Milito, l'anti-star

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Milito, l'anti-star
Par AFP|Ecrit pour TF1|2010-04-06T05:39:00.000Z, mis à jour 2010-04-06T05:39:00.000Z

Au milieu des stars comme Eto'o ou Sneijder, Diego Milito a su se rendre indispensable à l'Inter dont il est le meilleur buteur avec 22 réalisations. A 30 ans, l'attaquant argentin explose enfin au plus haut niveau. Les Nerazurri compteront encore sur lui en quart de finale retour face au CSKA.

Après six ans passés entre le Genoa et Saragosse, clubs aux dimensions modestes, Diego Milito a patiemment attendu d'avoir 30 ans pour exploser au plus haut niveau. Pour le plus grand bonheur de l'Inter dont il est cette saison le meilleur buteur avec 22 buts. Auteur de l'unique but à l'aller (1-0) contre le CSKA Moscou, Diego Milito sera encore une des pièces maîtresses des Lombards lors du quart de finale retour de la Ligue des champions, mardi au stade Luzhniki. Le natif de Bernal, dont les racines familiales se situent près de Cosenza en Calabre (sud de l'Italie), est tout l'inverse d'un attaquant précoce et prodige du type Messi, Rooney ou Cristiano Ronaldo.


Son parcours relève d'une lente maturation: après ses débuts en Argentine au Racing Avellaneda, c'est au Genoa, alors en Serie B (2e div. italienne), qu'il arrive en 2004. Après une saison et demi à Gênes, il se pose au Real Saragosse trois ans durant, où il inscrit notamment 23 buts lors de la saison 2006-2007. De retour au Genoa, cette fois-ci en Serie A, en 2008, il réalise une saison remarquable, inscrivant 24 buts, ce qui lui vaut de terminer deuxième meilleur buteur derrière Ibrahimovic (25 buts). Une performance qui lui permet de s'engager à l'Inter fin juin 2009, quelques jours après avoir fêté ses 30 ans.


Une efficacité redoutable


Au sein d'une équipe qui regorge pourtant de vedettes, il n'a pas mis longtemps à devenir indispensable. A l'inverse de ses coéquipiers Eto'o, Sneijder ou Balotelli, il n'est certes pas coutumier des dribbles diaboliques ou des frappes spectaculaires, mais, en revanche, son efficacité saute aux yeux: 18 buts en championnat, 1 en Coupe d'Italie et 3 en Ligue des Champions. Mais aussi efficace qu'il soit, il n'est pas pour autant "planté" dans la surface à attendre les ballons: bien au contraire, il se dépense, il défend, il bouge constamment. Un profil qui, naturellement, plaît énormément aux tifosi nerazzurri et, surtout, à Jose Mourinho.


Ce n'est un secret pour personne, l'entraîneur portugais n'aime pas les "divas", les fantasques, ceux qui, naturellement doués, rechignent à travailler. Avec Milito, qui a patiemment attendu son heure avant de s'engager dans un grand club, il n'a à peu près rien de cela. Celui qui est paradoxalement surnommé "il Principe" (le prince) - surnom qui était celui de l'Uruguayen Enzo Francescoli, grand milieu des années 80, à qui il ressemble beaucoup - est un modeste qui ne tire jamais la couverture à lui.


Le Mondial comme objectif


En septembre, Milito a fait ses grands débuts en Ligue des Champions. Sept matches plus tard, il a déjà marqué deux buts fondamentaux: contre Chelsea en 8e de finale aller puis contre le CSKA Moscou en quart il y a moins d'une semaine. La perspective de disputer les demi-finales - stade de l'épreuve que l'Inter n'a plus atteint depuis 2003 - le motive d'autant plus qu'il pourrait retrouver le FC Barcelone, champion d'Europe en titre, où évolue son petit frère Gabriel.


Surtout, à 30 ans, Milito a un rêve: disputer la prochaine Coupe du monde. Compte tenu de l'énorme concurrence qui règne en attaque au sein de la sélection de Diego Maradona (outre les intouchables Lionel Messi et Carlos Tevez, il y a aussi Higuain, Lisandro, Lavezzi, Zarate et Palermo!), il sait qu'il n'a pas d'autre choix que de briller en Ligue des Champions.