Des Oranje enfin mûrs

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Des Oranje enfin mûrs
Par Maxime DUPUIS|Ecrit pour TF1|2010-06-03T09:53:00.000Z, mis à jour 2010-06-03T09:53:00.000Z

Comme d'habitude, les Pays-Bas abordent la Coupe du monde avec un groupe dégoulinant de talent et en position de sérieux outsiders. Bien huilée et portée par Robben, la sélection néerlandaise ira loin si elle se débarrasse de ses vieux démons. Et confirme ses progrès défensifs récents.

La Coupe du monde, les Pays-Bas l'attendent depuis bientôt un an. Quand d'autres luttaient pour leur survie ou accrocher le bon wagon, la sélection oranje, première nation européenne qualifiée, préparait son plan pour conquérir le monde et s'arroger un trophée qui s'est refusé à elle en 1974 et 1978. Bert van Marwijk réussira-t-il là ou ont échoué Rinus Michels, Leo Beenhakker, Guus Hiddink ou encore Marco van Basten ? Comme tous les quatre ans, ou presque (les Néerlandais ont manqué l'édition 2002), les Bataves débarquent avec la même étiquette. Celle d'outsiders. Jamais vraiment favoris, jamais réellement négligés, les Pays-Bas restent une valeur sûre, forte d'une identité de jeu bien établie.



Dès le 14 juin, date de leur entrée en lice face au Danemark, les Bataves tenteront de marquer les esprits, dans la foulée d'un Euro 2008 réussi - au moins sur le plan du jeu, malgré un arrêt en quart - et d'une campagne qualificative aboutie et vite pliée. Pour ce faire, les hommes de van Marwijk pourront principalement compter sur celui qui, avec Leo Messi, est le joueur de cette première moitié d'année 2010 : Arjen Robben. Soliste de génie quand ça rigole, incorrigible égoïste dans les moments noirs, l'ailier n'en reste pas moins un footballeur à part. Le Bayern Munich ne dira pas le contraire. L'Inter Milan, au sujet de Wesley Sneijder, autre membre influent de la sélection néerlandaise, abonde dans le même sens.


"La mécanique est parfaitement huilée"


"Nous avons trois joueurs de classe mondiale dans notre équipe ", assure Rafael van der Vaart. "Et la plupart des joueurs jouent dans des grands clubs. C'est fou. Parfois je regarde autour de moi lorsqu'on déjeune... Ajax, Arsenal, Real Madrid, Inter Milan, c'est vraiment impressionnant." Dans la foulée d’une saison exceptionnelle, Robben et Sneijder seront, avec Robin van Persie et Rafael van der Vaart les têtes de pont d'une équipe qui peut se permettre de laisser Ruud van Nistelrooy au placard et, surtout, sait où elle va. Au contraire de l'équipe de France, les Pays-Bas jouent dans un système bien établi et immuable. Un 4-2-3-1 et qui ne fait pas débat, offrant aux forces néerlandaises le meilleur cadre pour s'exprimer. "Marco (van Basten) m'a laissé un bel héritage, se réjouit le sélectionneur, ancien coach du Feyenoord Rotterdam. Tactiquement, j'ai conservé le 4-2-3-1 qu'il avait imaginé. Les automatismes sont là. La mécanique est parfaitement huilée".



Pourtant, les Pays-Bas n'ont rien gagné depuis l'Euro 1988. Le premier tour de l'Euro 2008 est exemplaire des questions qu'ils suscitent : pourquoi s'arrêter si tôt avec un tel potentiel ? A l'image de la sélection ivoirienne, qui brille par ses capacités offensives supérieures à la moyenne, les Oranje présentent des lacunes quasiment rédhibitoires pour une équipe visant le titre. On pourrait épiloguer des heures sur les ego surdimensionnés des stars néerlandaises qui, talentueuses et conscientes de l'être, ont parfois à oublier que le football est un sport d'équipe.


L'équipe, qui a régulièrement manqué d’une assise défensive viable pour espérer vaincre dans les grandes compétitions, semble avoir travaillé pour resserrer les boulons. Depuis un Angleterre - Pays-Bas amical où la défense oranje avait cédé à deux reprises et montré quelques signes inquiétants (2-2, août 2009), les Néerlandais ont gardé leur but inviolé cinq fois sur les sept dernières rencontres. Certes, les adversaires croisés, mis à part l'Italie, n'avaient rien de terreurs, mais la prise de conscience est encourageante pour une équipe désormais privée de van der Sar, parti en retraite internationale, et s'appuyant sur un quatuor dont la mobilité n'est pas la qualité première. Face au Danemark, le Japon ou le Cameroun, adversaires des Oranje au premier tour, l’attelage devrait largement suffire. C'est après ce premier écrémage qu'il conviendra de juger les Pays-Bas. Sur les faits. Plus sur les promesses.