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La Roja un peu pâle

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La Roja un peu pâle
Par Vincent BREGEVIN|Ecrit pour TF1|2010-06-29T22:30:03.000Z, mis à jour 2010-06-29T22:30:03.000Z

L'Espagne suscite quelques questions avant son huitième de finale face au redoutable Portugal mardi (20h30). Si la Roja a franchi le premier tour sans trop de difficultés, elle ne paraît pas forcément aussi souveraine dans le jeu qu'à l'Euro 2008. Le système de Del Bosque fait débat.

Face au Portugal, l'Espagne rentre définitivement dans le vif du sujet. Annoncés favoris de la Coupe du monde 2010 avec le Brésil, les Espagnols sont opposés à un adversaire coriace dès les huitièmes de finale. Sur le papier, la Roja part légèrement favorite. Sur le terrain, elle parait cependant moins souveraine qu'il y a deux ans. Si elle a finalement passé le premier tour sans encombre, en dépit de sa défaite inaugurale face à la Suisse (1-0), la formation de Vicente del Bosque n'a pas forcément convaincu depuis le début du tournoi.


Luis Aragones, prédécesseur de Del Bosque, se dit même pessimiste avant le rendez-vous face au voisin portugais. "Le moral des supporters est très bon, mais je ne suis pas très optimiste avant ce match, a-t-il affirmé lundi dans les colonnes du quotidien Marca. La vertu de l'Espagne est indéniablement la possession du ballon. Mais si le Portugal réussit à le conserver, il va prendre une option pour gagner avec une certaine facilité. Le Portugal est une grande équipe, quasi-parfaite défensivement. C'est une sélection sur laquelle il faut compter dans cette compétition". Des paroles qui ne surprennent pas compte tenu des critiques lancées par Aragones envers la Roja après le revers contre la Suisse. Les mauvaises langues diront qu'il ne souhaite pas voir l'Espagne remporter un titre avec un autre sélectionneur...


Le système ou les hommes ?


Ce serait vrai s'il était le seul à s'interroger sur le jeu de la Roja, qui suscite pas mal de questions en Espagne. En 2008, Aragones s'appuyait sur un seul milieu défensif (Senna) derrière trois créateurs (Silva, Xavi, Iniesta) et deux pointes (Villa et Torres). Del Bosque associe Xavi à deux récupérateurs, deux attaquants excentrés et seulement une pointe. Sur la péninsule, ce changement fait débat. Del Bosque l'accepte, mais il défend ses choix. "Quand on me dit que je joue avec deux milieux défensifs, ce n'est pas vrai. Parce que Xabi Alonso est le deuxième buteur de la sélection depuis que je l'entraine et que Busquets est, pour moi, un joueur au profil plus offensif que défensif. Quand on me dit que Xavi ne joue pas à son poste, je ne crois pas. Il joue comme à Barcelone, et c'est le dernier que je ne ferais pas jouer à son poste", a insisté l'ancien entraineur du Real.


Le changement de système n'est probablement pas le centre du débat. L'Espagne de Del Bosque a d'ailleurs largement convaincu lors des qualifications avec le même schéma. Le doute vient aussi des individualités. Fernando Torres, indispensable en 2008, peine à retrouver son niveau après avoir été opéré à un genou en fin de saison. Andres Iniesta, capital dans le schéma d'Aragones à l'Euro, collectionne les petits pépins physiques. Del Bosque se doit de le gérer. Ces deux joueurs sont indispensables, et le fait qu'ils soient diminués explique aussi pourquoi la Roja parait moins conquérante en attaque malgré David Villa, véritable artisan de la qualification pour le deuxième tour. Un nouveau tournoi commence pour le champion d'Europe. Si les certitudes paraissent mois grandes qu'avant le début du Mondial, ça peut aussi être un mal pour un bien. Mais face au Portugal et sa défense de fer, le champion d'Europe aura besoin de retrouver sa force de frappe offensive.