Nikwei Issac, dénonce les conditions de vie abominables des footballeurs ghanéens en Thaïlande

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Nikwei Issac
Par Silvestro DE CARO|Ecrit pour TF1|2014-08-14T13:26:00.000Z, mis à jour 2014-08-14T13:30:54.000Z

Dans une longue interview relayée par la Gazzetta dello Sport, Nikwei Issac, joueur de l'Ayutthaya FC en Thaïlande, a dénoncé les conditions de vie abominables des footballeurs ghanéens dans ce pays asiatique. Pour survivre, ils doivent se prostituer et vendre de la drogue.

Il y a deux ans, Nikwei Issac évoluait au Wa All Stars, équipe de première division ghanéenne. La saison dernière, poussé par un agent douteux, il s'engage à l'Ayutthaya FC, un club de football, en Thaïlande. Alors qu'il pensait vivre un conte de fées là-bas, son histoire va rapidement tourner au cauchemar.

« Ils doivent vendre des drogues illégales »
Au Ghana, une multitude d'agents peu scrupuleux invitent les joueurs à venir joueur dans le championnat thaïlandais, en leur promettant des salaires beaucoup plus élevés que ceux qu'ils touchent en Afrique. La réalité est pourtant toute autre, comme l'explique Nikwei Issac sur les ondes d'Akyeaa FM, station de radio ghanéenne : « Un agent m'a convaincu d'aller jouer en Thaïlande, en me promettant un contrat fabuleux. Mais une fois arrivé là-bas, je me suis subitement rendu compte que toutes les promesses qui m'avaient été faites étaient fausses. En réalité, elles n'étaient que des mensonges. La vie est très difficile là-bas. J'ai dû lutter pour survivre, et maintenant, mon permis de séjour a expiré, je joue seulement si je suis en sécurité. »

Si Nikwei Issac a visiblement pu s'en tirer, ce n'est pas le cas pour ses jeunes compatriotes. Le Ghanéen raconte : « Beaucoup de joueurs africains, en particulier les Ghanéens, ne peuvent plus retourner à la maison, car ils n'ont pas l'argent pour, et sont donc contraints de commettre des actes déshonorants pour s'adapter à la vie là-bas. Ils doivent vendre des drogues illégales, ou vivre avec des femmes locales, en se prostituant avec elles tous les jours en échange d'argent. Ça me fait mal de voir des jeunes talents comme Abdul Samed « Okocha » et Stephen Offei, qui sont en Thaïlande sans club, contraints de vivre dans des situations infernales. C'est pourquoi je conseille aux jeunes de ne pas quitter trop rapidement le Ghana pour aller jouer en Asie, et surtout, de vérifier soigneusement si tous les documents sont en règle, afin d'éviter de futurs problèmes. »

Pas une première
Malheureusement, ce n'est pas la première fois que des footballeurs ghanéens dénoncent ces conditions de vie en Thaïlande. Le pays emploie des méthodes peu orthodoxes pour permettre aux transfuges footballeurs d'obtenir un permis de séjour. Comme l'explique le National Turk, beaucoup de joueurs africains s'étaient déjà plaints de ces conditions extrêmes, en vain. A l'heure où ces lignes sont écrites, le gouvernement et la Fédération de football ghanéenne n'ont pas souhaité commenté les dires d'Issac.

La Thaïlande pourrait donc continuer à employer ces méthodes, à moins que les médias ne se font l'écho des déclarations de Nikwei Issac.