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Qu’est-ce que le mental ?

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Par Silvestro DE CARO|Ecrit pour TF1|2016-05-18T12:09:35.514Z, mis à jour 2016-05-18T12:20:31.954Z

Qu’ils gagnent ou qu’ils perdent, quasiment tous les entraîneurs évoquent le mental, à tort et à travers. Gilles Séro, expert en performance mentale, lève enfin le voile sur un terme souvent employé mais jamais compris.

« Avec lui, c'est un jeu mental, il adore manipuler », explique Zlatan Ibrahimovic à propos de José Mourinho. « Bielsa m'a fait progresser, beaucoup. Surtout sur le plan mental, il m'a poussé dans mes derniers retranchements et ça m'aide aujourd'hui », raconte Mario Lemina au sujet de Marcelo Bielsa sur RMC. « Lacazette a démontré sa capacité mentale à surmonter ce passage à vide » justifie Jean-Michel Aulas à beIN Sports. « Nous allons à Grenade plein de motivation. Nous devons être forts mentalement » commentait Luis Suarez.

Dans le monde du football, le mental est invoqué pour justifier une défaite, une victoire, un état d’esprit, un moment de forme ou de méforme. Le mental est aujourd’hui devenu un terme fourre-tout, utilisé à foison dans des situations variées, comme pour justifier le manque d’explications autour d’un phénomène que l’on ne parviendrait  pas à cerner. Dans son livre, Gagner, 1er sinon rien, Gilles Séro, préparateur mentale affilié à plusieurs clubs de Ligue 1, explique la définition du mental et son importance pour un sportif de haut niveau.

« La gestion de l’incertitude »

Au milieu du marasme ambiant, Gilles Séro propose une définition simple du mental : « Le mental, c’est la gestion de l’incertitude. » Pour l’exploiter au maximum et tirer les meilleures performances d’un joueur, d’un entraîneur ou d’un commercial, Gilles Séro a développé une méthode appelée GS Performance, un outil qui se veut concret et pragmatique. Il en définit tous les contours dans son livre, préfacé par Mikaël Silvestre.

La culture de la gagne

Gilles Séro définit la culture de la gagne comme « la mise en œuvre de tous les moyens pour être performants. » La culture de la gagne, « c’est être fort mentalement, c’est être un compétiteur, c’est se préparer, c’est être acteur de ses performances, c’est analyser ses actions, c’est s’entraîner, c’est se fixer des objectifs. » Le mental joue alors un rôle primordial. Il est notamment à l’origine de la confiance : « La confiance est une conséquence de la construction de son mental. »

Accepter la défaite

Pour minimiser les incertitudes, il est important pour un sportif de se connaitre, d’en savoir plus sur ses points forts et de découvrir ses points faibles. Gilles Séro explique : « La connaissance de soi-même est le premier levier de la performance. » Pour ce faire, le dialogue avec autrui est recommandé.

Afin d’être fort mentalement, passer par la case défaite peut être nécessaire : « Tous les ‘grands’ d’aujourd’hui ont perdu hier… » Accepter la défaite est donc une condition de la réussite : « Ceux qui, généralement, disent ne pas accepter la défaite, ont en réalité peur de perdre. Ceux qui acceptent la défaite peuvent tout mettre en œuvre pour gagner, puisqu’ils sont ‘ibérés’ de cette peur… » La défaite peut même être à l’origine d’une prise de conscience des axes d’amélioration : « Vous perdez ? Recommencez, mais pas avec les mêmes armes. Augmentez la qualité de votre travail, préparez mieux, renforcez votre exigence… »

Le résultat n’est pas la finalité

Dans le football, beaucoup d’entraîneurs et de dirigeants se trompent dans leurs objectifs, explique Gilles Séro. Gagner n’est pas un objectif mais une conséquence. Appliquer les consignes transmises aux entraînements, développer son jeu, évoluer au maximum de ses capacités sont des objectifs. L’objectif de performance doit alors primer sur l’objectif de résultat : « Le résultat est un indicateur : il valide ou pas votre travail. Mais ce n’est pas parce que le résultat n’est pas momentanément présent qu’il faut nécessairement tout remettre en cause. »

L’entraînement, le secret de la réussite

« La progression et l’optimisation commencent d’abord par l’entraînement. L’entraînement est la clé de voûte de la réussite », explique Gilles Séro. En amont du match, les entraîneurs doivent réduire les incertitudes. En pleine rencontre, ils doivent appliquer leur plan de jeu : « Dans l’action, soyez concentrés sur votre rôle et les actions à mettre en œuvre pour répondre efficacement aux situations proposées : prise d’information, détermination dans les duels, communication, être en appui… » Après, ils analysent : « N’analysez pas en fonction du résultat. Analysez constamment. L’analyse est une étape qui s’inscrit pleinement dans le processus de haut niveau. » Toutes ces étapes induisent une bonne préparation : « L’important est d’être prêt à l’heure, ni trop tôt, ni trop tard. »

Comment durer ?

Peu de footballeurs parviennent à s’exprimer au plus haut niveau durant des années. Cristiano Ronaldo et Lionel Messi sont de véritables extraterrestres. « Le haut niveau est une routine. C’est avoir la capacité de s’exprimer dans l’instant présent » explique Gilles Séro. Comment perdurer alors ? « Allez chercher votre motivation dans autre chose que le résultat », comme dans le désir de progresser, de se mesurer aux autres ou d’optimiser ses qualités. «La capacité à se déconnecter est un outil de performance. » Pour durer, un sportif peut donc varier ses centres d’intérêt.

Par sa propre connaissance, un entraînement bien rodé, une analyse fine et de bons objectifs, un sportif de haut niveau peut se préparer mentalement à gagner. En parallèle, il ne doit pas non plus oublier les autres aspects nécessaires à sa discipline. Un mental seul sans physique, technique et tactique est inutile.

Vous pouvez retrouver le livre de Gilles Séro en cliquant ici. Son blog est disponible à cette adresse.