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Mythes Téléfoot : Vers une autre époque galactique au Real Madrid ?

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Par Silvestro DE CARO|Ecrit pour TF1|2014-07-25T13:26:00.000Z, mis à jour 2014-07-26T10:50:57.000Z

Dans sa rubrique Mythes Téléfoot, la rédaction raconte un événement, un fait, un joueur, une compétition, un moment d'histoire, et le démystifie. Alors que le Real Madrid frappe un grand coup sur la scène internationale en recrutant Toni Kroos et James Rodriguez, beaucoup d'experts voient ici une seconde époque " galactique ". Est-ce réellement une bonne stratégie pour la Maison Blanche ? Ne se condamne-t-elle pas là à revivre le scénario catastrophe d'une période marquée par l'acquisition des plus grandes stars de la planète ?

Figo, Zidane, Beckham, Ronaldo... Ces grands noms du football ont formé au Real Madrid l'équipe des Galactiques dans les années 2000. Une décennie plus tard, le président de la Maison Blanche, Florentino Pérez, retombe dans ses travers, et casse sa tirelire pour enrôler Cristiano Ronaldo, Gareth Bale, James Rodriguez et consorts. Doit-on voir là une seconde épopée galactique ?

Le début de l'ère galactique
Lors de l'été 2000, Florentino Pérez devient le président du Real Madrid. Il gagne les élections, et devance alors Lorenzo Sanz, que beaucoup qualifient d' « escroc ». Débarquant à la Maison Blanche, le riche homme d'affaires compte donner une toute nouvelle envergure à son club de football. C'est ainsi que débute l'ère des Galactiques. Sa stratégie est toute simple, mais nécessite des moyens colossaux pour être mise en place : recruter les meilleurs joueurs de la planète, à raison d'un par saison. Une petite révolution dans le marché des transferts s'opère, et les prix explosent. Le premier coup retentissant des Merengue est la venue de Luis Figo en 2000. Pérez débourse 60 millions d'euros pour s'attacher les services du joueur de Barcelone, une somme record à l'époque.

Un an après, le président de la Maison Blanche étoffe sa stratégie. En plus d'acheter les joueurs les plus talentueux de la planète, il souhaite également recruter les plus médiatiques. Ce faisant, il peut rentabiliser ses investissements colossaux grâce à la vente de produits dérivés et de maillots. Un an après la venue de Figo, c'est Zinédine Zidane qui débarque au Real. Une fois encore, le prix est exorbitant, et c'est même un nouveau record : 77 millions d'euros. L'année suivante, le meilleur attaquant du monde signe chez les Merengue : contre 42 millions d'euros, Ronaldo est la recrue phare de l'été 2002. Madrid compte dans ses rangs trois Ballon d'Or®, et devient peu à peu le meilleur club au monde.

Juventus to Real Madrid (2001) Became the world's most expensive player when he moved to the Bernabeu pic.twitter.com/5I9NvZRjRi

— Xeer Saeed (@XeerSaeed) 23 Juillet 2014

Une équipe invincible
Avec sa pléiade de stars, le Real Madrid devient une machine à gagner qui rafle tout sur son passage. En 2001, la Maison Blanche remporte la Liga, après quatre ans de disette. L'année suivante, Zidane offre la Ligue des Champions aux Madrilènes, avec une volée face au Bayer Leverkusen qui est encore dans l'esprit de tous les socios et aficionados du club. A ces titres s'ajoutent la Supercoupe d'Espagne 2001, la Supercoupe d'Europe 2002, et la Coupe Intercontinentale 2002. Florentino Pérez réussit l'alchimie d'associer des joueurs formés à Madrid, avec des stars internationales. Une politique longtemps nommée « Zidane y Pavones », du nom de Francisco Pavon, joueur formée au club.

Los Galacticos, c'est eux ! Svp on parle de Beckham, Figo, R9, Zizou & Raùl... Inimitables & éternels. #RealMadrid pic.twitter.com/fuZ1WsMetS

— Lotfi Hkt (@LotfiHarakat) 22 Juillet 2014

L'inévitable déclin
L'année 2003 marque un déclin inévitable dans la politique du club, et ses résultats. Depuis 2000 et le début de l'époque galactique, Pérez s'était offert le luxe de ne recruter que des Ballon d'Or®. En 2003, c'est David Beckham qui débarque en Espagne, en provenance de Manchester United. Un joueur infiniment talentueux, mais qui n'a jamais remporté la plus prestigieuse des distinctions individuelles. Une anecdote, mais qui est le symbole d'une période de déclin du Real Madrid. A la même époque, Pérez se débarrasse de Vicente Del Bosque, entraîneur du club. Il ne le juge pas apte à gérer une équipe remplie de stars, et incompatible avec la nouvelle politique du club. Le président se sépare également de Claude Makélé, qui avait réclamé une augmentation de son salaire. D'autres légendes s'en vont du club : Fernando Hierro, Steve McManaman et Fernando Morientes. Moins médiatiques, ces joueurs ne font plus partie de la stratégie et du projet du club. En outre, Pérez continue de faire signer pléthore de joueurs offensifs, et délaisse complètement le secteur défensif.

