"La risée du monde"

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'La risée du monde'
Par Cedric ROUQUETTE (avec AFP)|Ecrit pour TF1|2010-06-21T09:15:03.000Z, mis à jour 2010-06-21T09:15:03.000Z

Les dirigeants fédéraux et les hommes politiques français ont rivalisé de petites phrases pour dire leur consternation après la grève décidée par les Bleus dimanche. "Nous sommes la risée du monde", selon Aimé Jacquet. La FFF, accablée, a dû présenter ses excuses.

"Nous sommes la risée du monde". Aimé Jacquet, douze ans après son titre de champion du monde, sait encore trouver les mots justes. Après la mutinerie des Bleus, qui ont refusé de s'entraîner dimanche en soutien de Nicolas Anelka, l'ancien DTN a résumé en une formule tout ce que la France ressent face à ce spectacle accablant. "Je n'arrive même pas à comprendre pourquoi : il reste un troisième match, avec peut-être une qualification, on ne sait jamais, et les joueurs partent dans des situations à l'envers de tout ce qu'on peut imaginer, a réagi l'ex-sélectionneur sur Canal+. Je n'ai pas de mots. On a touché le fond. Les joueurs ne s'aperçoivent pas qu'il y a une Coupe du Monde. C'est formidable, une Coupe du Monde..."


Les mots, les dirigeants fédéraux et les politiques les ont collectionnés sans lésiner sur les adjectifs, dimanche, avec une remarquable unanimité entre Paris et Knysna. La famille fédérale, évidemment, ne peut plus soutenir ses plus illustres représentants. Le vice-président de la FFF Noël Le Graët s'est dit "consterné". Même vocabulaire pour son patron Jean-Pierre Escalettes, qui a "pris acte avec consternation" du communiqué des joueurs. Le mouvement ? "Inacceptable". Le comportement ? "Inadmissible". Escalettes n'a pu que "(présenter) ses excuses pour le comportement inadmissible des joueurs représentants notre pays". Il a abouti à la démission immédiate du chef de la délégation tricolore, Jean-Louis Valentin.

"Navrant", "scandaleux", "lamentable", "consternant"


Pour les hommes politiques de ce pays, que l'image de la France soit piétinée constitue bien le plus gros des problèmes. "Navrant", "scandaleux", "lamentable", "consternant" : la pluie de critiques a été unanime. "Le match, les insultes, cette ambiance de décomposition, tout cela est révoltant", a déclaré François Bayrou (MoDem) au Parisien. "Je suis comme tout le monde navré par ce spectacle pitoyable", a lâché le ministre du Travail, Eric Woerth, amateur déclaré de football. Bernard Kouchner, aux Affaires étrangères, voit dans ce feuilleton "une caricature de la France", "vraiment un feuilleton épouvantable". "Je ne veux pas que la France ressemble à notre équipe de football", a dit l'ex-Premier ministre Dominique de Villepin.


"En ce moment, l'heure n'est pas à tirer des bilans, mais elle viendra très vite", a menacé la ministre des Sports Roselyne Bachelot au 20 heures de TF1. L'UMP Dominique Paillé, avec la FFF dans le viseur, dit espérer "que les responsables qui ont conduit à ce qui est aujourd'hui un fiasco sachent en tirer les conclusions eux-mêmes, c'est une question d'honneur". Valérie Pécresse, ministre de l'Enseignement supérieur, a insisté sur la grossièreté du fait générateur de la crise : "Comment voulez-vous que des jeunes respectent leurs professeurs s'ils voient Anelka insulter l'entraîneur?". Surtout si le prof en question vient assumer en personne la rébellion des élèves, convaincus qu'un des leurs avait le droit légitime de se comporter ainsi sans être sanctionné.