Mourinho n'a pas le blues

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Mourinho n'a pas le blues
Par Eurosport.fr|Ecrit pour TF1|2010-03-16T10:15:00.000Z, mis à jour 2010-03-16T10:15:00.000Z

Pour la première fois depuis son départ de Chelsea en 2007, Jose Mourinho revient ce soir à Londres avec l'Inter Milan en 8e de finale retour. Mais les sentiments attendront. Le Portugais a prévenu : il ne "perd jamais à Stamford Bridge" où il a établi un record d'invincibilité avec les Blues.

Chaque sortie médiatique de Jose Mourinho s'accompagne généralement d'une petite phrase qui ne passe pas inaperçue. Et son retour à Stamford Bridge, où il revient mardi à la tête de l'Inter Milan, était trop tentant pour qu'il déroge à la règle. "Tout le monde le sait, Mourinho ne perd pas à Stamford Bridge", a-t-il lancé avant son premier retour sur le sol anglais depuis son départ de Chelsea. Une référence au record d'invincibilité établi par l'entraîneur portugais lorsqu'il était aux commandes des Blues. Champion d'Angleterre en 2005 et 2006, le Portugais était irrésistible durant ses deux premières années. Le club anglais a ainsi signé 86 matches consécutifs sans défaite à domicile jusqu'à ce que Luiz Felipe Scolari s'incline face à Liverpool. Mais la plupart ont été disputés avec Mourinho à la barre avant qu'il rejoigne l'Italie. "Mon record est imbattable. C'est incroyable. Nous étions si forts durant une si longue période", affirme aujourd'hui l'ancien tacticien du FC Porto au moment de retrouver son ancienne équipe avec un avantage de 2-1 à défendre.


Il n'avait pas besoin de ça pour être attendu de pied ferme. En 2004 et 2007, celui qui s'est autoproclamé "The Special One" a marqué l'histoire du club. Le public anglais ne l'a sans doute pas oublié et devrait lui réserver un accueil émouvant. "Ce qui est bien, c'est que je n'aurai pas à marcher ! Parce qu'entre les vestiaires et le banc, il n'y a que cinq mètres. Je n'aurai pas à marcher, à traverser tout le stade, je n'aurai pas à ressentir les émotions et les réactions du public", sourit-il. Lundi, il en a donc profité pour se promener longuement dans les coulisses du stade et retrouver de vieilles connaissances. "Je me sens à la maison ici. Je vois beaucoup de personnes que je connais", raconte-t-il avant de prévenir : "Pendant 90 minutes, je ne connaîtrai personne. Avant le match, je connais tout le monde et je les aimes. Après le match, je connais tout le monde et je les aimes. Mais pas pendant le match". Dans son style si personnel, tout juste avoue-t-il : "Chelsea est différent pour moi mais, après 90 minutes, le premier qui gagnera, ce sera moi".


Ballack : "De l'histoire ancienne"


Si les supporters le placent toujours sur un piédestal, du côté de ses anciens joueurs, il n'y a guère que Salomon Kalou pour s'émouvoir du retour de son ancien mentor. "C'est l'un des meilleurs entraîneurs pour lesquels j'ai joué, lui rend hommage l'Ivoirien. Lorsqu'il m'a fait venir à Chelsea, il m'a accordé une grande confiance. Il a apporté beaucoup de choses positives à ma carrière donc je ne l'oublierai jamais". A part lui, l'accueil s'annonce moins chaleureux. "Jose a remporté deux championnats. C'est pour cela qu'il est toujours aussi populaire ici. Mais c'est de l'histoire ancienne et nous avons désormais un nouvel entraîneur et de nouveaux joueurs", rappelle ainsi Michael Ballack. "Ce qui s'est passé dans le passé, je dirais qu'on s'en fout", a de son côté annoncé Florent Malouda, que Mourinho avait recruté quelques mois avant son licenciement en septembre 2007, estimant que son retour "est plus important pour les supporters qu'il ne l'est pour nous".


Vainqueur de la Ligue des Champions avec Porto en 2004, Mourinho n'est pas parvenu offrir la Coupe aux grandes oreilles à Chelsea, stoppé à deux reprises en demi-finale par Liverpool (2004, 2006). Passé à l'Inter, il rêve sans doute de retarder encore un peu les rêves de grandeur en Europe de Roman Abramovitch. "Vous savez, ce trophée est tellement difficile à accrocher, se défend-il néanmoins. Ce sont les détails qui comptent et il y en a des détails ! Je dis toujours : 'en championnat, le meilleur gagne' car ces petits détails sont importants à une date précise mais pas importants sur 365 jours. En Ligue des Champions par contre, ce n'est pas pareil..." Si les quarts de finale devaient lui échapper à Stamford Bridge, le "Special One" serait-il toujours aussi "special" ? "Je pense que je le serai toujours à 70 ans car je veux entraîner aussi longtemps que Trapattoni, j'aurai toujours des choses à prouver. C'est ma motivation, rétorque-t-il. Donc, demain après le match, je serai toujours le Special One". Incorrigible...