Préparer un groupe : tout un art

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Préparer un groupe : tout un art
Par Glenn CEILLIER|Ecrit pour TF1|2010-05-19T13:57:06.000Z, mis à jour 2010-05-19T13:57:06.000Z

Entraîneur-adjoint chez les Bleus en 2000 et 2002, Guy Stéphan nous explique tout ce qu'un staff technique peut réaliser durant les quelques jours qui précèdent un grand tournoi. Les joueurs usés, le cas Henry et l'intérêt des matches amicaux, l'adjoint de Deschamps fait le tour.

UN TRAVAIL INDIVIDUALISE


Trois semaines de stage, ça se prépare à l'avance bien évidemment. Chaque joueur arrive dans des conditions différentes, il faut donc prendre les informations à l'avance sur leur état physique pour préparer tour le monde. "On ne va pas demander la même charge de travail à Florent Malouda qu'à Thierry Henry", glisse Guy Stéphan avant de préciser: "Il faut tenir compte de la quantité de matches joués par les joueurs, du nombre de minutes disputées tout au long de l'année. Et surtout, ce qu'ils ont fait dans les deux derniers mois. Il faut avoir eu un dialogue permanent avec les entraîneurs des clubs où évoluent tous les joueurs". Il avoue toutefois ne pas avoir connaissance de contacts à l'OM avec Domenech.


CONSERVER DE LA FRAÎCHEUR : L'EXEMPLE MALOUDA


La saison a été longue et usante. Pour certains, les matches se sont accumulés à travers l'Europe. Florent Malouda, par exemple, a enchaîné 57 rencontres toutes compétitions confondues lors de l'exercice 2009-2010 avec les Blues de Chelsea et les Bleus de l'équipe de France. Comment permettre à ces joueurs d'arriver frais dans seulement trois semaines ? Pour Guy Stéphan, ce n'est pas un souci. "Dans un premier temps, ce type de joueur doit surtout récupérer et faire des activités d'entretien. Ensuite, tout doit être axé sur l'explosivité et sur des efforts brefs et intenses", explique le technicien, qui prévient toutefois : "Avec les joueurs qui ont dépassé 50 matches dans l'année, il y a un risque de subir un contrecoup. C'est important d'avoir un travail individualisé et modéré par rapport aux matches amicaux et surtout, par rapport à l'ouverture de la Coupe du monde". Concernant des éléments comme Malouda, qui ont terminé leur saison en trombe, l'adjoint de Didier Deschamps se montre très optimiste : "Malouda a déjà la fraîcheur. Il faut surtout qu'il la garde".


BOOSTER LES INCERTAINS : HENRY-GALLAS, CAS "PLUS COMPLIQUES"


Le cas de Thierry Henry laisse beaucoup de questions en suspens. L'ancien attaquant des Gunners a rongé son frein sur le banc du FC Barcelone dans cette seconde partie du championnat. Très peu utilisé par Pep Guardiola, le Français peut-il être au top en Afrique du Sud ? C'est possible mais son cas est "un peu plus compliqué", glisse Stéphan. "Si tout le monde connait le nombre de minutes qu'il a jouées, on connait moins le contenu de ses séquences d'entraînement. Est-ce qu'il y a eu des séquences longues et intenses pour compenser son manque de temps de jeu ? C'est important pour mettre en place son programme individualisé. Mais le staff des Bleus doit le savoir." Autre cas épineux, celui de Williams Gallas. Et là, le technicien marseillais est moins optimiste : "Gallas fait une course contre-la-montre en ce moment pour cicatriser et guérir. Mais on saura s'il est vraiment guéri que lorsqu'il aura fait un match et quand il se sera livré à 100% et à des actions explosives. Le test sera le match." Domenech l'a dit à sa façon mardi : "Ça tient ou ça casse".


TROIS MATCHES, CA SUFFIT ?


Oui, répond Guy Stéphan avant les rencontres face au Costa Rica (le 26), la Tunisie (le 30) et la Chine (le 4 juin). "Trois matches, c'est cohérent. Il faut retrouver de la confiance. Mais il y a au moins 14 ou 15 joueurs qui ont l'habitude de jouer ensemble. Il y a déjà des automatismes. Ensuite, ce qui fait la différence c'est l'état d'esprit. Il faut aussi trouver des repères sur le plan collectif et travailler les coups de pied arrêtés." Pour le moment, ce dernier point n'est pas l'atout majeur des Bleus mais Stéphan ne s'en fait pas : "Sur le plan offensif, il faut un bon tireur comme Lucho à l'OM. Ça, la France en dispose avec Gourcuff ou d'autres. Et il y a une coordination à trouver entre celui qui frappe et ceux qui sont à l'arrivée", explique-t-il avant de conclure : "Il faut que l'équipe soit performante à partir du 11 juin et non pas le 11 juin." A Domenech de jouer.