Ronaldinho, les grands joueurs ne meurent jamais !

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Par Emmanuel GUERIN|Ecrit pour TF1|2013-07-26T13:40:00.000Z, mis à jour 2013-07-26T14:33:27.000Z

Tantôt magique, tantôt décevant, Ronaldinho n'aura laissé personne insensible. Le Brésilien a tout gagné, que ce soit à titre personnel ou collectif. A coup de dribles chaloupés, Ronnie a construit sa légende.

Depuis le début de sa carrière, Ronaldo de Assis Moreira est affublé du sobriquet de Ronaldinho voire Ronnie. Son vrai nom, Ronaldo, était déjà légendaire, il a rendu son surnom tout aussi reconnu. Des plages du Brésil aux plus belles pelouses d'Europe, le joueur aujourd'hui âgé de 33 ans a remporté presque tous les titres dont un footballeur peut rêver. Dernier titre en date, la Copa Libertadores remportée dans la nuit de mercredi à jeudi face à l'Olimpia Asuncion.

Naissance d'un prodige
L'enfance de Ronaldinho est marquée par une tragédie, la mort de son père alors qu'il n'est âgé que de 8 ans. Le jeune Ronnie prend alors son frère pour modèle, une modèle qui pratique bien évidemment le football. « Mon frère est un vrai héros pour moi. C'est un exemple, que ce soit en tant que père, frère ou footballeur ». Des salles de sports brésiliennes aux terrains de foot extérieurs, Ronaldinho progresse, étonne et gravit les échelons. Son départ, à seulement 13 ans, pour le FC Sion n'est pas une réussite. Il revient donc au pays et plus précisément au Gremio. Le joueur est un surdoué, cela ne fait aucun doute.

En février 1997, le club brésilien lui fait signer son premier contrat professionnel, un aboutissement. L'attaquant auriverde fait parler toute sa classe et devient un titulaire indiscutable lors de la saison 1999. Ronnie est déjà un artiste mais il sait également marquer. En témoigne ses 15 buts en 14 matches lors du Championnat du Rio Grande do Sul que son équipe remporte. L'appel des clubs européens commence à devenir incessant et c'est le Paris Saint-Germain qui obtient la signature du joueur en avril 2001.

De Paris à Barcelone
Ronaldinho arrive en France en tant qu'inconnu mais avec l'étiquette d'un futur très grand joueur. Ses passements de jambes, ses accélérations et sa classe ne tardent pas à convaincre les supporters parisiens de son talent. Les résultats de son équipe ne suivent guère et le club parisien termine le championnat à la quatrième place. L'été arrive et Ronaldinho s'envole avec sa sélection pour disputer la Coupe du Monde en Corée et au Japon. Le Brésil est sacré, Ronnie titré. En un an, l'espoir brésilien est devenu une star, le PSG retrouve son joueur avec un nouveau statut mais les relations avec son entraîneur, Luis Fernandez, sont houleuses.

Son entraîneur n'hésite pas à le laisser sur le banc lorsqu'il juge cela nécessaire. Ronaldinho n'apprécie guère, lui qui a besoin d'être sur un terrain pour s'amuser. L'heure du départ arrive au terme de la saison 2003 et le Brésilien s'envole pour Barcelone. Annoncé avec insistance du côté de Manchester United, Ronnie opte finalement pour le Barça et marche sur les traces de ses illustres aînés : Romario, Ronaldo ou Rivaldo. Le club catalan débourse 27 millions pour s'offrir ses services, il ne le regrettera pas.



L'apogée barcelonais
A Barcelone, Ronaldinho fait ce qu'il fait de mieux : jouer, dribler, s'amuser (avec les défenseurs). Sa gestuelle en fait rapidement l'une des idoles du public, ses performances replacent le Barça au premier plan européen. Logiquement, les récompenses individuelles commencent à pleuvoir, il est désigné meilleur joueur FIFA et meilleur joueur étranger de la Liga en 2004. Il poursuit sur sa lancée la saison suivante et permet à son équipe de remporter la Liga, son premier grand titre collectif. Ronaldinho est adulé, il est devenu le plus grand footballeur du monde et remporte le Ballon d'Or.

Le point culminant de sa carrière en club arrive la saison suivante. Le Barça remporte un nouveau championnat mais surtout, les Blaugranas inscrivent pour la deuxième fois de leur histoire leur nom au palmarès de la Ligue des Champions. En finale, ils dominent les Gunners de son futur coéquipier, Thierry Henry (2-1). La Coupe du Monde en Allemagne est moins heureuse et la Seleçao est éliminée par la France en quart de finale après un but du même Thierry Henry. Surtout, les performances de Ronnie avec la sélection auriverde sont pointées du doigt. Le début des critiques.

Sorties, fêtes et prise de poids
Car Ronaldinho traverse une période trouble après le sacre de son équipe dans la plus prestigieuse des compétitions. Le Barça termine deuxième du championnat, derrière le rival madrilène, en 2007. Le Brésilien inscrit 21 buts mais son influence sur le jeu commence à décliner. La saison suivante confirme cette tendance. Ronaldinho, adepte comme de nombreux brésiliens, des sorties nocturnes et de la fête en générale n'est plus aussi affûté. La technique est toujours là mais son accélération n'est pas la même. La saison 2007/2008 des quatre fantastiques (Ronnie, Henry, Eto'o et Messi) est un véritable échec. Pep Guardiola, un ancien joueur du club, prend la tête de l'équipe première durant l'été.

L'une de ses premières décisions : se séparer du Brésilien et tourner la page de l'ère Ronaldinho. Le Milan AC débourse 21 millions d'euros pour s'offrir ses services. Malgré quelques coups d'éclat et des gestes dont lui seul a le secret, Ronnie n'est plus que l'ombre du joueur qu'il était. Mais après une première saison difficile, le Brésilien retrouve de l'influence, ses performances lui permettent d'obtenir le Golden Boot qui récompense le meilleur joueur de plus de 29 ans. Ronnie semble être de retour, plus comme passeur que comme provocateur, mais son penchant prononcé pour les fêtes nocturnes lui jouent encore des tours.

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Retour aux sources
En janvier 2011, Ronaldinho retourne sur sa terre natale. Il signe un contrat de trois saisons et demie avec le club de Flamengo. Beaucoup l'enterrent, Ronnie prouvera qu'il peut, encore, renaître de ses cendres. Le Brésilien réalise de belles performances dans le championnat de ses débuts mais sa relation avec le club est tendue. Il résilie son contrat en mai 2012 à cause de nombreux mois de salaires impayés. Il s'engage avec l'Atlético Mineiro et ne tarde pas à faire taire ses nombreux détracteurs. Il réalise de très belles performances et inscrit des buts qui rappellent ses plus belles heures.

Dans son sillage, son équipe brille en Copa Libertadores et remporte la compétition face à l'Olimpia Asuncion (0-2 ; 2-0, 4 tab à 3). Ronaldinho écrit une nouvelle ligne à son palmarès, un message envoyé à ceux qui le critiquaient. « Je suis retourné au Brésil pour ça, gagner la Copa Libertadores. C'était le titre qui me manquait. Tout le monde disait que j'étais fini, et que j'arrivais dans une équipe de renégats. Ils peuvent toujours parler maintenant », a-t-il lancé au terme de la partie. Ronaldinho a tout remporté, individuellement, collectivement. Pourtant, sa carrière sonne comme un gâchis tant il était exceptionnel. Fait de hauts et de bas, son parcours professionnel n'aura laissé aucun amateur de foot indifférent. Après tout, c'est ça être un grand joueur.

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