loin, mais en prenant aussi le risque de continuer à stagner au niveau européen. Soit il choisit de tenter un nouveau challenge, encore plus grand : en Italie où il n'a jamais réellement évolué (il jouait en Serie B avec le Pescara - Voir la partie "l'appel de l'Italie" ), en Premier League chez un des ténors ou en Espagne, dans le club de toutes les folies, le Real Madrid. Institution indémodable de l'histoire du football. Des prétendants, il n'en manquera pas.

La question qui fait mal : peut-il trouver plus prestigieux que le PSG ? Oui. Peut-il trouver un meilleur championnat que la Ligue 1 ? Très largement et c'est peut-être de ce côté que le bat blesse pour le PSG. Malgré un exercice 2016/2017 plus attractif grâce au niveau de l'OGC Nice et l'AS Monaco, le niveau global du championnat de France semble ne plus convenir à l'entourage du joueur. C'est le message encore passé par Donato Di Campli, de sortie cette semaine dans les médias transalpins. "Marco est très bien à Paris, mais sa carrière ne pourra pas se résumer au championnat de France. On aimerait gagner avec le PSG, mais si c'est cela n'est pas réalisable on trouvera une solution", avait-il menacé dans un entretien donné à Sportmediaset.

 Le PSG est ambitieux au possible, mais en Ligue des champions, il n'y arrive pas (plus). Une élimination en huitième de finale de C1 face au FC Barcelone pourrait même constituer un pas en arrière en terme de résultat brut. Paris ne s'est jamais arrêté à ce stade de la compétition dans l'ère QSI et il lui faudra surmonter une potentielle élimination sur tous les plans. Gagner la L1 et les coupes nationales, ça n'ira qu'un temps et ce sera tout le problème du dossier concernant l'avenir du milieu de terrain : la compétitivité réelle du PSG à moyen terme.

Le club francilien n'aura que son chéquier à lui offrir ou alors un projet sportif qui devra repartir dans le droit chemin. Ce n'est pas un secret, le quadruple champion de France en titre vit encore de l'héritage de Leonardo, qui a recruté tous les cadres qui composent encore cette équipe (Maxwell, Thiago Silva, Marquinhos, Thiago Motta,  Edinson Cavani et Marco Verratti / Zlatan Ibrahimovic est lui parti à Manchester United l'été dernier), et semble aller vers un mur par rapport à son objectif initial : gagner la Ligue des champions. Incapable de recruter un joueur devenu indispensable depuis l'été 2013 (le cas d'Angel Di Maria, très irrégulier cette saison après un premier exercice convaincant, en est la preuve), Paris questionne depuis un moment.



Marco Verratti - Paris Saint-Germain


L'appel de l'Italie

Outre son agent, qui continue les appels du pied pour que le joueur signe ailleurs, le sélectionneur italien, Giampiero Ventura a également mis son grain de sel dans ce dossier.

Sans vouloir entrer dans quelconque polémique, Ventura, sans cesse questionné sur la non-compatibilité de Verratti avec la Squadra Azzurra (c'est la réalité, Verratti n'est pas un joueur indispensable en sélection) avait expliqué en novembre dernier pourquoi que la Ligue 1 n'était plus un endroit qui permettait à Verratti de s'épanoui en tant que footballeur.

"Je le dis et je le répète : Verratti est un atout absolu pour l'Italie, un joueur de très grand avenir", avait-il indiqué dans un entretien donné à Sky Sports. "Le problème de fond, c'est qu'il ne joue pas en Italie mais en France, où les situations sont différentes, où le rythme est différent. Et le niveau de son équipe est tellement haut qu'elle n'est jamais en difficulté. Son grand problème, c'est qu'il doit se réhabituer à donner 100%", avait analysé le technicien, pointant du doigt la plus grande incohérence du plus grand espoir du football italien depuis plus d'une décennie : il n'a jamais évolué en Serie A. Et quand on n'est pas du moule, ça ne marche pas avec la Squadra comme cela avait été récemment le cas avec Thiago Motta. Formé au Brésil, avant de rejoindre le moule du FC Barcelone en 1999, la plaque-tournante de l'Inter de José Mourinho avait improductivement intégré sur le tard l'équipe d'Italie en 2011 et constitué un cas d'école.

Au mois d'août dernier, Ventura expliquait que le positionnement indéfini et stagnantde Verratti posait un réel problème à ses yeux. Utilisé comme milieu relayeur côté droit, et souvent porté vers l'avant, Verratti a développé dans la conservatisme, un poste inadapté à ses qualtés naturelles, celui de N.6. "On a discuté ce matin (le 30 août 2016, ndlr) de sa position au milieu de terrain. Il évolue derrière les attaquants au Paris Saint-Germain. Ça n’est clairement pas la bonne position pour lui car il fait le jeu. Il n’est pas heureux au PSG car il évolue à la mauvaise position. C’est dommage… Car Verratti est un joueur fantastique", expliquait alors l'ancien technicien du Torino. "Si on joue avec un milieu à trois, c'est un metodista (le premier relanceur devant une défense, dont Andrea Pirlo a été la principale référence à ce poste depuis 2001, ndlr). Si on joue avec un milieu à deux, il peut jouer avec n'importe qui."

A l'heure de faire un choix, un grand, Marco Verratti devra se donner des priorités : soit il rejoint un grand club italien et s'empreigne enfin de la façon de faire en Squadra Azzurra, soit il reste au PSG avec le risque de voir défiler les années sans progresser, soit il rejoint un ténor européen et décide d'être plus un joueur de club que de sélection. Facile à écrire, à dire, mais il faudra que le N.6 du PSG sache une bonne fois pour toute ce qu'il veut devenir : Un bon joueur, un très bon même, ou un immense. Et surtout à quel poste il connaîtra une expansion naturelle. 

A 24 ans, Verratti paraît encore en avoir 19 ou 20. Ce n'est pas pour rien que Giampiero Ventura avait involontairement rajeuni son poulain en septembre dernier avant d'affronter l'équipe de France à Bari ("Il a 21 ou 22 ans. On ne peut pas tout avoir tout de suite"), laissant transparaître cette image d'éternel espoir qui subsistes inconsciemment dans les esprits. De son choix dépendra aussi la direction du projet parisien, dont il est porte-étendard, mais pas encore le leader spirituel. S'il venait à quitter Paris, il ouvrirait une immense brèche.



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