Mythes Téléfoot : L'expulsion de David Beckham lors de la Coupe du Monde 1998

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Par Silvestro DE CARO|Ecrit pour TF1|2014-05-02T13:09:00.000Z, mis à jour 2014-05-02T13:18:28.000Z

Dans sa rubrique Mythes Téléfoot, la rédaction raconte un événement, un fait, un joueur, une compétition, un moment d'histoire, et le démystifie. A quelques semaines de la Coupe du Monde au Brésil, Téléfoot.fr a choisi de vous faire revivre un moment historique : l'expulsion de David Beckham à la Coupe du Monde 1998, alors coupable d'un coup de pied sur Diego Simeone.

Il est des joueurs que le monde du football n'oubliera jamais, parce qu'ils ont éclaboussé ce sport de leur talent. David Beckham fait certainement partie de cette catégorie, lui qui est probablement un des meilleurs tireurs de coup-francs de l'histoire du ballon rond. Pourtant, durant sa longue carrière, le compagnon de Victoria a été avare en coups de sang. Son premier a probablement eu lieu à la Coupe du Monde 1998, en France, quand il a vu rouge après un accrochage avec Diego Simeone.

1998, première Coupe du Monde et première désillusion
A 23 ans, David Beckham s'apprête à vivre sa première Coupe du Monde, à quelques centaines de kilomètres seulement de sa ville de cœur, Manchester. Nouvelle vedette du football anglais, le jeune joueur enchante par ses frappes, et notamment sa précision chirurgicale. Le natif de Londres dispute tous les matches qualificatifs, et ne déçoit pas. Les Three Lions comptent sur lui, et un bon résultat en France passe forcément par de grandes prestations du Red Devil pendant le Mondial.

Pourtant, le début de son histoire en Coupe du Monde commence mal. Glenn Hoddle, alors sélectionneur de l'Angleterre, le prive des deux premières rencontres. Beckham n'est pas assez concentré sur le tournoi, explique publiquement l'ancien joueur de l'AS Monaco. Les Three Lions gagnent le premier face à la Tunisie, 2-0, mais s'inclinent ensuite face à la Roumanie, 2-1. Ils doivent alors s'imposer face à la Colombie pour accéder aux huitièmes. Comme un symbole, David Beckham, qui dispute son premier match en mondial, fait parler la poudre. Il inscrit une merveille de coup-franc, et envoie sa nation au tour suivant (2-0).

Beckham voit rouge
Le joueur de Manchester United ne le sait pas encore, mais le huitième de finale face à l'Argentine va marquer un tournant inattendu dans sa carrière. En début de rencontre, Batistuta ouvre le score sur pénalty pour l'Albiceleste. Alan Shearer égalise quelques minutes plus tard dans le même exercice, avant que Michael Owen ne donne l'avantage aux Three Lions. Dans le temps additionnel de la première mi-temps, Javier Zanetti ramène les deux équipes à égalité, 2-2.

Devant 30 600 spectateurs à Geoffroy-Guichard, l'antre de l'ASSE, le chronomètre affiche 47 minutes. Une minute maudite pour Beckham, qu'il retiendra à tout jamais, ancrée dans son esprit. Diego Simeone charge l'Anglais dans son dos, et le fait tomber à terre. Sur le gazon stéphanois, le Red Devil répond par un coup de pied dans la jambe gauche de l'Argentin qui s'écroule. L'arbitre sort le carton rouge ; Beckham est expuslé. L'Angleterre est alors condamnée à l'exploit, et dispute quasiment une période entière en infériorité numérique. La bande à Glenn Hoddle s'accroche, mais s'incline finalement aux tirs au but. Quelques années plus tard, Simeone avouera avoir exagéré sa douleur, pour tenter de faire sortir le Mancunien. Qu'importe, pour les Anglais, le mal est profond.

Scourge of David Beckham at France 98 and current Atletico boss, Diego Simeone is 44 today pic.twitter.com/lI1iBrVf3U

— Alive and Kicking (@AK90s) 28 Avril 2014

Beckham, désigné coupable
Rentré en Angleterre, David Beckham devient l'ennemi public numéro un. Les médias et l'opinion publique le tiennent pour responsable de la déroute en France. Si l'Angleterre ne s'est pas qualifiée pour les quarts de finale, c'est la faute du protégé d'Alex Ferguson. Les menaces de mort deviennent quotidiennes, une poupée à son effigie est pendue dans un pub londonien. Le symbole est fort. Le Daily Mirror va jusqu'à publier une image du joueur, au milieu d'une cible de fléchettes.

La vengeance est un plat qui se mange froid
Lors de l'Euro 2000, David Beckham sent le besoin d'exprimer sa rage, de l'expulser de lui. Après la défaite face au Portugal lors du premier match, il adresse un doigt d'honneur aux supporteurs anglais.

El partido ante Portugal, que perdieron 3-2, #Beckham fue criticado por los fanáticos, en lo que respondió así pic.twitter.com/qWetCshd5y

— The Chips (@TheChips_Futbol) 7 Juin 2013

Malgré le lynchage médiatique subi en 1998 et son geste déplacé deux ans plus tard, Sven-Göran Eriksson ne lui en tient pas rigueur et le sélectionne pour le voyage en Corée du Sud. Comme un signe du destin, c'est d'ailleurs Beckham qui qualifie sa nation pour ce Mondial, après avoir égalisé dans les dernières secondes d'un sublime coup-franc face à la Grèce. En Corée, comme un clin d'œil du destin, l'Angleterre retrouve l'Argentine, dans ce qui s'annonce comme le groupe de la mort, avec la Suède et le Nigéria.

Face à l'Albiceleste, David Beckham a à cœur de prendre sa revanche. Dans un match couperet, aucune des deux équipes n'a le droit à l'erreur. Affamé de vengeance, celui qui allait jouer au Real Madrid la saison prochaine inscrit l'unique but de la rencontre, sur pénalty. L'Argentine est éliminée, mais Beckham et Simeone en profitent pour se réconcilier. Quant aux Three Lions, ils passent en huitièmes de finale, avant de chuter en quarts contre le futur vainqueur de la compétition, le Brésil. Beckham redevient le joueur aimé de tout un peuple.

Un estratega cholo simeone y mi idolo david beckham pic.twitter.com/BKzzzdQqVe

— Jesus David #7 (@jbautista29) 1 Mai 2014