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Real Madrid : Les secrets de la Maison Blanche

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Par Laurent TITY|Ecrit pour TF1|2013-10-10T11:44:00.000Z, mis à jour 2013-10-10T16:31:08.000Z

Le Real Madrid est une institution telle qu'il n'est pas toujours évident de comprendre tous les rouages de son fonctionnement. Cette saison, le club Merengue a de plus connu certains changements d'importance. Telefoot.fr décrypte pour vous les secrets de la Maison Blanche.

Elu meilleur club du XXe siècle par la FIFA, le Real Madrid évolue toujours au plus haut niveau. Economiquement et sportivement, la Maison Blanche est une machine ultra performante, un rouleau-compresseur qui s'est remarquablement adapté à l'évolution du football. Le club Merengue est presque devenu un petit Etat dans l'Etat, où la politique interfère avec le sportif et les finances. Les socios, la gestion des cas Benzema ou Casillas, l'arrivée d'Ancelotti, l'achat de Bale, la prolongation de Ronaldo, la réflexion autour du recrutement, tout est lié. Focus sur les dossiers brûlants d'un club pas comme les autres.

La gestion des ego
En ce début de saison 2013-2014, le Real Madrid se trouve confronté à des problèmes de gestion d'effectif que les observateurs pensaient réglés par les départs. La fin de la collaboration avec José Mourinho devait permettre à Iker Casillas de retrouver sa place de gardien numéro un, et le transfert de Gonzalo Higuain aurait dû faciliter l'épanouissement de Karim Benzema à la pointe de l'attaque. Mais rien ne s'est déroulé comme prévu.

Carlo Ancelotti, arrivé du PSG, a contre toute attente maintenu l'excellent Diego Lopez dans les cages madrilènes. Au détriment du capitaine emblématique du club, qui a connu sa première titularisation à Bernabeu depuis huit mois lors de la deuxième journée de Ligue des champions contre Copenhague. Un camouflet immense pour « San Iker ». Et alors que cette situation intenable pour le portier de la Roja a tout pour déboucher sur un conflit ouvert entre lui et le club, rien ne se passe. L'émission de foot espagnole Punto Pelota a apporté une explication à ce calme étonnant. Florentino Pérez a passé un accord secret avec Iker Casillas. Le président du Real Madrid aurait ainsi promis au gardien de faciliter son départ si ce dernier ne supportait plus cette mise en concurrence. En échange, pas de vague.

En ce qui concerne Karim Benzema, il s'agit moins ici d'un choix de l'entraîneur que d'une crise de confiance. Celle du Français devant le but, qui aboutit justement à la perte de confiance des supporters envers l'attaquant du Real Madrid. Plutôt que de libérer l'ancien Lyonnais, le départ de Gonzalo Higuain a rajouté une pression immense sur ses épaules. Même certains coéquipiers de l'international tricolore le critiquent ouvertement, lui reprochant en gros ne pas « mouiller le maillot ». A l'instar de Pepe lors du match contre Levante. Cette incroyable altercation a d'ailleurs débouché sur une nouvelle explication de texte au sein du vestiaire madrilène. Sergio Ramos et Sami Khedira ont en effet vertement réprimandé le défenseur portugais, ce dernier étant obligé de présenter ses excuses à Benzema.

Le Real Madrid côté éco
L'entrée en vigueur du fair-play financier n'aurait-elle pas dû empêcher la transaction la plus chère de l'été, et peut-être de l'histoire du football ? L'achat de Gareth Bale pour une centaine de millions d'euros (au moins 91M€) par un club endetté à près de 600 millions d'euros a de quoi surprendre, voire choquer. Mais tout cela s'explique parfaitement, d'un point de vue économique.

Quand le Real Madrid accepte de débourser une somme approchant les 100 millions d'euros pour recruter Gareth Bale, sans même parler du salaire versé au meilleur joueur de Premier League (au moins 13M€/an), c'est un investissement. Donc une opération censée devenir rentable à terme. L'international Gallois a par exemple accepté de céder au club 50% de ses revenus liés à ses contrats commerciaux durant les six années de son bail avec le Real. Le recrutement de la star de Tottenham permet également à la Maison Blanche d'augmenter son attractivité auprès du marché britannique et anglo-saxon. Avant même que Gareth Bale ne paraphe son contrat, le Real Madrid avait déjà vendu 40 000 maillots floqués à son nom.

D'autre part, la rentabilité potentielle de Gareth Bale n'était même pas une condition sine qua non pour cette transaction. Rappelons qu'avec le fair-play financier, l'UEFA demande aux clubs de présenter des comptes équilibrés sur les trois prochaines saisons. En clair, les dépenses ne doivent pas excéder les revenus. Hors, si le Real Madrid possède effectivement une dette estimée à 590 millions d'euros en 2012, il s'agit en fait d'anciennes dettes. Le club espagnol gagne de l'argent et déclare des profits chaque année. La Maison Blanche est endettée, mais pas en déficit, bien au contraire. Sur l'exercice 2011-2012, le Real Madrid a annoncé avoir dégagé un bénéfice net de 24,2 millions d'euros, en hausse de 7%. La saison passée, les revenus du club ont atteint la somme record 512,6 millions d'euros. Des revenus qui permettent à l'évidence de couvrir largement les dépenses pharaoniques des Merengue en recrutement de joueurs et en salaires.

Sur les plans économique et sportif, le Real Madrid mène donc sa barque avec pragmatisme. La récente prolongation de contrat de Cristiano Ronaldo démontre une politique pensée sur le long terme, tout comme la confiance accordée à Carlo Ancelotti. Cette capacité à gérer les états d'âme de joueurs ou supporters et la manière d'ériger l'institution club au-dessus de tout est la marque des grands. Dans ce domaine, la Maison Blanche n'a de leçon à recevoir de personne.