OM : José Anigo se confie sur l'assassinat de son fils

Voir le site Téléfoot

error
Par Silvestro DE CARO|Ecrit pour TF1|2014-07-24T13:38:00.000Z, mis à jour 2014-07-24T13:45:39.000Z

Quelques mois après l'assassinat de son fils, José Anigo s'est longuement entretenu avec les journalistes de Paris-Match. Il explique pourquoi il a quitté la cité phocéenne, et revient avec amertume sur l'événement qui a chamboulé sa vie un certain 5 septembre 2013.

A l'Olympique de Marseille, José Anigo était un vrai patron, une figure emblématique et respectée. Ayant officié plus de 25 ans sur la Canebière, il refuse aujourd'hui d'y mettre les pieds. Blessé, touché et effondré suite aux événements qui ont ôté la vie de son fils, il raconte comment il a vécu l'assassinat de son entant dans Paris-Match. Le désormais ambassadeur de l'OM en Afrique a pensé au suicide.

« Marseille dévore ses gosses »
Le 5 septembre 2013, alors qu'il est toujours membre du staff marseillais, un événement tragique intervient dans la vie de José Anigo. Son fils, Adrien, qui baigne dans des histoires de drogue depuis quelques temps, se fait assassiner. Dans les colonnes de Paris-Match, l'ancien entraîneur du club est revenu sur cette tragédie, non sans émotions : « Il ne pouvait m'arriver pire, c'était l'enfant dont j'étais le plus proche. Il était tout pour moi. Les cités sont des centres de formation pour la délinquance et il a trouvé dans la rue ce qu'il n'avait pas à la maison. J'étais trop occupé par mon travail, je n'ai rien remarqué. J'ai échoué quelque part, je n'ai pas vu mon enfant sombrer. Mon plus grand regret est de l'avoir abandonné à la rue, car son destin tragique s'est joué enfant. Marseille dévore ses gosses. »

Son rôle dans l'organigramme de l'Olympique de Marseille ne lui a pas permis d'éduquer son fils comme il l'aurait souhaité. Pourtant, à quelques mois près, il aurait pu sauver sa progéniture, ayant décidé d'aller vivre au Maroc : « «A Marseille, il y a toujours quelqu'un du passé qui vous rattrape. Impossible de s'extirper des griffes du Milieu, sauf en fuyant. Adrien voulait le faire, emmener sa famille loin d'ici, nous suivre au Maroc. Et recommencer une autre vie. C'était prévu en 2014. Mais il nous a manqué six mois pour le sauver...»

"Je quitte Marseille qui a dévoré mon fils" confie José Anigo http://t.co/kjHOfWb0eA pic.twitter.com/s0kMaePJWA

— Emilie Blachere (@EmilieBlachere) 24 Juillet 2014

« J'ai songé à rejoindre Adrien »
Abattu par la douleur d'avoir perdu son fils, et au bord du gouffre avec Marseille qui est à la peine en Ligue 1 et en Ligue des Champions, des pensées macabres ont un instant traversé l'esprit d'Anigo. Alors qu'il est à Naples en octobre pour un match de C1, il pense au pire : « Lors d'un déplacement à Naples avec l'OM, en octobre dernier, j'ai songé à rejoindre Adrien. Nous étions sur la terrasse d'un grand hôtel et je regardais en bas, en pensant que c'était le bon endroit pour partir. J'ai senti ma vie tenir à un fil. Puis j'ai réalisé que je ne pouvais pas abandonner ma famille.»

Le technicien a donc décidé de ne pas suivre son fils. Pourtant, il en est certain, il le retrouvera à Marseille. Pas question cependant d'y retourner pour le moment : « Je reviendrai pour y être enterré à côté de mon fils, car j'aime passionnément ma ville. Mais aujourd'hui je ne peux vivre avec elle. Tout me rappelle Adrien. Et puis à l'OM, les Marseillais, les supporters, les médias ne me supportent plus. A cause des mauvais résultats de l'équipe, des histoires.»

Désormais ambassadeur de Marseille au Maroc, José Anigo semble bien loin de la tension et de la pression qu'il subissait en France. Il y a quelques mois dans Téléfoot, il avait livré son sentiment sur une ville qu'il portera à jamais dans son cœur.