Messi faisait ses débuts il y a 12 ans : à quoi ressemblait la planète foot à l'époque ?

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Par Nicolas BAMBA|Ecrit pour TF1|2016-10-17T12:38:49.836Z, mis à jour 2016-10-19T16:37:33.570Z

Le FC Barcelone a célébré un anniversaire : celui des premiers pas chez les pros de Lionel Messi. C'était en octobre 2004. L'Argentin n'a que 29 ans, mais depuis cette époque, le football a bien changé.

Le FC Barcelone a fêté un événement particulier ce week-end. Il y a eu la victoire contre La Corogne (4-0) avec le retour de Lionel Messi (auteur du quatrième but) après plusieurs semaines d'arrêt. Mais c'est surtout l'anniversaire des premiers pas sous le maillot du Barça en match officiel de l'Argentin qui a été fêté, notamment sur les réseaux sociaux. C'était le 16 octobre 2004 lors du derby contre l'Espanyol Barcelone (1-0) en Liga : à 17 ans, 3 mois et 22 jours, Leo Messi, numéro 30 dans le dos, remplaçait Deco à huit minutes de la fin. Le début d'une longue histoire.

La précocité et le talent de « La Pulga » font parfois oublier le temps qui passe. A 29 ans, Messi écrit toujours l'histoire du football, à coups de buts, de titres et de records. Mais bien évidemment, le football n'est pas né avec le Blaugrana. En octobre 2004, lui n'était encore qu'un talent brut plein d'avenir. Pour les nostalgiques et pour les plus jeunes, revenons en arrière et rappelons-nous ce qui nous faisait vibrer à l'époque dans le monde du football.

Le Barça se reconstruisait et Giuly devançait encore Messi

Après des années de disette, le FC Barcelone retrouvait des couleurs en octobre 2004. Sous la direction de Frank Rijkaard et avec l'arrivée de Ronaldinho un an plus tôt, le club catalan s'affirmait à nouveau comme une place forte du foot espagnol, puis européen. Le Barça venait de céder Patrick Kluivert à Newcastle et d'engager un jeune Camerounais qui n'a jamais eu sa chance au Real Madrid : Samuel Eto'o. Lionel Messi, lui, devait encore faire ses classes. Le titulaire au poste d'attaquant gauche s'appelait Ludovic Giuly. A côté du patron Xavi, Andrès Iniesta prenait du galon au milieu de terrain avec Thiago Motta, Deco et Edmilson.

Le Real Madrid empilait les Galactiques mais gagnait peu

Le grand rival du Barça, le Real Madrid, était à la peine. Le président Florentino Perez s'obstinait dans sa politique « Galactique » qui constituait à attirer chaque été une star. Après Luis Figo (2000), Zinedine Zidane (2001), Ronaldo (2002) et David Beckham (2003), les Merengue misaient sur Michael Owen en 2004. Certes, il y eut la victoire en Ligue des champions en 2002 et les titres nationaux en 2001 et en 2003. Mais la machine Real était loin de tout écraser sur son passage. A l'époque, un autre club dominait régulièrement l'Espagne : le FC Valence. Et en octobre 2004, une autre formation commençait à percer : Villarreal, emmenée par Manuel Pellegrini, Juan Roman Riquelme et Diego Forlan.

Cristiano Ronaldo avait une longueur d'avance

Plus vieux de deux ans,  Cristiano Ronaldo faisait déjà des étincelles avec le Portugal et Manchester United. A 19 ans, le Portugais venait de vivre sa première saison pleine en Angleterre et s'était révélé aux yeux du monde pendant l'Euro 2004, qu'il termina en larmes après la défaite de la Selecçao à domicile contre l'une des plus grosses surprises de l'histoire du ballon rond : la Grèce d'Otto Rehhagel, Angelos Charisteas et Theodoros Zagorakis. Celui qu'on ne surnommait pas encore CR7 l'ignorait peut-être encore, mais il était à l'aube d'une carrière grandiose et d'une rivalité à distance avec un jeune Argentin.

Nedved Ballon d'or, Cruyff-Van Basten-Platini encore maîtres

En octobre 2004, Lionel Messi ne détenait logiquement pas encore le record de Ballons d'or (5). A l'époque, ce record était la propriété de trois joueurs : les Néerlandais Johan Cruyff et Marco van Basten ainsi que  le Français Michel Platini, trois fois lauréats chacun. Le Ballon d'or était encore entre les mains de Pavel Nedved. Le Tchèque de la Juventus allait le passer quelques semaines plus tard à l'Ukrainien de l'AC Milan Andriy Shevchenko.

Et aussi...

- Zlatan Ibrahimovic venait de quitter l'Ajax Amsterdam pour la Juventus, où il se fit rapidement une place au milieu de David Trezeguet, Alessandro Del Piero et... Olivier Kapo.

