PSG : Laurent Blanc, choix par défaut mais choix payant

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Par Emmanuel GUERIN|Ecrit pour TF1|2013-10-08T14:18:00.000Z, mis à jour 2013-10-09T08:50:16.000Z

L'arrivée de Laurent Blanc à Paris était loin de faire l'unanimité. Mais après quelques mois, le technicien français a renversé la vapeur. Un jeu de plus en plus fluide, des résultats probants... Blanc n'est pas un si mauvais choix.

Roberto Mancini, Fabio Capello, José Mourinho... Aucun n'aura finalement rejoint le Paris Saint-Germain cet été. Par défaut pour certains, par dépit pour les autres, le champion de France a misé sur Laurent Blanc. Un choix controversé, contesté. Lui ne s'est jamais offensé, conscient de l'opportunité qui lui était offerte. « Le fait de ne pas être le premier dans une liste, ce n'est pas bien grave. Quand j'étais joueur, j'étais rarement le premier sur une liste. Le plus important, c'est d'être choisi au final. Et quand c'est le cas, il faut penser au présent et à l'avenir », avait-il déclaré à la fin du mois de juin. Plus de trois mois après sa prise de fonctions, le travail de Laurent Blanc commence à payer. Le Paris Saint-Germain a étrillé Benfica (3-0) en milieu de semaine avant de remporter le Classico (1-2). Match après match, le Français remporte son pari et pourtant, c'était loin d'être gagné d'avance.

Blanc n'est pas le premier venu
A la déception générale, Laurent Blanc a été nommé entraîneur du Paris Saint-Germain à la fin du mois de juin. Les supporters franciliens ont vécu ça comme une régression, à croire que l'ancien sélectionneur tricolore n'était pas assez bien pour eux. Certes, Laurent Blanc n'a pas le palmarès de Carlo Ancelotti. Peu d'entraîneurs peuvent s'en vanter. Oui, l'Italien est un des plus grands techniciens du monde, oui il a remporté le championnat de France et a donné une autre dimension au PSG mais non, Laurent Blanc n'est pas un novice en la matière. Avec humilité, le coach français a accepté les critiques et a toujours su garder son rang. « Le métier d'entraîneur est difficile, il y a de la pression, il faut l'accepter. Le faire au PSG, c'est encore plus difficile. C'est difficile pour tous les entraîneurs, en D1, en D2, même dans les clubs amateurs parce que les dirigeants vous mettent la pression. Mais on fait un beau métier », avait-il déclaré quelques jours après sa signature.

En 2009, ce n'est pas si loin, les Girondins de Bordeaux réalisaient le doublé (Championnat de France, Coupe de la Ligue). A cette époque, le jeu pratiqué par les Bordelais était loué, le talent de son entraîneur reconnu. Blanc avait d'ailleurs reçu le trophée UNFP du meilleur entraîneur de Ligue 1 dès sa première saison (2007/2008). Après trois années passées en Gironde, Laurent Blanc prenait la tête de la sélection tricolore. Un choix qui avait fait l'unanimité. Avec les Bleus, l'ancien défenseur a tenté d'apposer sa griffe, d'insuffler une nouvelle dynamique à l'équipe et surtout de produire du jeu, du beau jeu. De ce point de vue-là, il n'aura pas pleinement atteint son objectif mais dans les chiffres, le parcours de Laurent Blanc reste honorable (16v, 7n, 4d). Le désamour du public français envers l'EDF a écorné son image. Arrivé à la tête des Bleus avec l'étiquette du candidat idéal, c'est avec celle de second choix qu'il a signé à Paris cet été.

Possession de balle et spectacle
Pas le mieux pour débuter. Mais encore une fois, Laurent Blanc ne s'est jamais affolé, pourtant conscient que sa marge d'erreur était réduite. « Mon ambition est de faire au moins aussi bien que l'année dernière, gagner le championnat, essayer de gagner une des deux coupes nationales, et faire aussi bien ou mieux en Ligue des champions ». Voilà pour ses ambitions. Si le Paris Saint Germain a débuté la saison avec un titre (victoire 2-1 contre Bordeaux lors du Trophée des Champions), les premiers matches étaient plutôt synonymes de mauvais présages. En Ligue 1, les joueurs de Laurent Blanc ont enregistré deux résultats nuls (contre Montpellier et Ajaccio) avant de trouver leur rythme de croisière. Pour mémoire, le PSG version Carlo Ancelotti a démarré par trois matches sans victoire la saison passée. Depuis, Paris a remporté huit rencontres toutes compétitions confondues pour un seul résultat nul (un partout contre Monaco).

« Il faudra offrir du beau jeu avec beaucoup de buts, sans en prendre beaucoup, il faudra trouver un équilibre. Il y a du travail », expliquait Laurent Blanc au moment de son intronisation. Les premières rencontres, Paris a tâtonné, a acquis des victoires sans toujours être exemplaire mais la méthode Laurent Blanc commence à payer. Le technicien français a trouvé sa formule, un 4-3-3 avec Cavani sur l'aile droite et un Ibrahimovic très libre. « Laurent a apporté de la confiance à l'équipe. Il apprend encore à nous connaître mais il a déjà changé un peu le système de jeu avec ce milieu à trois. C'est quelqu'un qui nous laisse jouer plus librement sur le terrain ». Déclaration signée Zlatan Ibrahimovic. Avec Ancelotti, Paris procédait en contres, avec Blanc, l'équipe dirige le jeu. La démonstration face au Benfica en est la preuve (3-0). Ce n'était pas gagné mais le coach parisien semble avoir conquis tout le monde, à commencer par les joueurs. « Blanc, c'est le boss ». Ibra a parlé.