Rendez-vous le 23 juillet

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Rendez-vous le 23 juillet
Par Cédric Rouquette|Ecrit pour TF1|2010-07-02T16:15:01.000Z, mis à jour 2010-07-02T16:15:01.000Z

Le monde pro et le monde amateur vont passer trois semaines, jusqu'au 23 juillet, à discuter de l'avenir de la FFF, et d'un successeur au moins intérimaire à Jean-Pierre Escalettes. Si leurs positions étaient vraiment réconciliables, ils l'auraient trouvé ce 2e juillet.

Pas de démission en bloc. Pas de démission partielle. Pas même la démission du président Jean-Pierre Escalettes, annoncée lundi et finalement repoussée au 23 juillet. Le conseil fédéral de crise de la FFF, réuni de façon exceptionnelle à Paris, vendredi, a décidé de ne rien décider avant trois semaines. Cela ne veut pas dire qu'il a acté un consensus mou. Cela signifie surtout qu'il a voulu éviter le clash monumental entre pros et amateurs qui couvait ces derniers jours sur l'avenir immédiat de la politique fédérale. A en croire Jean-Pierre Escalettes, Fernand Duchaussoy et Frédéric Thiriez, qui ont pris la parole à la mi-journée, les murs ont entendu des choses assez franches et désagréables pour débriefer le fiasco de la Coupe du Monde 2010. Celui des résultats bien sûr. Celui de la grève des joueurs, surtout. "Une honte" aux yeux du monde selon le président sortant. Mais la réunion a surtout acté que rien ne pouvait être décidé aujourd'hui sans froisser un camp dans des proportions irréversibles.


Le conflit d'intérêt entre les amateurs et les pros est au coeur de la décision attentiste prise vendredi. Il est central dans tous les conciliabules qui vont avoir lieu pendant trois semaines, date à laquelle un président intérimaire sera normalement désigné autour d'un programme commun dont le contour est, à cette heure, parfaitement flou. "Nous chercherons à nous mettre d'accord sur un programme extrêmement ambitieux" a dit Thiriez... peu après que Fernand Duchaussoy eut exprimé que la gouvernance de l'équipe de France était le seul bug répertorié à ce jour.


Mariage de raison


S'ils n'obtiennent pas ce qu'il faut bien appeler des concessions par rapport au modèle associatif, la LFP et les pros, qui misaient sur une démission collective du conseil fédéral dès vendredi, passeront seuls à l'action le 23 juillet avec une démission unilatérale qui placerait la FFF dans l'impasse. Cette démission générale, les amateurs la refusent au titre de tout ce que le conseil fédéral doit régler comme affaires courantes, entre autres la désignation des arbitres de L1 et L2 à venir. Navrés du niveau de l'équipe de France, mais aussi celui de l'arbitrage, justement, les pros entendent obtenir des amateurs de profondes concessions. "On a parlé d'OPA ? C'est une offre publique d'Amélioration" nuance Thiriez.


Trois semaines, c'est beaucoup, et peu à la fois pour prolonger à la force du poignet le "mariage de raison" entre pros et amateurs qui gouvernent le football français. Il suffit de décrypter quelques-unes des petites phrases prononcées dans l'auditorium pour comprendre que tout le monde ne parle pas de la même chose dans ce gouvernement de 21 personnes. "Être président, c'est un exercice de funambule, a constaté Escalettes en forme d'au-revoir. Faire vivre ensemble des gens qui ont des intérêts divergents n'est pas chose aisée. Fournet-Fayard a été confronté à ça. Simonet aussi. Mon successeur aura le même problème." Si seulement les membres du conseil, au point où ils en sont, sont capables d'en désigner un.