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PSG : Di Maria n’est toujours pas le crack espéré

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Par Paul Giudici - Agence CReafeed|Ecrit pour TF1|2016-11-23T17:23:59.486Z, mis à jour 2016-11-23T17:24:03.881Z

Joueur doté d’une technique au-dessus de la moyenne et deuxième transfert le plus cher de l’histoire de la Ligue 1, Angel Di Maria peine à se montrer à la hauteur de l’investissement au PSG. Ce n’est pas la première fois de sa carrière.

Il aura fallu attendre la treizième journée de Championnat et la mi-novembre pour voir Angel Di Maria inscrire son premier but de la saison en Ligue 1 (2-0 contre Nantes). Le niveau moyen du joueur argentin du PSG se situe très loin des attentes qu’avait suscitées son arrivée à l’été 2015. Que ce soit avec le Paris-SG ou avec sa sélection, l’Argentin n’a marqué qu’à trois reprises depuis le début de l’exercice 2016-17. Cette inconstance, tenace depuis plusieurs mois, suscite le doute sur son statut de joueur de très haut niveau. “Il faut se poser une question, estime Safet Susic, ancienne idole du Parc des Princes (1982-1991). Pourquoi le Real Madrid l’a laissé partir ? Pourquoi Manchester l’a aussi laissé partir ? Peut-être qu’il lui manque quelque chose. Les grands clubs ne laissent pas partir les grands joueurs. C’est un grand joueur, oui. Un très grand ? A lui de le prouver.”

Lui n’y peut rien mais le prix de ses transferts parle à sa place. Tous mouvements cumulés, « El Fideo » - le spaghetti, pour sa maigreur - pèse 179 millions d’euros*. 63 rien que pour le dernier, de Manchester United au Paris-SG. Lors de sa présentation, en août 2015, Nasser Al-Khelaïfi semblait convaincu de détenir le top player capable de faire passer un nouveau cap au club en Ligue des champions. “C'est une journée historique, s’enthousiasmait le président parisien. Une nouvelle fois, le Paris Saint-Germain, en recrutant Angel Di Maria, prouve ses grandes ambitions et son envie d'aller toujours plus haut.” L’Argentin affichait lui aussi toute sa détermination. “Je suis là pour apporter ce petit truc pour que le club dépasse les quarts de finale de la Ligue des champions.”


Le départ de Zlatan Ibrahimovic, cet été, à Manchester United devait le consacrer. Dans le secteur offensif du PSG, Di Maria est désormais la grande star de l’effectif. Cavani et Lucas n’ont jamais pleinement convaincu. Pastore, souvent blessé, reste trop intermittent. Jesé et Hatem Ben Arfa, débarqués cet été, n’ont pas son statut. Pourtant, l’ancien joueur du Benfica (2007-10) ne parvient pas à reproduire ses performances de la saison passée. “Il faut juste qu’il se pose quelques questions, assure Susic. Quand on essaye trop, qu’on abuse un peu trop, on commence à énerver ses coéquipiers, s’énerver soi-même et on perd la confiance.”

“A chaque fois il veut donner la dernière passe. C’est pour ça qu’il perd trop de ballons”

Ce fut le cas contre Marseille (0-0, le 23 octobre), où il a connu un déchet indécent dans son jeu de passes. L’Argentin avait perdu trente ballons. Boudeur lors de sa sortie à quinze minutes de la fin, il avait même été conspué par le public parisien. “A chaque fois il veut donner la dernière passe, explique le Bosnien. C’est pour ça qu’il perd trop de ballons. On ne peut pas en donner cinquante par match. Il veut être décisif trop rapidement. Il faut qu’il simplifie son jeu.”

Depuis l’arrivée d’Unai Emery à Paris, Di Maria jouit d’une confiance absolue de l’entraîneur espagnol. Jesé et Ben Arfa ne peuvent en dire autant. Avant le déplacement du PSG à Lille (1-0, le 28 octobre), l’ancien technicien du Séville FC avait cherché à protéger sa star, sans nier ses difficultés. “Je sais qu'Angel a besoin de retrouver la confiance. Je lui ai dit, je vais l'aider. Il y a deux chemins : soit on continue à jouer, soit on te met sur le banc pour te reposer, tranquille. Parfois, il est bon d'enlever un joueur des projecteurs. Ce sont deux possibilités.” Emery l’avait de nouveau titularisé le lendemain. Il l’avait cette fois repositionné à droite alors qu’il était cantonné à l’aile gauche depuis le début de la saison.


