Le mystère Benzema

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Le mystère Benzema
Par DPPI|Ecrit pour TF1|2009-09-09T12:18:03.000Z, mis à jour 2009-09-09T12:18:03.000Z

Karim Benzema ne cesse d'être appelé en équipe de France depuis mars 2007. Paradoxalement, s'il enchaîne les grosses performances en club, il ne s'est jamais imposé en sélection. Remplaçant face à la Serbie, le Madrilène n'est plus l'option prioritaire en pointe. Décryptage de l'énigme Benzema.

Karim Benzema va-t-il suivre la même trajectoire qu'Eric Cantona ? Indispensable en club, élevé au rang de Dieu vivant à Manchester, beaucoup plus discret en sélection. Ou pour prendre l'exemple d'un autre Gone, Florian Maurice, auteur de 33 buts en deux saisons entre 94 et 96 mais qui ne s'imposera jamais chez les Bleus. Car le cas Karim Benzema commence à poser question. A Lyon, sa trajectoire a suivi une courbe impressionnante. De jeune espoir du centre de formation au statut d'attaquant parmi les plus désirés d'Europe en deux ans. 24 mois, 37 buts, un titre de champion et une explosion sur la scène hexagonale et continentale. Mais pas internationale. Voilà tout le mystère d'un début de carrière canon. La seule anicroche d'une partition presque parfaite.


Et le sens des dernières sélections n'esquisse pas un retour en grâce du Madrilène. Depuis France-Serbie (2-1) et une nouvelle prestation fade et insipide, Benzema n'a plus pris place dans le onze de départ de Raymond Domenech en compétition officielle. Remplaçant aux Iles Féroé, il n'est pas entré en jeu. Et s'il a bien foulé la pelouse du Stade de France durant 20 minutes samedi dernier face à la Roumanie, Benzema n'a pas apporté grand chose. Si bien qu'André-Pierre Gignac et Nicolas Anelka le devancent désormais au sein de la hiérarchie des attaquants tricolores. Lui, l'attaquant titulaire du club européen à l'effectif le plus pléthorique d'Europe.


Trop isolé au sein du 4-2-3-1


Comment expliquer ses difficultés dès qu'il s'agit d'enfiler le maillot tricolore ? Ce n'est un secret pour personne, l'ancien idole de Gerland préfère évoluer avec un point de fixation au sein d'une attaque bicéphale. Si bien qu'il ne s'est jamais senti aussi à l'aise à Lyon que lorsqu'il pouvait combiner avec Fred. De fait, il s'est souvent senti isolé à la pointe de l'immuable système mis en place par Raymond Domenech en 4-2-3-1. Et quand les observateurs louaient son sens du dribble et sa faculté à éliminer en un contre un entre Rhône et Saône, les mêmes s'acharnent sur son individualisme forcené en sélection. Dès lors qu'il ne fait plus la différence balle au pied, son ego est pointé du doigt.


"Je dois ouvrir les yeux et ne pas me voiler la réalité. Il me faut un match référence avec les Bleus. Une rencontre où il faut que je fasse la différence. Ça va venir", déclarait-il la semaine dernière dans le Parisien. La thèse du manque de confiance en sélection, de doute qui s'installe peine à convaincre pour un joueur qui a toujours affiché une grosse confiance en ses moyens. "J'ai parfois quelques petits manques sur le terrain. Mais c'est comme ça, c'est mon jeu, à moi de consentir les efforts nécessaires", admet-il dans un élan de remise en cause. Son attitude déplacée envers les tauliers lors du dernier Euro a alourdi ses relations avec le sélectionneur national. De même que sa désinvolture constatée lors des derniers rassemblements des Bleus. Tout n'est pourtant pas figé pour le joueur aux 25 sélections pour 6 buts. "Je suis un compétiteur et je ne me contente pas d'être sur le banc de touche", précise-t-il. Qu'il se rassure. Avant lui, certains attaquants de grand talent ont dû attendre des années avant de s'installer comme des rouages indispensables de l'équipe de France. Ce n'est pas son compère d'attaque, Nicolas Anelka, qui dira le contraire.