"Je ne suis pas mort"

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'Je ne suis pas mort'
Par Reuters|Ecrit pour TF1|2010-03-04T19:10:08.000Z, mis à jour 2010-03-04T19:10:08.000Z

Après deux ans d'absence, Djibril Cissé a retrouvé l'équipe de France mercredi. Rare satisfaction face à l'Espagne (0-2), l'attaquant du Panathinaïkos voulait montrer qu'il n'était "pas mort" en Grèce. Mais il veut voir plus loin et espère désormais faire partie de la liste des 23 pour le Mondial.

DJIBRIL CISSE, après une longue absence, vous avez retrouvé des Bleus à court de forme...


D.C. : Oui mais, justement, c'est le but de ces matches amicaux de préparation. C'est de retrouver le niveau pour ceux qui ne l'ont pas. Mais ça viendra. On est déçus mais on n'est pas inquiets. On a joué contre la meilleure équipe d'Europe. Ils savent faire tourner le ballon. C'est une équipe qui arrive bien à fatiguer son adversaire et à trouver la faille. On s'est quand même battus jusqu'au bout. C'est ce qu'il faut retenir. On n'a pas baissé les bras. On aurait pu et se laisser trimballer mais on s'est battus. On a essayé de rivaliser avec eux et de revenir au score mais ça a été difficile.


Etes-vous inquiet ? Ca n'est tout de même pas la meilleure équipe de France que vous ayez connue...


D.C. : Non. Mais l'objectif, c'est la Coupe du monde. On a encore trois mois pour se préparer donc on a le temps. Face à l'Espagne, c'était un test, Mais si c'est pour les battre et être ridicules en Afrique du Sud, ça ne sert à rien. C'est sûr qu'il vaut mieux gagner mais, personnellement, je ne suis pas inquiet.


Qu'avez-vous ressenti au moment de rentrer sur terrain ?


D.C. : Honnêtement, je n'ai pas pensé à moi. Au moment où je rentrer, j'ai envie de faire mon maximum et changer les choses. J'ai essayé. Sur mon premier ballon, j'ai tenté une frappe assez difficile dans un angle fermé mais c'est ce que je sais faire. Après, j'ai essayé de faire avec ce que j'avais.


Vous avez été le seul à être ovationné par le public du Stade de France...


D.C. : C'était le monde à l'envers ! (Rires) D'habitude, c'est moi qui me fait siffler. Ça fait plaisir. Je tiens à remercier les supporters. Il faut savoir dire quand c'est bien. Par contre, avoir sifflé Thierry Henry, c'est assez moyen... Après le match, on l'a vu sourire. Thierry est quelqu'un de très costaud, il ne montre pas sa déception. Mais ça reste un être humain et c'est sûr que ça l'a touché. Je suis fort aussi mais, quand tu te fais siffler, c'est dur. C'est dommage. J'aurais aimé que tout le monde soit encouragé.


Comment jugez-vous votre prestation ?


D.C. : Ca aurait pu être mieux mais ça s'est bien passé. Est-ce que j'ai marqué des points ? Ca n'est pas à moi qu'il faut poser les questions. Moi, j'ai donné mon maximum avec les ballons que j'ai eus. Maintenant, il reste beaucoup de temps. L'Afrique du Sud, c'est encore loin.


En fin de match, votre fraîcheur a fait beaucoup de bien aux Bleus...


D.C. : J'ai essayé d'amener un peu de profondeur, de vivacité et de vitesse. C'est mon jeu. Si vous voulez de la technique ou un point d'appui, ça n'est pas moi. Mais si vous voulez un peu de peps et de fraîcheur, je peux vous l'amener. Je fais avec ce que j'ai.


En tout cas, on a senti chez vous une énorme motivation...


D.C. : Je l'ai annoncé, j'ai vraiment envie d'être là à la Coupe du monde et je ferai tout pour y arriver. J'ai envie de jouer, j'ai faim. J'ai envie de démontrer que je ne suis pas mort. J'ai un objectif pour la fin de saison, c'est d'être à la Coupe du monde. A moi de faire mes preuves.


Qu'est-ce qui peut vous permettre d'intégrer la liste des 23 ?


D.C. : Maintenant, ça passe par mon club. Et surtout de bonnes prestations en Coupe d'Europe. Le championnat grec à lui seul, je pense que ça ne suffira pas donc il faut aussi que je sois performant en Europa League. Cette sélection m'amène un peu plus de joie et de confiance.


On vous sent plus serein. Le fait d'être mois exposé en Grèce est-il un bénéfique ?


D.C. : Oui ! C'est ce qu'il me fallait. Il me fallait un peu moins de lumière et un peu plus de calme. Après deux ans d'absence (sa dernière sélection remonte au 27 mai 2008 contre l'Equateur, ndlr), c'est dur de revenir et de faire ce qu'on veut. Non, je suis là parmi les autres. Je regarde les nouveaux, j'apprends. J'essaye aussi de me remettre dans le bain.