Mythes Téléfoot : Benfica, la malédiction Bela Guttman

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Par Silvestro DE CARO|Ecrit pour TF1|2014-05-08T16:30:00.000Z, mis à jour 2014-05-08T16:30:00.000Z

Dans sa rubrique Mythes Téléfoot, la rédaction raconte un événement, un fait, un joueur, une compétition, un moment d'histoire, et le démystifie. A quelques jours de la finale de la Ligue Europa, Téléfoot.fr a choisi de vous emmener dans le monde du paranormal et du surnaturel, en vous contant la terrible malédiction qui rode sur le SL Benfica.

Mercredi soir prochain, le FC Séville s'imposera face à Benfica, et soulèvera le trophée de la Ligue Europa. Et pour cause, une étrange malédiction plane sur le club portugais...

La malédiction Bela Guttman
Benfica arrivera-t-il un jour à conjurer le sort ? Difficile à dire... Depuis un certain soir de 1962, il semble s'acharner sur les Aigles. La faute à Bela Guttman, le fantasque entraîneur de l'époque. En 1960, le Hongrois débarque au Portugal, et prend les rênes du club. Il en profite pour découvrir Eusébio, et porte le club jusqu'au firmament du football mondial. Guttman remporte deux championnats, une Coupe du Portugal et deux Coupes d'Europe, notamment face au grand Real Madrid de Ferenc Puskas et Alfredo Di Stefano.

El húngaro Béla Guttman ganó las Copas de Europa de 1961 y 1962 con el Benfica, fue despedido por pedir mas sueldo pic.twitter.com/CZTuibSWKu

— Víctor Ashworth (@RussoBCF) 1 Mai 2014

Fort de ses succès et attiré par l'appât du gain, Bela Guttman demande une revalorisation salariale à ses dirigeants. Intransigeants, ils la lui refusent, avant de le remercier. Fou de rage, Guttman va alors maudire le club, et prononcer la phrase de la discorde, qui hante le club depuis lors : « A partir de maintenant, Benfica devra attendre cent ans avant de remporter une nouvelle Coupe d'Europe ».

Sept défaites de suite en finale
Quand Guttman annonce la sentence, ses dirigeants se moquent de lui, et ne peuvent s'empêcher de lui rire au nez. Pourtant, force est de constater que, 52 ans plus tard, la malédiction tient toujours. Après cette prédiction, les Lisboètes ont disputé sept finales de Coupes d'Europe, et en ont perdu... sept. En 1963, ils s'inclinent 2-1 face à l'AC Milan. Deux ans plus tard, l'autre club milanais, l'Inter, s'impose 1-0. En 1968, c'est la révolution en France mais pas à Benfica. Les Aigles perdent 4-1 face à Manchester United, lors des prolongations. En 1983, Anderlecht s'impose 2-1. Cinq ans plus tard, le PSV Eindhoven soulève le trophée après une séance de tirs au but effrénée. En 1990, l'AC Milan domine les Portugais 1-0. L'année dernière, Chelsea s'impose 2-1. Lors de cette rencontre, le nom de Bela Guttman était d'ailleurs dans le Top 10 des tendances, sur Twitter.

En 1965, Bela Guttman tente un retour à Benfica. Malheureusement pour lui, il n'avait pas prévu que sa malédiction allait se retourner contre lui. Cette saison-là, le club se fait sortir en quarts de finale de l'ancienne version de la Coupe d'Europe.

Les prières d'Eusébio
Si la malédiction de Bela Guttman peut être éternelle, lui ne l'est pas. Le Hongrois s'éteint en 1981, après avoir entraîné plus de 20 clubs et sillonné le monde. La veille de la finale face à l'AC Milan en 1990, superstitieux, Eusébio vient demander pardon à son ancien coach sur sa tombe. « Guttman a été mon entraîneur pendant trois ans et nous avons tout gagné avec lui. J'ai un bon souvenir de lui, en tant qu'homme et en tant qu'entraîneur », raconte l'attaquant. Qu'importe, malgré la repentance du meilleur joueur portugais de l'histoire, la bande à Sacchi l'emporte. Les excuses du meilleur buteur du club lisboète n'auront pas suffi.

La maldición de Béla Guttmann que pesa sobre el Benfica http://t.co/EKfGDKoex8 #SevillaFC pic.twitter.com/I86R010C4d

— Pepe Elías (@Pepelias17) 2 Mai 2014

Bela Guttman, précurseur de José Mourinho
Si le nom de Bela Guttman demeure méconnu pour la nouvelle génération, il fût un joueur et entraîneur de renom. L'ancien entraîneur de l'AC Milan possède un palmarès fourni, avec deux coupes d'Europe des clubs champions avec le SL Benfica, une Copa Libertadores, sept titres de championnats nationaux (Hongrie, Italie, Portugal, Uruguay et Brésil) et sept coupes nationales. Il est considéré comme l'inventeur du 4-2-4, système qui aura porté le Brésil jusqu'à la victoire lors des mondiaux de 1958 et 1962. Mais le Hongrois est avant tout connu pour son caractère fantasque, à l'image d'un certain José Mourinho. Il disposait d'une haute opinion de lui-même, d'un ton parfois limite, et des exigences salariales élevées. Guttman n'est d'ailleurs jamais resté plus de trois ans au sein d'un même club. Charismatique et sujet à diverses controverses il est souvent considéré comme le précurseur de Helenio Herrera, ou José Mourinho.

@SevillaFC retw por bela guttman nos ayudara pic.twitter.com/aFjoqyABXr

— antonio f herrera m (@gorojerez) 2 Mai 2014

Une statue à son honneur
Pour conjurer le sort, mettre fin à la malédiction, et rendre hommage au personnage, Benfica, à l'occasion du 110ème anniversaire du club, a dévoilé en 2013 une statue de l'entraîneur, arborant ses deux Coupes d'Europe. Créée par Szatmari Juhos Laszlo, un sculpteur hongrois, elle orne la porte 18 du Estadio da Luz.

il #benfica inaugura la statua di bela guttman per mettere fine alla *maledizione* (via @FootballArchive) . pic.twitter.com/d6ZILsXFJH

— Luca Pisapia (@ellepuntopi) 13 Mars 2014

Face à Séville, mercredi soir, Jorge Jesus aura de nouveau l'occasion de briser la malédiction. A moins qu'il faille encore attendre 48 ans...