"Je ne suis pas l'arbitre"

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'Je ne suis pas l'arbitre'
Par Reuters|Ecrit pour TF1|2009-11-19T08:36:00.000Z, mis à jour 2009-11-19T08:36:00.000Z

Si beaucoup de ses partenaires ont éludé la question, Thierry Henry ne s'est pas défilé. Après la qualification des Bleus face à l'Irlande (1-1), le capitaine de l'équipe de France a reconnu avoir touché le ballon de la main sur l'égalisation de Gallas. "Je ne suis pas l'arbitre", a-t-il ajouté.

THIERRY HENRY, la France s’est qualifiée dans la douleur. Avez-vous eu peur ?


T.H. : Oui parce que les Irlandais ont super bien joué. Cela n’a pas été évident. On avait dit à l’aller que c’était une équipe difficile à manœuvrer. Gagner là-bas s’est avéré prépondérant. Ça a été difficile de les presser. C’était notre but mais à chaque fois qu’ils avaient un coup franc en leur faveur, le gardien le jouait directement dans nos seize mètres. On n’a pas toujours su répondre présent dans les duels. Mais à partir de l’heure de jeu, c’est devenu un match d’hommes. Cela n’a pas été un beau match, il ne restera pas dans l’histoire pour sa qualité. Il fallait juste exploiter ce qui était exploitable. Les Irlandais auraient pu doubler la mise deux ou trois fois. Heureusement pour nous, on avait un grand gardien mercredi soir. On espère qu’il continuera comme ça.


Vous avez décroché votre qualification sur un but qui va faire couler beaucoup d’encre…


T.H. : Oui, ça c’est sûr. Mais ce qui est fait, est fait. Je le dis : Il y avait main. L’arbitre ne l’a pas vue. Voilà…


Beaucoup d’Irlandais vont certainement penser que l’équipe de France s’est qualifiée sur une tricherie…


T.H. : Je ne suis pas l’arbitre. Le ballon m’a touché la main. Je suis honnête, il y avait main.


C’est ce que vous avez dit à Richard Dunne à l’issue de la partie ?


T.H. : Oui, je lui ai dit. Mais il m’a dit la même chose : "Tu n’es pas l’arbitre". Sur l’action, Sébastien Squillaci est à la lutte avec deux joueurs et le ballon m’est arrivé dessus puis a touché ma main. Je l’ai joué. L’arbitre a accordé le but…


Se qualifier dans ces conditions, c’est particulier. Votre plaisir est-il gâché ?


T.H. : On a souffert durant deux ans. Nous avons eu des problèmes avec nos supporters, la presse… C’eut été mieux de passer d’une autre manière mais encore une fois, je me répète, je ne suis pas l’arbitre.


Raymond Domenech a parlé de joie mesurée dans le vestiaire…


T.H. : Cette équipe irlandaise n’a pas démérité. A l’arrivée, s’ils s’étaient qualifiés, cela n’aurait pas été volé non plus. La joie est mesurée car on a beaucoup de respect pour cette équipe. Aussi, ce qu’on a su faire chez eux, nous n’avons pas réussi à le refaire chez nous. Poser le ballon, essayer de jouer, repartir de derrière… On savait que leur jeu consistait à allonger, imposer un combat physique. On a malheureusement été obligé de rentrer dans leur jeu, ce n’est pas vraiment le notre.


Est-ce dans ce genre de rencontres que se construit une équipe ?


T.H. : Oh (léger soupir)… On a malheureusement joué pas mal de matches de ce type-là depuis le début des qualifications. J’espère qu’on pourra en tirer les leçons. Après la victoire en Irlande, on a un peu minimisé notre performance. Vous (les journalistes) avez dit que ce n’était pas une bonne équipe. J’ai rabâché le contraire. Et ce n’était pas pour faire "style", vous avez bien vu mercredi que c’était vrai. J’ai joué huit ans en Angleterre, je peux vous dire que l’Irlande est une bonne équipe.


De votre côté, ne pensez-vous pas que l’équipe de France a un peu moins bien joué que lors de ses dernières sorties ?


T.H. : Non. Ils ont bien joué. On n’est pas tout seul sur le terrain. L’Irlande a très bien joué pendant plus d’une heure et demie. Il faut l’accepter. Mais le plus important, c’est d’être qualifié.