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Mythes Téléfoot : La première Coupe du Monde

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Par Silvestro DE CARO|Ecrit pour TF1|2014-04-10T15:10:00.000Z, mis à jour 2014-04-11T13:55:59.000Z

Dans sa rubrique Mythes Téléfoot, la rédaction raconte un événement, un fait, une compétition, un moment d'histoire, et le démystifie. A quelques semaines du coup d'envoi de la Coupe du Monde au Brésil, et pour sa grande première, Téléfoot a choisi de vous raconter la première Coupe du Monde, bourrée d'anecdotes croustillantes.

Comme toutes les premières fois, la première Coupe du Monde a été un sujet d'expérimentations toutes plus farfelues les unes que les autres. Entre difficulté de trouver des participants, joueur manchot, stade pas entièrement construit et voyages en bateaux, l'événement en Uruguay a marqué un tournant dans l'histoire du football.

La genèse de la Coupe du Monde
La Coupe du Monde n'a pas été le premier événement footballistique à rassembler plusieurs équipes de différents continents. Depuis 1900, les Jeux Olympiques organisent en effet un tournoi international. Pourtant, lors de sa création en 1904, la FIFA s'autoproclame l'organisatrice exclusive d'événements de football mondiaux. En 1906, la première édition doit voir le jour en Suisse, mais aucune équipe ne confirme sa participation. Quelques années plus tard, quand il accède à la présidence de la FIFA, Jules Rimet milite fermement pour la création d'un tournoi mondial, autre que celui des JO. En 1928, son projet est approuvé lors d'un congrès à Amsterdam. La Coupe du Monde peut finalement voir le jour. Encore faut-il trouver un organisateur et des participants.

Quel pays pour organiser l'événement ?
Dans un contexte économique difficile lié au krach boursier de 1929, quelques pays se portent candidats à l'organisation de la toute première Coupe du Monde. L'Italie, les Pays-Bas, la Suède, l'Uruguay et l'Espagne se montrent intéressés, mais seul le pays sud-américain a les moyens de payer les dépenses liées aux voyages, aux hôtels, et à la construction d'un nouveau stade. L'Uruguay, qui se préparait à fêter le centenaire de son indépendance part favori. L'occasion est trop belle. Le double champion olympique en titre est ainsi désigné pour organiser le premier Mondial. Mais avec qui ?

Un voyage en bateau
La FIFA invite alors toutes les équipes affiliées à prendre part à la compétition, avec le 28 février 1930 comme date limite d'inscription. La Fédération ne prévoit pas de phase qualificative, mais limite le nombre de participants à 16. Malgré un engouement autour du football, peu de pays désirent participer à cette Coupe du Monde. En Amériques, le Brésil, l'Argentine, le Pérou, le Paraguay, le Mexique, le Chili et les USA répondent présents. Deux mois avant le premier match, aucune équipe européenne ne s'est encore portée candidate. Les joueurs, qui disposent d'un travail, ne peuvent se permettre une longue absence. Après des négociations avec les joueurs et leurs entreprises, la FIFA parvient finalement à convaincre la France, la Belgique, la Yougoslavie et la Roumanie de prendre part à la compétition. Français, Belges et Roumains décident de faire route ensemble, en présence de Jules Rimet et d'arbitres, et embarquent le 22 juin à Barcelone à bord du « SS Conte Verde ». Lors de leur périple, ils font escale à Rio pour prendre à bord l'équipe du Brésil, et en profitent pour acheter des ananas, des bananes et des oranges. Douze jours après leur départ, le 4 juillet, l'embarcation accoste enfin à Montevideo, capitale de l'Uruguay.

Quelles règles ?
Cette première Coupe du Monde possède des règles déconcertantes pour n'importe quel aficionado de football moderne. Aucune phase qualificative n'est à l'origine du choix des équipes, tandis que le tirage au sort des groupes n'a lieu qu'à l'arrivée de toutes les sélections en Uruguay, moins d'une semaine avant le début de la compétition. Aucune règle ne fixe le nombre de joueurs autorisés par sélection. Chaque nation envoie cependant entre 15 et 25 joueurs. Si la Coupe du Monde a lieu en Uruguay, les matches se déroulent tous à Montevideo, capitale du pays, dans trois stades. Dernière règle croustillante, le choix du ballon. Avant le début du match, les deux formations arrivent sur le rectangle vert avec leur propre ballon. Lors de la finale, Argentins et Uruguayens n'arrivent pas à décider avec quel ballon ils joueront. L'arbitre arrive alors sur le terrain avec un ballon sous chaque bras, et prend sa décision à pile ou face. L'Argentine gagne et utilise son ballon en première période. En seconde période, le cuir uruguayen est utilisé.

Les matches peuvent commencer... Enfin presque
Après avoir fixé les règles, trouvé un pays organisateur et des participants, la Coupe du Monde peut enfin commencer. Enfin pas tout à fait. La construction du principal stade, le Estadio Centenario, n'est pas terminée. Commencée un an avant le début de l'événement, elle a pris du retard à cause de pluies diluviennes. Le stade sera finalement prêt à accueillir une rencontre cinq jours après le début de la compétition. L'Uruguay s'y impose alors 1-0 contre le Pérou.

>LA COMPETITION EN VIDEO


La France, entre record et polémique

En attendant l'inauguration du Estadio Centenario, deux autres stades proposent des rencontres. La toute première a lieu entre la France et le Mexique, le 13 juillet. Les Bleus l'emportent 4-1, mais plus que la victoire, l'histoire retiendra que le premier but en Coupe du Monde a été inscrit par un Français, Lucient Laurent. Un but inscrit à jamais dans le livre des records. Lors de son deuxième match, la sélection française s'incline face à l'Argentine, 1-0. Mais plus que la défaite, l'histoire retiendra autre chose, la première polémique arbitrale en Coupe du Monde. Alors que Marcel Langiller fonce au but et a la balle d'égalisation au bout du pied, l'arbitre, Almeida Rego, siffle la fin du match, six minutes avant la fin du temps règlementaire. Une scène de chaos plombe alors le spectacle, et fous furieux, les Français refusent de quitter le terrain. Pour leur troisième match, la France s'incline 1-0 face au Chili. Son parcours s'arrête déjà.

>LES CLICHES DE LA COMPETITION

L'Uruguay, à jamais les premiers
Quatre équipes passent la phase de groupe. L'Argentine doit alors faire face aux USA, tandis que l'Uruguay affronte la Yougoslavie. Lors des rencontres, les deux équipes sud-américaines s'imposent 6-1. La finale s'annonce explosive, entre les deux favoris de la compétition. Deux ans plus tôt, l'Uruguay avait battu l'Argentine en final du tournoi olympique. L'Albiceleste veut prendre sa revanche sur la Celeste. Pour cette finale, 30 000 Argentins traversent la mer en bateau pour assister à l'événement. 80 000 spectateurs peuplent l'Estadio Centenario. A la mi-temps, les Argentins mènent 2-1, mais l'Uruguay parvient à renverser la tendance, et s'impose finalement sur le fil, 4-2. Comme un symbole, la dernière réalisation est l'oeuvre de Hector Castro, manchot depuis son enfance.

Nasazzi, capitaine de la Celeste, devient alors le premier joueur à soulever la coupe la plus prestigieuse du football, le 4 juillet 1930. L'histoire est en route.