L'oeil de Téléfoot - Nice avait un plan, ou comment le Gym est redevenu un club majeur de L1

L'OGC Nice va terminer la saison 2016-2017 à la troisième place et figure parmi les plus belles équipes du football hexagonal. Ce classement, qui s'ajoute à la 4e place de l'an dernier, ne doit rien au hasard. Cela fait au moins six ans que le Gym mûrit son retour au premier plan, avec un projet réfléchi, centré sur l'esthétique du jeu et une vision à long terme.

En mai 2011, l'OGC Nice se maintenait en Ligue 1 au soir de la 38e journée. Pour la seconde fois consécutive, le Gym a dû batailler jusqu'à la dernière minute pour assurer sa place dans l'élite. Cinq ans plus tard, le club azuréen est troisième du Championnat de France et bien parti pour retrouver une Ligue des champions qu'il n'a plus disputée depuis 1960. Ce bond en avant du club niçois, acteur majeur de la L1 aux côtés du PSG et de Monaco, ne doit pas grand-chose au hasard.

Bien loin du coup d'éclat ou de la surprise à la Leicester, la progression du Gym est en fait le résultat d'une stratégie mûrie il y a plusieurs années. L'an 0 du renouveau de Nice remonte à la période de ce maintien raccroc du printemps 2011. Jean-Pierre Rivère, un entrepreneur niçois, arrive alors avec quelques millions d'euros… et un objectif : remettre le club sur le devant de la scène hexagonale.

"Ce n'était pas gagné que ça prenne aussi vite"

Journaliste et écrivain niçois, spécialiste de football, Thibaud Leplat raconte : "L'idée, c'était en fait de faire revenir le club au niveau qu'il a eu à son heure de gloire, dans les années 1950. A l'époque, Nice était, avec Saint-Etienne, le grand nom du football français. Rivère voulait faire de Nice une valeur sûre du championnat de France. Il est en passe de réussir sa mission."

La progression était planifiée. Mais son ampleur et sa vitesse demeurent étonnantes. Didier Ollé-Nicolle a entraîné Nice en 2009-2010, un an à peine avant l'arrivée de Rivère. Il fait partie des nombreuses personnes stupéfaites par le spectacle. "Je suis impressionné par ce que fait le club, reconnaît l'entraîneur d'Orléans. J'ai été les voir jouer deux fois cette saison. C'est une équipe qui me bluffe par sa constance. Le virage et le projet ont été réussis. Ce n'était pas gagné que ça prenne aussi vite."A LIRE ÉGALEMENT : Lucien Favre, portrait d’un gymnaste au Gym

Les chefs passeront, le projet restera

Il suffit de retrouver les déclarations de Lucien Favre à son arrivée, mais aussi celles d'Hatem Ben Arfa, de Mario Balotelli ou de Dante. Interrogés sur les raisons de leur arrivée sur la Côte d'Azur, tous ont donné, quasi-immédiatement, la même réponse : l'attractivité du projet. "Puel et Favre ont été critiqués quand ils ont choisi le Gym, ils avaient des propositions plus alléchantes, rappelle Leplat. Mais ils ont compris qu'il y avait à Nice un projet d'éthique de jeu qui leur convenait." Et un effectif modelé en conséquence : des jeunes du cru biberonnés à la philosophie locale (Sarr, Koziello…), des jeunes joueurs propulsés sur le devant de la scène (Mendy, Cyprien, Pléa…) et des "stars" relancés, comme Dante, Belhanda, Ben Arfa ou Balotelli.

[Ligue 1 : Mario Balotelli fait craquer Nice]

Le cocktail a pris parce que "tout le monde s'est plié à l'exigence qui est ce style niçois, cette esthétique", selon Ollé-Nicolle. Le reste du club s'est développé en parallèle, peut-être même en conséquence. L'Allianz Riviera - un stade flambant neuf - est sorti de terre à l'été 2013, le secteur du marketing a été considérablement étoffé, des investisseurs chinois sont arrivés, le nouveau centre d'entraînement est attendu pour la fin de saison… Tout cela pour donner au Gym des fondations pérennes. Comprenez : si le président (annoncé sur le départ l'été dernier), l'entraîneur (le départ de Puel a suscité nombre d'interrogations) ou les joueurs passent, le projet, lui, restera. Avec ses principales caractéristiques : le style, le stade, les finances (assainies), et cette esthétique du jeu enseignée dès le berceau. Avec cela, l'OGC Nice peut dormir sur ses deux oreilles encore quelques années. Et même faire quelques jolis rêves.

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