Dès lors, le Real Madrid sombre. Malgré les venues de Michael Owen et Robinho, le club vit une période de disette inquiétante. De 2003 à 2007, les Merengue ne gagnent aucun titre majeur. Un petit séisme pour un club qui n'avait plus vécu ce phénomène depuis 1954, un véritable échec pour la politique de Pérez. Sous le feu des critiques, le président quitte son poste et démissionne en 2006. Symbole du déclin, les recrues phares de Pérez s'en vont entre 2005 et 2007 : Zidane, Beckham et Ronaldo désertent.

(2000-2006 & 2009-2013) 10 years of Florentino Pérez as president of #Realmadrid #LongLiveTheFlo pic.twitter.com/fxshDqbjHN

— Abdul Ben Jarrah (@AJ_Madrid) 20 Juin 2013

Les Galactiques 2.0
En 2009, Florentino Pérez revient à la tête du Real Madrid. Bien décidé à redorer le blason de son club, il sort le chéquier et réalise le mercato le plus cher de toute l'histoire du football : Kaka (66 millions d'euros), Cristiano Ronaldo (94 millions), Benzema (35 millions), Xabi Alonso (30 millions) et Albiol (15 millions) débarquent à la Maison Blanche. Plus question de répéter les erreurs du passé, des joueurs plus défensifs débarquent à Madrid. Enfin, c'est ce que l'on croyait. Mais la mauvaise manie du président de recruter des joueurs offensifs pour des sommes astronomiques revient. En deux ans, il va offrir les meilleurs joueurs de la planète à son club : Isco (27 millions d'euros), Illarramendi (32 millions), Modric (35 millions) et Bale (91 millions). Une stratégie payante, puisque le Real Madrid remporte la « Decima », sa dixième Ligue des Champions. Lors du mercato estival 2014, alors qu'il possède déjà une des meilleures équipes au monde, il étoffe encore son effectif.

Galácticos 2002 vs Galácticos 2014. Lujos que el Real Madrid se puede dar. pic.twitter.com/rejo2ggytK

— Futinota (@futinota) 22 Juillet 2014

Il signe d'abord le tout récent champion du monde Toni Kroos, contre un chèque de 25 millions d'euros. Dans la foulée, le Real Madrid recrute James Rodriguez pour 80 millions d'euros, et plancherait actuellement sur la venue de Falcao. Une stratégie qui rappelle étrangement l'échec de l'époque des premiers Galactiques, où le secteur offensif était renforcé au détriment de la défense. Pour enrôler Gareth Bale, Cristiano Ronaldo et James Rodriguez, Madrid dépense 260 millions d'euros. A titre de comparaison, c'est plus que l'Ajax Amsterdam dans toute son histoire. Tous ces joueurs peuvent-ils réellement jouer ensemble ?

Le Real Madrid condamné à un nouvel échec ?
Winston Churchill avait l'habitude d'énoncer cette célèbre phrase : « Plus vous saurez regarder loin dans le passé, plus vous verrez loin dans le futur. » En suivant les dires de l'ancien premier ministre du Royaume-Uni, le Real Madrid se condamne-t-il à revivre sa période d'échecs entre 2003 et 2007 ? Sur le papier, les Merengue possèdent incontestablement un des meilleurs effectifs d'Europe, tout comme dix ans plus tôt. Encore faut-il trouver le schéma tactique permettant de faire jouer toutes ces pépites ensemble. Comment composer un système viable avec Kroos, Cristiano Ronaldo, Bale, Isco, Di Maria, Khedira, Xabi Alonso, Modric, Rodriguez, Illarramendi et Benzema ? Quels joueurs Carlo Ancelotti va-t-il décider de sacrifier ? Après avoir remporté la Ligue des Champions en 2014, est-ce réellement un choix pertinent que de modifier en profondeur l'effectif, et révolutionner un système de jeu qui a fait ses preuves ?

L'ancien entraîneur du PSG pourrait décider d'aligner une formation en 4-2-3-1, système qu'il avait dû abandonner l'année dernière en raison de son inefficacité. Dès lors, rien ne garantit le succès de ce schéma cette saison. La BBC, Bale, Benzema et Ronaldo devront toujours être alignés ensemble. James devrait jouer en soutien, avec Modric et Xabi Alonso. Kroos, Isco et Illarramendi seraient alors des remplaçants de luxe, tandis que Khedira et Di Maria pourraient partir.

En signant ses nouvelles recrues, Florentino Pérez a peut-être réitéré l'erreur qui lui avait coûté la présidence du Real Madrid en 2006. Si les résultats ne suivent pas, gare à l'ire des socios. L'histoire avait déjà prévenu une fois...