Ses difficultés actuelles ne peuvent se résumer à un passage de l’aile gauche à la droite, surtout chez un joueur habitué à beaucoup dézonner. Son compatriote et consultant pour beIN Sports, Omar Da Fonseca, estime lui que le départ d’Ibrahimovic, sur lequel il pouvait s’appuyer dans le jeu, le pénalise. “Avec Lucas et Cavani, vous avez deux joueurs de fuite, deux joueurs d’espace, avait-t-il avancé dans les colonnes de L’Équipe, le 25 octobre. Dans cette équipe, Di Maria est réduit à un rôle de passeur. (…) Angel est un joueur de grande action. Là, je ne sais pas ce qu’il a. Peut-être est-il frustré de jouer à gauche. Peut-être lui manque-t-il un complice.”

Ces passages à vide rappellent ceux connus en Angleterre. Après des débuts prometteurs, il avait peu à peu perdu son crédit auprès de Louis van Gaal à Manchester United. Le Néerlandais avait fini par lui préférer Ashley Young au milieu. Di Maria avait dépanné en pointe mais ne parvenait pas à se montrer décisif. Le 9 mars 2015 contre Arsenal (1-2), frustré d’avoir reçu un carton jaune pour simulation, il en était venu à agripper le maillot de l’arbitre avant de se faire expulser. L’Argentin avait terminé la saison avec seulement quatre buts en trente-deux rencontres disputées. Il fut même désigné pire recrue de l’année par le Telegraph.

Angel Di Maria : « J’ai songé à prendre ma retraite internationale »

Ces dernières semaines, Di Maria se montre plus régulier. Plus décisif. En témoignent ses deux passes décisives et son but lors des trois dernières journées. Mais l’impression laissée n’est pas encore celle escomptée. Le joueur qu’il était lors de ses six derniers mois au Real Madrid, en 2014, reste un souvenir. Repositionné dans un milieu à trois par Carlo Ancelotti, aux côtés de Khedira et de Modric, Di Maria avait été déterminant dans la conquête de la Decima (la dixième Ligue des champions). Notamment en finale contre l’Atlético de Madrid (4-1, a.p.). Par une accélération ou une passe, il était capable de changer le cours d’une rencontre.

Sur la lancée de cette fin de saison exceptionnelle avec Madrid, Di Maria avait brillé lors de la Coupe du monde au Brésil. Il avait réalisé son meilleur tournoi international avec l’Argentine. Son absence en finale, sur blessure, avait d’ailleurs été plus que préjudiciable à l’Albiceleste, battue par l’Allemagne (0-1, a.p.).

Depuis ? Comme en club, El Fideo n’a plus atteint ce niveau de jeu. Comme si ses six premiers mois de l’année 2014 donnaient l’impression d’un joueur en surrégime, incapable de maintenir sur la durée ce niveau de performance. Ses dernières sorties en sélection ne plaident pas pour lui. Après douze journées, l’Argentine n’est que cinquième de son groupe de qualification pour la Coupe du monde 2018. Seuls les quatre premiers se qualifient directement.

A l’instar de Lionel Messi, Di Maria a été marqué par la défaite contre le Chili en finale de la Copa America cet été (0-0, 2-4 aux t.a.b.). Tout comme le quintuple Ballon d’or – revenu depuis sur sa décision –, il avait confié au média argentin, TYC Sport, avoir envisagé de prendre sa retraite internationale après cette troisième finale perdue de rang avec son pays. “Ce sont des choses qui te passent par la tête, expliquait-il début octobre. Perdre une fois c’est une chose. Trois fois d’affilée, c’en est une autre. J’ai songé à prendre la même décision.” Comme au Paris-SG, Di Maria reste un titulaire indiscutable pour le sélectionneur Edgardo Bauza. Jusqu’à quand ? A vingt-huit ans, il a déjà écrit une grande partie de sa carrière. Pour l’instant, elle laisse un goût d’inachevé.


 (*) Selon le site Transfermarkt