Souvenirsde Torshavn

Souvenirsde Torshavn
C'est la troisième fois depuis le début de l'ère Raymond Domenech que l'équipe de France pose ses valises aux Iles Féroé. Le moins que l'on puisse dire, c'est que les deux premiers voyages à Tórshavn sont restés dans les mémoires. Pour le meilleur et pour le pire...

LE JOUR OÙ DOMENECH A CHANGÉ


Raymond Domenech peut en témoigner. Il se passe toujours quelque chose aux Iles Féroé. C'est là-bas que l'actuel sélectionneur de l'équipe de France a dirigé son premier match officiel à l'extérieur. En cas de nul ou de défaite, cela aurait sans doute été le dernier. Son Chypre à lui. Quand les Bleus débarquent à Torshavn en septembre 2004 pour leur troisième match des éliminatoires de la Coupe du monde 2006, ils sont en plein doute après deux nuls au Stade de France face à l'Eire et Israël. Orpheline de plusieurs cadres, dont Zidane et Makelele, qui ont pris leur retraite internationale après l'Euro portugais, la France se cherche une âme. Mais aux Iles Féroé, elle est surtout venue chercher trois points. Elle ne demande pas plus. Elle va les obtenir, au terme d'un match insipide, remporté 2 à 0, dont un deuxième but, signé Djibril Cissé, en position de hors jeu.


A l'issue de la rencontre, Domenech lâche une phrase qui va faire du bruit et lui sera reprochée: "Aujourd'hui, j'ai vraiment raclé les fonds de tiroir." Une petite phrase que Robert Pires, alors un cadre du groupe, ne lui a jamais pardonné. Il faut dire que l'ancien Messin s'était permis de critiquer les choix tactiques du sélectionneur. La réponse de ce dernier s'était voulue cinglante. Elle scellera la rupture entre les deux hommes. C'est après ce match que le sélectionneur a opté pour un mode de communication bien particulier, où la langue de bois côtoie le cynisme. "A la fin du match, expliquera-t-il plus tard, j'avais dit qu'on avait été mauvais. J'avais le droit de le dire car on avait même été particulièrement mauvais. La veille, on avait fait le pire entraînement qu'il m'ait été donné de diriger. Même durant ma carrière d'entraîneur de club. A l'époque je n'étais pas langue de bois. Maintenant je ne dis plus 'on a été mauvais', je dis 'on pouvait faire mieux !' " Pour l'anecdote, après le match, le brouillard avait empêché l'avion des Bleus de décoller. Les joueurs n'ayant pu bénéficier d'un jet privé envoyé par leurs clubs avaient dû patienter avant de repartir. Une histoire d'avion qui prête à sourire. Mais trois ans plus tard, quand les Français vont revenir aux Féroé dans le cadre des éliminatoires de l'Euro, plus personne ne va rigoler...


LA PEUR DE LEUR VIE


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