N°9 : La théorie et la pratique

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N°9 : La théorie et la pratique
Par Maxime DUPUIS|Ecrit pour TF1|2010-06-04T11:02:00.000Z, mis à jour 2010-06-04T11:02:00.000Z

Stéphane Guivarc'h n'a rien manqué des deux matches de préparation des Bleus. Le champion du monde 1998 est l'archétype du joueur qui "se régalait" en 4-3-3. A l'heure où les Bleus se convertissent au jeu au large, il nous éclaire sur ce que devrait faire l'attaquant des Bleus dans ce système.

"DANS L'AXE, DANS LA SURFACE"


Un avant-centre est par définition un joueur que l'on attend dans la zone de vérité. La décision, elle doit venir de ses pieds ou de sa tête. Dans un 4-3-3, c'est d'autant plus vrai que le numéro 9 est seul. "Son rôle est bien défini, confirme Stéphane Guivarc'h. Il joue dans l'axe et dans la surface de réparation. Il doit se situer entre le 4 et le 5 adverses (NDLR, les deux défenseurs centraux) et doit se montrer efficace." Pas si compliqué que ça, a l'air de dire le champion du monde 1998 à Nicolas Anelka. "La difficulté concerne plus pour les hommes de couloirs, qui doivent penser à rentrer dans l'axe et bien se replier. Ce qui pose parfois des problèmes au niveau de la lucidité."


"QU'ON N'APERÇOIVE PAS LE 9 DANS LE JEU"


L'avant-centre est, avec le gardien de but, le poste le plus ingrat. Peu de ballons à négocier, peu de chances de se mettre en valeur. Comme un portier, un attaquant de pointe doit accepter d'attendre son heure. Surtout dans un 4-3-3 où il n'est pas en relation avec un deuxième attaquant. Il dépend des joueurs positionnés sur les côtés. "Un numéro 9 doit être davantage patient", appuie Stéphane Guivarc'h. Or, face au Costa Rica et à la Tunisie, le titulaire du poste s'est beaucoup baladé entre les vingt et quarante mètres sans jamais se poster dans la surface. "Il y avait un manque de présence", martèle le Breton. "L'idéal dans ce système est qu'on n'aperçoive pas le numéro 9 dans le jeu mais dans la zone de vérité. J'ai regardé Tunisie-France, dimanche. On a bien vu que Nicolas Anelka décrochait beaucoup pour venir chercher le ballon, sinon on ne le voyait pas beaucoup."


"JOUER EN PIVOT"


Si l'attaquant de pointe est là pour terminer le travail, il doit également servir de remiseur, de pivot. Les ailiers et autres milieux de terrain ont besoin de s'appuyer sur son jeu dos au but pour progresser dans le camp adverse. "Dimanche, la France a manqué de présence dans la surface. Il faut un attaquant capable de jouer en pivot", explique Stéphane Guivarc'h. Ce rôle, Nicolas Anelka ne l'a pas rempli en Tunisie. Habitué à jouer aux côtés de Didier Drogba à Chelsea, l'international français est plus habitué à s'appuyer sur l'Ivoirien que l'inverse. Il doit forcer sa nature.


"GIGNAC SERAIT PLUS A SON AVANTAGE"


"J'ai évolué dans un 4-3-3 à Auxerre et je me régalais", se remémore Stéphane Guivarc'h. Véritable machine à buts, le Breton était sans doute l'attaquant idéal pour ce système de jeu car il cumulait les qualités idoines citées plus tôt. Dans cette équipe de France 2010, ce profil existe-t-il ? Stéphane Guivarc'h penche vers André-Pierre Gignac. "Un joueur comme Gignac serait plus à son avantage dans ce poste-là. A Toulouse, il évolue dans ce système de jeu avec deux joueurs de couloir. Gignac me semble plus approprié." Et à Raymond Domenech ?