Ce n'est pas l'Allemagne bis

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Ce n'est pas l'Allemagne bis
Par Glenn CEILLIER (Avec Fabian KUNZE à Munich)|Ecrit pour TF1|2010-06-27T16:00:02.000Z, mis à jour 2010-06-27T16:00:02.000Z

L'Allemagne, touchée par de nombreux forfaits avant le début de la Coupe du monde, a répondu présent jusqu'ici. En l'absence de Michael Ballack, René Adler ou encore Heiko Westermann, la Mannschaft a séduit et va défier l'Angleterre en huitièmes de finale avec des certitudes.

La Nationalmannschaft n'est pas venue en Afrique du Sud pour faire de la figuration. Le Ghana, l'Australie et dans une moindre mesure la Serbie - ses adversaires du groupe D - ont pu s'en apercevoir. L'Angleterre va s'y frotter à son tour. Avant le coup d'envoi du Mondial 2010, certains avaient pourtant quelques doutes. Les forfaits sur blessures de Michael Ballack, René Adler (Leverkusen), Heiko Westermann (Schalke), Simon Rolfes (Leverkusen) ou encore Christian Träsch (Stuttgart) avaient semé le doute. La sélection allemande avait perdu de nombreux cadres, de futurs titulaires. Alors, une question revenait avec insistance : n'était-elle pas venue en Afrique seulement pour acquérir un peu plus d'expérience pour sa jeune garde ?


Les sceptiques ont été rapidement fixés sur leurs interrogations. Certes, Ballack, Adler et Westermann étaient presque assurés d'avoir une place dans le onze de départ de Joachim Löw. Simon Rolfes avait de sérieux arguments aussi. Mais le sélectionneur allemand a trouvé des solutions de dernières minutes plus que séduisantes. Manuel Neuer a rassuré dans la cage allemande avec un seul but encaissé lors des trois premiers matches. Sami Khedira, comparé par Löw à "un jeune Michael Ballack", n'est pas en reste au milieu de terrain et forme un duo solide avec Bastian Schweinsteiger. Enfin, Arne Friedrich, après sa saison galère au Hertha Berlin conclue avec 56 buts encaissés et une relégation, s'impose comme le meilleur défenseur allemand depuis le début de la compétition.


La touche bavaroise


Leur intégration s'est parfaitement déroulée. Leurs qualités y sont pour beaucoup. Mais ça ne fait pas tout. C'est aussi l'une des réussites de Joachim Löw. Le sélectionneur allemand a construit une vraie équipe où tout le monde se sent à son aise. Pour y arriver, "Jogi" a travaillé dur avec son groupe depuis des mois. Il a très vite décrit les grandes lignes de sa philosophie. Pour s'offrir un jeu aussi bien rôdé, il a aussi puisé dans l'effectif du Bayern Munich. Le club bavarois, auteur du doublé Coupe-Championnat et finaliste de la Ligue des Champions, compte cinq joueurs dans l'équipe-type allemande. Et sept dans la sélection. Cette ossature permet de rassurer tous les joueurs et d'offrir des automatismes précieux, que certaines sélections ne trouvent jamais. Löw s'appuie sur le Bayern, s'en inspire et ne s'en cache pas : "L'occupation de l'espace en défense et surtout en attaque est la base de notre jeu. Quand cela fonctionne, on peut jouer un football de combinaisons, c'est là que la Bayern a fait la différence en Bundesliga", explique-t-il. Le Bayern n'est pas le seul fournisseur officiel de la Mannschaft.


Le sélectionneur allemand s'est aussi largement appuyé sur l'équipe championne d'Europe 2009 chez les Espoirs pour combler les absences. Manuel Neuer, Jérôme Boateng, Dennis Aogo, Sami Khedira et surtout Mesut Özil ont tous été sacrés en 2009 chez les Espoirs. Ils se connaissent parfaitement. Et ont pu découvrir le grand bain tous ensemble. Cette osmose fait pour le moment le bonheur de l'équipe allemande et séduit tout le monde. Philipp Lahm est ainsi un capitaine heureux et dithyrambique : "Cette équipe est, malgré sa jeunesse, la meilleure sélection allemande dans laquelle j'ai évolué, car elle affiche une qualité technique un peu latine et une combativité tout allemande." Le mélange idéal pour ne pas faire que de la figuration… Peut-être bien même si le "réservoir" de Löw pourrait encore être mis à rude épreuve face aux Anglais en cas de forfait de Schweinsteinger, toujours très incertain.