Naples: Maurizio Sarri, la révolution tactique

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Maurizio Sarri
Par Francois TOUMINET|Ecrit pour TF1|2017-10-25T13:49:01.042Z, mis à jour 2017-10-25T13:55:44.351Z

Leader du Calcio avant cette 10e journée, le Napoli séduit match après match tous les observateurs. Voilà quelques secrets d'une équipe dirigée de main de maître par Maurizio Sarri.

En déplacement à Gênes ce soir, Naples va tenter de récupérer une place de leader qui lui sied plutôt bien.

Guardiola valide

"Naples est l’une des meilleures équipes que j’ai rencontrées dans ma carrière. Je n’ai aucun doute là-dessus. C’est même peut-être la meilleure". Signé Pep Guardiola, ce constat, balancé quelques heures avant l'affrontement en C1 entre Manchester City et Naples le 17 octobre dernier, avait valeur d'approbation voire de consécration. Une chose est en tout cas devenue évidente: le travail fourni par Maurizio Sarri depuis deux saisons à la tête de du Napoli, au-delà de la reconnaissance, porte ses fruits.

Un jeu porté vers l'avant

Depuis l’arrivée du coach italien, nombreux sont les observateurs et les puristes à dresser le même constat. Il y a les chiffres, d’abord. Avec 26 buts en 9 matches de Serie A (dont 8 succès consécutifs) grâce à ses hommes forts (Mertens, Hamsik, Insigne, Callejon), Naples présente dans son championnat un bilan comparable à celui du Barça. Seuls Manchester City, le PSG et la Juventus ont fait mieux. Et il y a l’impression laissée, surtout. Une qualité au-dessus de la moyenne dans les sorties de balle, une variété offensive déroutante et une volonté constante de contrôler le jeu. Esthétiquement, Naples, en Italie et en Europe, est devenu une modèle. Et Maurizio Sarri une sorte de référence.

Sarri l'autodicacte

Venu du foot amateur, Sarri a une allure qui tranche avec celle de ses pairs actuels impeccablement vêtus et au discours bien rôdé. Lui ne quitte que rarement son survêtement, a toujours une cigarette au bec et ne se perd pas en formules politiques. Né à Naples, le technicien a parcouru l'Italie en long et en large (enfin surtout en long) avant d’accéder au club de sa ville. Dix-sept clubs qui lui ont permis d’évoluer dans sa carrière, d'accéder à la Serie A avec Empoli en 2014, à l'âge de 55 ans, et de rejoindre le Napoli en 2015. Depuis son intronisation à la tête de l'équipe la plus populaire du Calcio la tactique utilisée est immuable. Campée dans un 4-3-3, la qualité de son onze repose sur un rythme insoutenable, que ce soit avec ou sans ballon, et par la construction d'un jeu court, au sol, dans les petits espaces qui n'est pas sans rappeler un certain FC Barcelone cher à Guardiola. Et à l'instar du club catalan, les joueurs de petites tailles y ont aussi pris le pouvoir (Insigne 1.63 m, Mertens 1.69 m, Callejon 1.78 m).

Voilà en partie les raisons qui expliquent pourquoi Naples présente aujourd'hui la plus meilleure possession de balle du Calcio (59% en moyenne), le meilleur taux de passes réussies (87%) et squatte un rang de leader* qu'il devrait récupérer ce soir à la faveur d'un nul ou d'un succès face au Genoa (15e).

* Vainqueur 3-2 de la Sampdoria hier soir, l'Inter occupe provisoirement la première place avec un point d'avance sur Naples.