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Domenech: 'Tous frustrés'
Par Olivier d'ARIES|Ecrit pour TF1|2009-09-08T07:42:00.000Z, mis à jour 2009-09-08T07:42:00.000Z

Si Thierry Henry a tenté de calmer le jeu, Raymond Domenech est toujours dans la tourmente avant de se rendre en Serbie, mercredi. Accablé par les critiques, il pourrait même perdre son poste en cas de défaite, voire de match nul, à Belgrade. L'atmosphère devient étouffante chez les Bleus...

S'il y a bien un point commun à chaque match des Bleus, c'est bien celui-là. Depuis des mois, Raymond Domenech concentre sur lui toutes les critiques et les rancoeurs. Alors que l'équipe de France vient de réaliser un de ses meilleurs matches depuis des lustres face à la Roumanie, malheureusement soldé par un résultat nul (1-1) qui la destine sans doute à disputer les barrages, son sélectionneur est une nouvelle fois au coeur de la tourmente. Lundi, Le Parisien affirmait ainsi que Thierry Henry l'avait personnellement pris à partie à la veille de France-Roumanie (1-1), devant tout le groupe et l'encadrement : "On ne sait pas comment jouer, où se situer, comment s'organiser. On ne sait pas quoi faire. On n'a aucun style, aucune idée directrice, aucune identité".


Pour éteindre l'incendie, le capitaine des Bleus est venu en mission commandée sur le plateau de TF1. "Vendredi soir, il ne s'est rien passé, a expliqué Henry. Il y a eu une discussion comme il peut y en avoir souvent entre le groupe et un entraîneur. C'était une discussion plutôt constructive (...) qui doit rester entre le coach et le groupe. Je n'ai pas remis en cause les qualités du coach. Il n'y a pas eu, comme on me l'a fait dire, de clash". De son côté, Raymond Domenech a voulu faire savoir sur le site internet de la FFF que "l'ambiance est super" au sein du groupe. "Avec ce qu'on vit, les débats, les discussions, les à côté de la vie du footballeur, ça met une ambiance exceptionnelle" , a-t-il affirmé.


Henry : "Il n'y a pas eu de clash"


Qu'il soit vérité, mensonge ou exagération, cet incident est en tout cas venu relancer le débat sur le sélectionneur. Car les soutiens à ce dernier s'amenuisent à vue d'oeil. Après le public, qui accompagne désormais chacune de ses apparitions d'une bordée de sifflets, ce sont les joueurs qui semblent lâcher le patron des Bleus. Même si elle a été déformée, il y a bien eu explication vendredi à Clairefontaine. Outre Thierry Henry, Nicolas Anelka et William Gallas auraient également pris la parole. Domenech se serait même réjoui de cette réaction. A l'extérieur, la génération de 98 se déchaîne, à l'instar d'Emmanuel Petit ou Robert Pires. Lundi, Christophe Dugarry a ainsi estimé que "Domenech fait tout pour se protéger lui-même à travers des déclarations incompréhensibles".


Finalement, Raymond Domenech semble bénéficier d'un seul soutien indéfectible : celui de Jean-Pierre Escalettes. Le président de la FFF, lui aussi entraîné dans la tourmente, ne cesse de répéter que le sélectionneur "n'est pas menacé". "Le conseil fédéral a pris une décision qui n'a pas été admise par tout le monde mais il l'assume et l'assumera jusqu'au bout, a-t-il encore affirmé lundi soir sur Direct 8 en référence au maintien en poste de Domenech après l'échec de l'Euro 2008. On n'a pas dit à Domenech par quelle porte il devait passer. S'il faut passer par la petite porte, on passera par la petite porte. Mais on passera" . Sous-entendu : l'objectif reste la qualification. Et seulement la qualification. "Quel que soit le scénario en Serbie", précise-t-il.


Terminus après la Serbie ?


Pourtant, selon L'Equipe, Raymond Domenech jouerait gros à Belgrade. L'ancien patron des Espoirs pourrait ainsi être démis de ses fonctions en cas de défaite, ou même de match nul, en Serbie. Au conseil fédéral, certains membres souhaiteraient en effet son départ et pousseraient ardemment dans ce sens. "Ce déplacement n'est finalement pas décisif. Gagner, faire match nul ou perdre ne modifie pas radicalement la suite de la compétition", affirmait pourtant Domenech, lundi. Une façon d'ignorer la pression ? Pour ses détracteurs, rien n'a changé en un an et il faut désormais des résultats. Seul le contenu du match face à la Roumanie a jeté le trouble.


Toujours est-il que les noms sur son éventuel successeur ne vont pas tarder à fleurir. On parle déjà d'un ticket Houllier-Boghossian qui serait chargé de qualifier les Bleus pour le Mondial 2010 avant de passer la main pour la phase finale. "C'est bidon", assure le DTN. Selon L'Equipe, si aucune décision n'était toutefois prise avant la réception des Féroé alors Raymond Domenech resterait en place jusqu'à l'éventuel barrage prévu les 14 et 18 novembre. Reste que, la veille d'un déplacement périlleux en Serbie, l'atmosphère est décidemment devenue irrespirable autour de Raymond Domenech et de l'équipe de France... Après tout, les Bleus sont toujours mathématiquement en course.