Souviens-toi l'été 2006

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Souviens-toi l'été 2006
Par Anthony PROCUREUR|Ecrit pour TF1|2010-07-03T11:00:02.000Z, mis à jour 2010-07-03T11:00:02.000Z

En souvenir des incidents de 2006, Allemands et Argentins se sont livrés toute la semaine à une véritable guerre des mots. Avant les retrouvailles en quart de finale (16h00), les joueurs de la Mannschaft ont tiré les premiers. Les Argentins, eux, veulent répondre sur le terrain.

Le quart de finale entre l'Allemagne et l'Argentine n'a pas entendu le coup de sifflet de l'arbitre pour débuter. Durant toute la semaine, les acteurs de ce choc se sont prêtés à une joute verbale par voie de presse. Car, entre les deux pays, il existe un contentieux depuis la Coupe du monde 2006. Il y a quatre ans, une bagarre générale avait suivi le quart de finale du Mondial 2006 entre les deux équipes (1-1 a.p. 4 tab à 2 pour l'Allemagne). Les treize rescapés de cet épisode (sept allemands, six argentins) n'ont pas oublié. Présent de la fameuse échauffourée, c'est Sébastien Schweinsteiger qui a le premier ravivé de vieilles blessures en stigmatisant les provocations des hommes de Diego Maradona. "Les Argentins sont irrespectueux sur le terrain", a-t-il accusé. "Il ne faudra pas se laisser provoquer par les Argentins. On sait comment sont les Argentins", a-t-il ensuite prévenu. "Je trouve que leur comportement, la façon dont ils gesticulent, dont ils essaient d'influencer l'arbitre, cela manque de respect".


Si Maradona a réagi en demandant si Schweinsteiger était "nerveux", les Argentins préfèrent attendre le match pour répondre sur le terrain. "Je n'ai aucun contact avec Schweini. J'en avais avec Klose et Lahm avant qu'on sache qu'on allait s'affronter. Mais ce qu'il a dit n'est pas très important. On verra ce qui va se passer sur le terrain, c'est cela qui compte", a ainsi tenu à rappeler Demichelis, coéquipier du milieu de terrain allemand au Bayern Munich. Mais lui aussi lance une pique : "on les a battus le 3 mars (1-0 en amical à Munich, ndlr). Ils devraient avoir plus de respect pour nous, car à l'exception de trois joueurs, l'équipe que nous avons battue est celle qui a gagné contre l'Angleterre (4-1 en 8e de finale, ndlr). Je vois ces critiques comme un signe de nervosité".


Le souvenir de 2006


Mais, visiblement, la bagarre de 2006 a toujours du mal à passer du côté de la Mannschaft. Son manager général Oliver Bierhoff, lui aussi impliqué à l'époque des faits, a même défendu son joueur. "Nous ne sommes pas nerveux, Schweinsteiger non plus. Il a déjà un beau vécu derrière lui. On est concentré sur ce qu'on a à faire", a-t-il insisté, précisant qu'il n'y avait pas eu de mise au point entre l'encadrement de l'équipe et Schweinsteiger. Le capitaine de la sélection allemande lui a emboîté le pas. "Il y a de la tension avant ce match, mais pas de nervosité. C'est normal, on va jouer un quart de finale de Coupe du monde contre un des favoris", a ainsi estimé Philipp Lahm.


Rien donc en mesure d'éteindre l'incendie. Cette semaine, les petites phrases assassines se sont succédé. Les Allemands sont même tombés dans une arrogance qu'on leur connaissait peu. "On sait que les Sud-Américains ont beaucoup de tempérament, ils sont impulsifs, pas très bons perdants, mais j'espère qu'ils montreront cette fois qu'ils savent accepter leur défaite", a encore taclé Lahm. De son côté, Miroslav Klose pense que la Mannschaft "peut faire mal à l'Argentine". Même Joachim Löw s'est laissé aller à déclarer qu'il avait "trouvé des faiblesses dans cette équipe, elle est vulnérable". "On a montré de quoi on était capable contre l'Angleterre (4-1)", s'est enfin enflammé Mesut Özil qui oublie peut-être que cet Allemagne-Angleterre était entaché d'une énorme erreur d'arbitrage qui avait privé Frank Lampard d'un but qui aurait permis aux "Trois Lions" de revenir à 2-2.


La grosse tête ? "Aucun risque"


L'Allemagne aurait-elle pris la grosse tête ? "Il n'y a aucun risque, rétorque Philip Lahm. On sait qu'on va affronter l'une des favoris pour le titre mondial. Personne ne peut les prendre à la légère". Car, derrière les paroles, on sent bien que les hommes de Löw se méfient tout de même de leur futur adversaire. "On sera très bien préparé pour ce match, on veut tout faire pour atteindre les demi-finales, poursuit d'ailleurs Lahm. La clef, cela sera de jouer ensemble, d'être une équipe, de ne pas réagir mais d'agir. La condition sine qua non pour qu'on passe contre un tel adversaire, c'est que chacun d'entre nous évolue à son meilleur niveau". Même Schweinsteiger reconnaît que 2006 est désormais loin. "On a beaucoup évolué dans notre façon de jouer depuis 2006. Il y a beaucoup de jeunes joueurs dans cette équipe d'Allemagne. Mais l'Argentine aussi a beaucoup changé: ils sont, je crois, plus forts qu'en 2006, prévient-il. Dans tous les secteurs, milieux de terrain, défenseurs, attaquants, gardien de but, ils ont de très bons joueurs".