Platini : "C'était très compliqué"

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Platini : 'C'était très compliqué'
Par AFP|Ecrit pour TF1|2010-05-28T17:12:07.000Z, mis à jour 2010-05-28T17:12:07.000Z

Président français de l'UEFA, Michel Platini n'était pas dans la position la plus confortable au moment d'attribuer l'organisation de l'Euro 2016 à la France. L'ancien numéro 10 des Bleus est quand même fier de cette décision, même s'il ne la considère pas comme le couronnement de son mandat.

MICHEL PLATINI, êtes-vous fier de la décision ?


M.P. : Je suis président de 53 pays. Il y avait trois formidables candidatures. Cela s'est joué à rien, dans les évaluations et dans la décision finale. Je suis fier pour des tas de raisons. Je suis content parce que la France a gagné et que je suis français, ne l'oublions pas. Et deuxièmement parce que c'était serré, ouvert, ce n'était pas du despotisme présidentiel, sinon les Français auraient gagné 13-0. Là, ç'a été 7-6.


De quel poids avez-vous pesé ?


M.P. : Le poids... j'ai maigri un peu ces derniers temps, et donc peut-être que j'ai eu moins de poids sur les autres (sourire).


Après les difficultés pour Ukraine-Pologne en 2012, le fait que la France présente une candidature "sans risque" a-t-il pesé ?


M.P. : C'est difficile de savoir ce que les treize membres ont pensé. On peut faire tous les beaux dossiers qu'on veut, à la fin il y a treize personnes qui votent. Peut-être qu'après l'Ukraine il valait mieux avoir un pays stable, mais ils auraient aussi pu prendre l'Italie comme pays stable. Je ne suis pas dans leurs têtes.


Justement, quelle position aviez-vous ?


M.P. : C'était très inconfortable, et pas facile ni pour moi, ni pour le premier vice-président qui est turc. Ce n'est pas facile de savoir quelle politique on doit mener vis-à-vis des gens, si on doit aller les voir, faire du lobbying, leur parler. La politique, c'est l'art du mensonge. Donc c'était compliqué, très compliqué.


Avez-vous néanmoins soutenu la candidature française ?


M.P. : Elle n'aurait pas gagné, sinon (sourire).


Est-ce un couronnement de carrière en tant que président de l'UEFA ?


M.P. : Non. Le couronnement, c'est le fair-play financier. C'est passé hier, et c'est un moyen de dire que tous les clubs doivent dépenser l'argent qu'ils génèrent, et ne plus vivre à crédit comme ils l'ont fait pendant des années. Ca, c'est un changement inconditionnel dans l'Europe du football.


Quand les Bleus organisent une compétition, ils la gagnent...


M.P. : Oui mais c'est dans cinq ans ! Il y aura peut-être trois sélectionneurs entre-temps qui seront passés. Moi, je serai dans la tribune à regarder les matches.