- L'AC Milan avait abandonner son titre de champion d'Europe quelques mois plus tôt au FC Porto de Mourinho (vainqueur de Monaco en finale à Gelsenkirchen) mais pouvait toujours s'appuyer sur une ligne offensive de premier choix avec Andriy Shevchenko, Filippo Inzaghi, Hernan Crespo, Clarence Seedorf, Kaka, Jon Dahl Tomasson... Et en défense ? Devant Nelson Dida dans la cage, on trouvait Alessandro Nesta, Jaap Stam, Paolo Maldini et Cafu... Ainsi qu'Andrea Pirlo et Gennaro Gattuso dans l'entrejeu...

- Adriano martyrisait les défenses de Serie A sous le maillot de l'Inter Milan. On le surnommait alors « El Imperatore », aux côtés de Christian Vieri. Alvaro Recoba, Julio Cruz et Obafemi Martins tiraient aussi leur épingle du jeu.

- Le 16 octobre 2004, l'équipe des « Invincibles » d'Arsenal alignait son 49e et dernier match sans mordre la poussière contre Aston Villa. Huit jours plus tard, Ruud van Nistelrooy et Wayne Rooney permirent à Manchester United de briser une série historique.

- L'Olympique de Marseille apprenait à vivre sans Didier Drogba, parti à Chelsea. Une phase difficile. Le remplaçant de l'Ivoirien, Peguy Luyindula, n'a su faire oublier « DD », malgré les renforts de Benoît Pedretti, Frédéric Déhu, Bixente Lizarazu et Fabrice Fiorèse.

- David Villa évoluait à Saragosse. Robert Lewandowski, 16 ans, était encore junior au Legia Varsovie. Le buteur n°1 du Bayern était le Néerlandais Roy Maakay. Thierry Henry et Patrick Vieira étaient encore à Arsenal. Djibril Cissé jouait à Liverpool (avec Milan Baros et Florent Sinama-Pongolle) et ne s'était pas encore fracturé le tibia-péroné. A Manchester United, le Français Louis Saha et le prodige anglais Wayne Rooney concurrençaient le Batave Ruud van Nistelrooy.

- Franck Ribéry explosait en Ligue 1 sous les couleurs du FC Metz. Trois mois plus tard, il prit la direction de Galatasaray, où il ne resta que cinq mois avant de rallier l'Olympique de Marseille.

- La « génération 87 » des petits Bleus, sacrée championne d'Europe des U17 en mai, faisait ses premiers pas : Hatem Ben Arfa et Karim Benzema à Lyon, Jérémy Ménez à Sochaux, Samir Nasri à Marseille...

- Chelsea entrait dans une nouvelle dimension. Le club se transformait en ogre avec José Mourinho à la baguette, Didier Drogba en attaque avec Eidur Gudjohnsen et Mateja Kezman, Frank Lampard en maestro, Arjen Robben/Joe Cole/Damien Duff en feux follets, John Terry/Ricardo Carvalho/William Gallas en défense et Petr Cech en gardien.

- Le PSG était déjà en crise : les méthodes de Vahid Halilodzic ne passaient plus, Fabrice Fiorèse avait rejoint Frédéric Déhu à l'OM, Gabriel Heinze (Manchester United) et Juan Pablo Sorin (Villarreal) étaient partis, Danijel Ljuboja était mis à l'écart, Pedro Miguel Pauleta était dans une mauvaise passe, Jérôme Rothen était souvent blessé, Mario Yepes et Sylvain Armand vivaient des premiers mois difficiles dans la capitale... Quatre jours plus tard (le 20 octobre), une éclaircie égayait le ciel parisien en Ligue des champions contre Porto quand Stéphane Pichot centra et Charles-Edouard Coridon marqua un but d'anthologie sur un coup du Scorpion.

- L'Olympique lyonnais dominait outrageusement la Ligue 1. Les coups francs de Juninho faisaient déprimer les gardiens, la paire Mahamadou Diarra-Michaël Essien impressionnait, Cris devenait « Le Policier », Elber quittait le club qui misait alors sur Nilmar et Sylvain Wiltord, et Paul Le Guen était l'un des coachs les plus en vue du moment.

- Le prodige que tout le Brésil attendait ne s'appelait pas Neymar mais Robinho, fabuleux sous les couleurs de Santos, le club de Pelé. Au Real Madrid, l'hygiène de vie de Ronaldo commençait à faire parler : le Brésilien se voyait affublé du surnom peu flatteur de « El Gordito » (« Le Gros »).

- Miroslav Klose venait d'arriver au Werder Brême, où Johan Micoud était un dieu vivant. Très vite, on parla de la doublette de feu du Werder « KK» : Miroslav Klose-Ivan Klasnic.

- Zinedine Zidane, Lilian Thuram et Claude Makélélé étaient de jeunes retraités des Bleus, désormais coachés par Raymond Domenech après l'échec de l'équipe de France de Jacques Santini lors du dernier Euro. Tous trois reviendront quelques mois plus tard.

- Et bien d'autres encore...




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