Têtu comme Poulsen

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Têtu comme Poulsen
Par Other Agency|Ecrit pour TF1|2009-11-25T11:01:04.000Z, mis à jour 2009-11-25T11:01:04.000Z

La Juventus n'en voulait plus. Après une première saison insipide, Christian Poulsen s'est vu gentiment indiquer la porte de sortie. Mais le Danois, persuadé de pouvoir s'imposer à Turin, a choisi de rester. Malgré tout. Aujourd'hui, son entraîneur, Ciro Ferrara, ne le regrette pas.

Il n'est pas et ne sera jamais une star. Un de ces héros de la Juventus, dans la lignée des grands joueurs étrangers ayant marqué à vie l'histoire de ce club. Christian Poulsen n'est pas de ceux-là. Il n'est pas Michel Platini ou Zinedine Zidane. Pas même Felipe Melo, le milieu de terrain brésilien débarqué cet été en provenance de Florence, et dont l'arrivée a failli provoquer le départ du Danois à l'intersaison. Ses jours dans le Piémont semblaient comptés. Débat tranché, scenario bien huilé.


Il y a quatre mois, la cote de Poulsen était vraiment au plus bas auprès des dirigeants bianconeri. "C'est vrai, raconte l'intéressé. Quand Melo a signé, on m'a fait comprendre qu'il y avait trop de monde au milieu de terrain et que le mieux, c'était que je quitte le club". La Juve a cherché un acheteur, et l'a trouvé en Turquie. Avec Fenerbahce, tout était réglé. Sauf que Poulsen, à qui on n'avait pas encore demandé son avis, a refusé de partir, persuadé d'avoir encore quelque chose à faire à Turin. "Partir au bout d'une saison, comme ça, aurait été un terrible fiasco pour moi", explique-t-il. Alors il est resté. "Je voulais prouver que j'étais capable de jouer un rôle important dans cette équipe et que je méritais de porter ces couleurs."


L'homme qui a fait craquer Totti


Quatre mois plus tard, il est sur le point de gagner son pari. Au fil des matches, Ciro Ferrara n'a eu de cesse de se laisser convaincre que son Scandinave lui était précieux. Indispensable, sans doute pas, mais tellement utile. Son abattage devant la défense et sa qualité de passe font merveille cet automne. Face à l'Udinese, ce week-end, il fut sans doute le meilleur joueur de son équipe, gagnant la plupart de ses duels et étant à l'origine de l'unique but de la rencontre. Dans le schéma en 4-2-3-1 que Ciro Ferrara souhaite mettre durablement en place, Poulsen joue un rôle déterminant. Et son coach, peut-être parce qu'il ressemble au joueur qu'il fut (pas glamour mais toujours fiable), l'apprécie énormément.


Comme un signe, ces derniers temps, au Stadio Olimpico, son nom revient de plus en plus souvent dans les chants des Tifosi. Il y a un peu plus d'un an, la venue de ce milieu défensif de 28 ans, recruté au FC Séville, avait provoqué davantage de scepticisme que d'enthousiasme. Pour le supporter italien de base, Poulsen, c'était le gars sur qui Francesco Totti avait craché lors de l'Euro 2004, la star romaine ayant craqué devant le traitement spécial infligé par son chien de garde du jour. Lorsque Poulsen a signé à la Juve, quatre ans après les faits, on ne lui a d'ailleurs parlé que de ça. Et Totti, rancunier, y est allé de son compliment: "je ne vois pas ce qu'il pourrait apporter à la Juve".


Ces doutes, l'international danois ne parviendra pas à les effacer au cours de sa première saison, au cours de laquelle il ne dispute qu'une vingtaine de matches. "C'était dur, mais c'était une chance pour moi d'être ici, alors je me suis toujours accroché", rappelle l'ancien joueur de Schalke 04. Le voilà aujourd'hui récompensé. A trois mois de la trentaine, Poulsen savoure son plus bel automne. Qualifié pour la Coupe du monde avec le Danemark, titulaire à Turin, statut que personne n'ose plus lui contester, il cumule les bonnes nouvelles. Ne vous étonnez pas mercredi soir, à Chaban-Delmas, un ballon sur deux passe par ses pieds.