"On peut se sentir fort"

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'On peut se sentir fort'
Par AFP|Ecrit pour TF1|2009-10-11T17:44:12.000Z, mis à jour 2009-10-11T17:44:12.000Z

Si la France doit passer par les barrages pour rejoindre le Mondial 2010, Eric Abidal espère bien voir les Bleus enchaîner. Le défenseur du FC Barcelone, qui voit du mieux sur les dernières prestations françaises, revient aussi longuement sur son association avec William Gallas en défense centrale.

ERIC ABIDAL, étiez-vous préparé à l'idée de jouer les barrages ?



E.A. : Avant le match, il y avait deux solutions, soit les barrages, soit se qualifier directement en attendant un faux-pas serbe et en faisant un carton plein. Ca restait une option. Maintenant, on doit passer par les barrages. C'est une nouvelle étape. De toute manière, l'objectif est d'aller au Mondial. On a montré des choses positives défensivement et offensivement. Il faut enchaîner.


Selon vous, quand a eu lieu le déclic ?


E.A. : Le fait de pouvoir mettre une équipe en place a été un élément clef. On a pu trouver des automatismes. Il va falloir réussir à conserver cette dynamique avec les joueurs susceptibles d'intégrer le groupe. Le changement se voit sur les trois derniers matches. En Serbie, à dix contre onze, il fallait être costaud défensivement, c'est le match référence des Bleus. Il faut s'en servir pour avancer.


Vous sentez-vous plus forts ?



E.A. : Sur les dernières prestations, on peut se sentir fort. On a perdu des points sur des détails lors de ces qualifications. Et au haut niveau, on paye cash les petites erreurs. Il faut se servir de tout ce chemin parcouru pour aborder les barrages bien armé. On montre un visage différent. Mais il ne faut pas dire que l'équipe de France est de retour. Le plus important est de pouvoir confirmer. Ce qui n'est jamais facile.


Sur le plan psychologique, l'approche va-t-elle être différente lors des barrages qui se déroulent sous forme de matches aller-retour ?


E.A. : C'est un contexte particulier. Il faudra un esprit de guerrier pour arriver à notre but. Le haut niveau passe par là. Pour prétendre à quelque chose de beau, il faut savoir se serrer les coudes avant.


Envisagez-vous de ne pas aller en Afrique du Sud ?


E.A. : Pas un instant. Là-dessus, c'est clair.


Du point de vu personnel, vous sentez-vous installé en charnière centrale ?



E.A. : Je voulais évoluer à ce poste depuis longtemps. Le point négatif, c'est qu'en club, je joue sur le côté gauche. Au point de vue tactique, c'est différent. Toutefois, avec William (ndrl Gallas), je me sens bien. En Serbie, nous avons commis des petites erreurs et notamment lors du but. Sur le dégagement, j'aurai peut-être dû laisser William jouer le ballon. Ce sont des erreurs que l'on peut rectifier.


Raymond Domenech a pris l'habitude de changer régulièrement sa défense, pensez-vous avoir pris une longueur d'avance sur vos concurrents directs à ce poste ?


E.A. : Non. Il y a de la concurrence. Je n'ai pas joué contre la Roumanie. C'est Scud (ndrl Escudé) qui était titulaire. Il a marqué contre son camp mais il avait fait un bon match. Je le répète souvent mais l'important c'est le groupe. On veut toujours jouer en équipe de France. Mais si tu ne joues pas, il faut toujours être prêt à tout donner. Je ne pars jamais dans l'esprit d'être titulaire car tout le monde peut apporter sa pierre à l'édifice. L'objectif reste d'aller au bout tous ensemble. Les changements en défense centrale ne me perturbent pas. Le sélectionneur veut tester des choses pour trouver la défense la plus efficace. C'est normal.


Pour affiner votre complémentarité avec William Gallas, avez-vous envie de jouer à ses côtés contre l'Autriche ?


E.A. : C'est mieux de pouvoir enchaîner avec les mêmes personnes pour créer des automatismes. Mais le sélectionneur est en phase de réflexion pour savoir quelle équipe il alignera mercredi. Si je peux, je jouerai.


Quels sont les points à améliorer dans votre entente pour devenir encore plus performant ?


E.A. : Il y a des situations où on aurait pu s'en sortir un peu mieux samedi. Notamment sur les ballons aériens. Ils ont réussi à nous mettre en difficulté dans nos 18 mètres. De temps en temps, j'aurais dû dégager devant. Sans me soucier de jouer un beau football. Dans les grands matches, il faut aussi savoir éloigner le danger sans se poser des questions. C'est à rectifier.


William Gallas monte régulièrement sur les coups de pied arrêtés. Comptez-vous l'imiter dans le futur ?


E.A. : En équipe de France ou en club, j'ai l'habitude de rester derrière. William a des qualités devant. On le voit à Arsenal. Mais personnellement, je me sens bien derrière. Je ne suis pas là pour marquer des buts. Mais pour éviter que mon équipe en prenne.