OM-OL : Le match opposait également Labrune à Aulas

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Par Silvestro DE CARO|Ecrit pour TF1|2015-09-21T07:30:05.868Z, mis à jour 2015-09-21T07:37:47.824Z

Le match opposant l’OM à l’OL de dimanche soir restera certainement dans les annales. En plus d’une ambiance survoltée, les présidents des deux clubs, Jean-Michel Aulas et Vincent Labrune se sont livrés à une joute verbale mémorable.

Avec le retour de Mathieu Valbuena sur la pelouse du Vélodrome, cet Olympico avait tout pour être bouillant, et ça n’a pas loupé. Si les joueurs ne se sont pas fait de cadeaux sur la pelouse, Labrune et Aulas ont également participé à cet âpre duel. Le président marseillais a fustigé l’arbitrage et minimisé les incidents en tribune. Surréaliste.

Match interrompu

Dimanche soir, l’Olympique Lyonnais et l’Olympique de Marseille ont fait match nul, 1-1, sur la pelouse du Vélodrome. Mais plus que le score, c’est bien le spectacle affligeant qui restera dans les mémoires.  A la 62ème minute de jeu, l’arbitre, Ruddy Buquet, est contraint de renvoyer les 21 joueurs aux vestiaires, Romain Alessandrini ayant été expulsé. Et pour cause, les supporteurs des deux virages du Vélodrome se sont mis à envoyer sur la pelouse plusieurs projectiles, comme des bouteilles vides ou des boulettes de papiers. Alors que Lyon menait 1-0, le match a été momentanément suspendu. Jean-Michel Aulas et Vincent Labrune, les deux présidents, ont alors pris la direction du vestiaire du délégué de la LFP afin de s’expliquer. La suite a été surréaliste.

« Le score est acquis »

C'est un secret de Polichinelle, la relation entre Jean-Michel Aulas et Vincent Labrune est très tendue, sans que l’on ne sache vraiment pourquoi. Depuis quelques mois, les deux présidents n’ont de cesse de s’envoyer des piques. Ils ont remis le couvert dimanche soir. Alors que le match était interrompu, Aulas a été le premier à dégainer aux micros de Canal + : « Je pense que le score est acquis. J'ai indiqué qu'il y avait déjà des erreurs qui sur d'autres terrains auraient coûté l'arrêt du match ou des sanctions extrêmement graves. On est dans un exercice de non-droit du football, il faut vite y mettre un terme, ou alors ce n'est pas la peine d'investir autant qu'on le fait dans les stades et dans les joueurs, parce qu'ici, c'est injouable. Je pense que c'est impossible de reprendre.»

« Un ou deux dérapages »

Avant la reprise de la rencontre, Vincent Labrune a rétorqué, fustigeant l’arbitrage et l’OL : « Les propos du président Aulas engagent le président Aulas. Il y a des situations dans la vie où il est difficile de savoir s’il faut en rire ou en pleurer. Ce soir, il y a un stade formidable, une ambiance formidable. Et il y a eu malheureusement des faits de jeu qui ont conduit à un ou deux dérapages.  Le club assumera ses responsabilités en termes de sécurité et de conséquences par rapport aux deux ou trois bouteilles de bière qui ont été jetées sur le terrain, mais je pense que tout le monde doit les prendre. A un moment donné, on doit tous être sur la même ligne, et il faut raison garder. Moi, je prendrai mes responsabilités en tant que président, et je veux que tout le monde les prenne à la Fédération, à la direction de l'arbitrage, et à l'Olympique lyonnais également. Car je constate qu'il y a des équipes qui jouent plus souvent que d'autres à 11 contre 10. C'est le cas de l'Olympique Lyonnais. C'est également le cas pour les pénaltys. J'ai l'impression que c'est toujours dans le même sens. Je ne pense pas que les arbitres fassent exprès, mais c'est toujours à notre désavantage.»

« Un guignol »

Habitué à exprimer tout le fond de sa pensée, Jean-Michel Aulas a eu le fin mot de l’histoire. Et c’est cinglant : « Il n'y a pas si longtemps qu'il est arrivé dans le foot, mais il s'est déjà fait une réputation de garçon qui n'a absolument aucune objectivité. Mettre en cause l'arbitre sur un match de ce type, c'est un peu douteux, et personnellement je n'irais pas jusque-là parce que ça ne vaut pas le coup. Les conditions de match ont été insupportables et les déclarations du président de Marseille à côté de la plaque. Je regrette la pression qui a entouré ce match, notamment pour un garçon comme Mathieu qui ne pouvait même pas tirer un corner Ça fait des années que ça dure parce que le président Labrune veut grandir plus vite qu’il ne peut le faire. Je lui ai dit à Vincent Labrune que c’était un guignol et qu’il ne durera pas aussi longtemps qu’il le croit dans le football.»

Des mesures devraient être prises ce lundi matin pour lutter contre ce genre d’incident. Frédéric Thiriez, le président de la LFP, a en effet décidé d’organiser une réunion exceptionnelle.