Ils n'ont pas peur

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Ils n'ont pas peur
Par DPPI|Ecrit pour TF1|2009-11-11T07:22:06.000Z, mis à jour 2009-11-11T07:22:06.000Z

Si la France est favorite, l'Eire ne nourrit aucun complexe avant d'affronter les Bleus en barrage de la Coupe du monde 2010. Les hommes de Giovanni Trapattoni, sûrs de leur force et conscients de la crainte qu'ils suscitent auprès des Français, sont convaincus de pouvoir bousculer la hiérarchie.

Sans complexe, les Irlandais. Défier les vice-champions du monde samedi à Croke Park ne leur fait pas peur en tout cas. Forts d'un parcours sans défaite lors des qualifications, les hommes de Giovanni Trapattoni abordent le match aller des barrages pour la Coupe du monde 2010 en confiance. La France est favorite ? Ça leur convient. Après tout, ils sont restés invaincus face au champion du monde italien au cours des éliminatoires (aller : 1-1, retour : 2-2) . Ils auraient même pu s'offrir le scalp de la Squadra Azzurra à Dublin sans une égalisation de dernière minute d'Alberto Gilardino, au mois d'octobre. De quoi aborder la double confrontation face aux Bleus avec optimisme. Sûre de sa force, l'Eire attend l'équipe de France de pied ferme.


Et elle ne s'est pas privée de le faire savoir, histoire de rajouter encore un peu de pression sur les épaules tricolores. Habile communicateur, Trapattoni a notamment insisté sur la menace que représente sa formation au moment d'annoncer son groupe pour les barrages. S'il reconnait la qualité des Bleus, il se refuse en revanche à les désigner comme les favoris de cette double confrontation. "Il est important de croire en ce que nous sommes capables de faire. Quand je regarde notre parcours, je dis aux joueurs à quels points ils sont forts, costauds. Si nous jouons à ce niveau contre la France, ce ne seront pas eux les favoris", affirme le technicien italien. "Nous avons joué avec force lors des groupes de qualification, nous sommes invaincus en 10 matchs et cela reflète notre manière de jouer, et la force mentale de cette équipe. La France a une bonne équipe, mais nous allons dans ces barrages en sachant que nous ne sommes qu'à 180 minutes d'une qualification pour la Coupe du monde. L’Irlande, ce n’est jamais une partie de plaisir pour un adversaire", a-t-il rappelé.


Un rapport de force inversé ?


Le message a manifestement été bien compris par les joueurs. Shay Given annonce la couleur. Si le gardien de Manchester City estime que l'Eire est en position d'outsider, il promet cependant l'enfer aux Tricolores. Ce sera un duel "éprouvant pour les nerfs de tous", a-t-il prévenu. "Le sommet de ma carrière a été le Mondial 2002. Je veux y retourner. Personne ne se réjouit à l'idée d'affronter l'Eire", a-t-il ajouté pour confirmer les propos de Trapattoni. Même son de cloche chez Kevin Doyle, partenaire de Robbie Keane à la pointe de l'attaque irlandaise et particulièrement ravi de se frotter aux vice-champions du monde. "J'adore jouer contre les meilleures équipes et les meilleurs joueurs. Nous avons joué l'Italie deux fois et nous aurions facilement pu les battre. Ils sont les champions du monde, alors je me dis qu'on peut faire la même chose face à la France. S'ils sont en barrage, c'est qu'ils n'ont pas été bons en éliminatoires. Durant toute ma carrière, j'ai affronté des équipes et des joueurs plus reconnus que moi, mais ça ne m'a pas empêché d'avoir de bons résultats. Je ne les crains pas, et je suis impatient de les affronter", lance l'attaquant de Wolverhampton.


Si les Irlandais sont aussi confiants, ce n'est cependant pas uniquement le fruit de leur bonne campagne de qualification. Ils ont aussi remarqué que la France ne souhaitait pas tomber sur l'Eire au tirage au sort. Les Bleus craignent Croke Park, la ferveur de son public et l'engagement et la qualité du collectif des hommes de Trapattoni. "Il est peut-être gravé dans la roche que nous ne serons pas en phase finale de la Coupe du monde. Il y aura une atmosphère incroyable à Croke Park, ce sera un vrai combat pour nous", confie ainsi Nicolas Anelka. C'est le paradoxe de ce barrage. La France a des joueurs techniquement supérieurs, elle a davantage l'expérience des compétitions internationales et elle a relativement réussi sa fin de campagne qualificative. Malgré tout, elle a plus peur des Irlandais que l'inverse. "Avec notre mentalité, nous sommes solides. Je connais du monde en France, et ils me disent que nous sommes craints. Notre force, notre mentalité et notre discipline sont reconnues", souligne le sélectionneur de l'Eire. Dans les discours, le rapport de force semble presque avoir été inversé. Il reste désormais aux Tricolores à la rétablir sur le terrain.