Messi - Copa America: la malédiction argentine

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Par Guillaume HENAULT-MOREL|Ecrit pour TF1|2015-07-05T09:20:31.708Z, mis à jour 2015-07-05T09:43:51.647Z

Pour la troisième fois de sa carrière avec l’Albiceleste, Lionel Messi a perdu une finale internationale. Toujours à la recherche d’un premier titre avec sa sélection, le meneur de jeu du FC Barcelone n’a plus beaucoup d’opportunités pour mettre fin à cette irrégularité de l’histoire du football.

Il faut croire que la Copa America se refuse aux plus grands joueurs du continent sud-américain. Jamais le roi Pelé ni Diego Maradona n’ont soulevé ce trophée avec le Brésil ou l’Argentine. Jusqu’à présent, et malgré deux finales continentales, Lionel Messi perpétue cette surprenante tradition… 

Ca commence à faire beaucoup 

Dire que Lionel Messi n’a jamais rien gagné avec l’Argentine serait une erreur. Champion du monde des moins de 20 ans en 2005, il remportait également le tournoi olympique des JO de Pékin trois ans plus tard avec l’équipe espoirs. Deux lignes de palmarès qui laissaient augurer une belle époque pour son passage avec l’équipe A. Mais pour l’instant, l’armoire à trophées de la fédération n’a que le Copa America 1993 comme récompense la plus récente. Un comble pour cette génération qui compte l’un des meilleurs joueurs de l’histoire de ce sport. Après la gifle reçue face au Brésil en finale de la Copa America 2007 (0-3), l’Albiceleste se ressaisissait en atteignant la finale du Mondial l’an dernier, pour la première fois depuis 1990. Un espoir déchu par Mario Götze en prolongation. Hier, contre le Chili, l’Argentine s’est accroché jusqu’à la séance de tirs au but mais le résultat reste le même : aucune coupe dans la valise du retour. 

Quelle est sa responsabilité ? 

Avec le FC Barcelone, Lionel Messi a la capacité de faire basculer un match à lui tout seul. Les supporters du Paris SG en ont déjà fait l’amère expérience lors du quart de finale retour de la Ligue des champions 2013. Même s’il est entouré d’une équipe exceptionnelle en Catalogne, la Pulga conserve ce génie de transformer un nul en victoire par une accélération ou un dribble. Lors de cette Copa America, le capitaine de l’Albiceleste a démontré toute sa classe en demi-finale contre le Paraguay (6-1). A l’origine de cinq des six buts, auteur de trois passes décisives, il donnait l’image d’un chef d’orchestre offensif. Et pourtant, trois jours plus tard, il passe à nouveau devant une coupe sans pouvoir la toucher. Face au Chili, en finale, Lionel Messi n’a pas fait un mauvais match. Il est notamment à l’origine de l’occasion de Gonzalo Higuain à la fin du temps réglementaire. Mais sans doute pouvait-on attendre encore un peu plus dans ce grand événement. Si ses coéquipiers offensifs n’ont pas su se montrer à la hauteur de l’enjeu (Pastore trop discret, Agüero inefficace), il n’a pas montré non plus un sentiment de révolte en fin de match. Son attitude lors de la séance des tirs au but – il est le seul à avoir marqué le sien – laisse songeur. Alors que tous les joueurs se tiennent par les bras dans le rond central, Messi, le capitaine de la sélection est à l’écart. Comme désolidarisé de son groupe. Le regard dans le vide, encore une fois…