Terry, capitaine chéri

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Terry, capitaine chéri
Par Eurosport.fr|Ecrit pour TF1|2010-03-15T23:18:00.000Z, mis à jour 2010-03-15T23:18:00.000Z

John Terry jouera un rôle décisif lors du match retour des huitièmes de finale de la Ligue de champions entre Chelsea et l'Inter Milan (2-1 à l'aller pour les Londoniens). Capitaine adulé par les fans des Blues, capitaine banni de l'équipe d'Angleterre, il attend José Mourinho de pied ferme.

AIMER A PERDRE LA RAISON, ET LE BRASSARD


"Much ado about nothing" (Beaucoup de bruit pour rien), disait Shakespeare dans une pièce de théâtre qui traitait entre autres de l'infidélité. "Ces choses-là arrivent", a dit Frank Lampard à propos du scandale qui a réchauffé les Anglais tout l'hiver : John Terry, capitaine emblématique de l'Angleterre et de Chelsea avait joué hors-jeu avec l'ex-femme de son ex-ami et partenaire en club et en sélection, l'infortuné Wayne Bridge.


Terry, capitaine chéri

Pendant quelques semaines, John Terry a vacillé. Uniquement concurrencé par Tiger Woods dans la catégorie affaires de moeurs des tabloïds, il a été dépossédé de son brassard de capitaine de l'équipe d'Angleterre et a perdu ses moyens pendant quelques matches. Terry a ainsi touché le fond quand Bridge a refusé de lui serrer la main lors de la rencontre Chelsea-Manchester City (2-4). Un match médiocre, une humiliation médiatique en règle mais le soutien sans faille des fans de Chelsea et de ses partenaires. Une semaine plus tard, John Terry offrait une performance rassurante face à Stoke City, ponctuée par un but et une joie pleine de rage. Terry avait alors montré de manière ostentatoire son brassard de capitaine.


Fidèles malgré l'opprobre subie par leur joueur, les fans de Chelsea chantait : "There's only one Terry" (Il n'y a qu'un Terry). La dévotion pour un club qui a vécu ses plus belles années avec Terry, l'amour aveugle pour un joueur qui a fait toute sa carrière professionnelle chez les Blues (depuis 1995 chez les jeunes précisément) fait écho à ce qu'un grand nombre de gens pensent quand il enfile le maillot de la sélection. Terry, c'est le capitaine par excellence. Le modèle du joueur anglais, viril comme il faut, c'est-à-dire souvent à l'excès, et solide dans l'adversité.


QUE SERAI-JE SANS TOI ?


Terry a en effet déjà tout connu dans sa carrière sauf les récompenses internationales et un titre européen avec Chelsea. Des succès formidables (le titre en 2005 et 2006, la Cup en 2000, 2007 et 2009, la Coupe de la Ligue en 2005 et 2007, le Community Shield en 2005 et 2009), les titres honorifiques de meilleur défenseur UEFA en 2005, 2008 et 2009. Il a aussi vécu le pire : formé à Senrab et West Ham, John passe par la case tribunal pour une rixe alors qu'il débute à Chelsea. C’est lui qui tire externalce penalty ridicule (glissade) en finale de la Ligue de champions 2008 (un penalty qui aurait pu donner la victoire à son équipe...). Il subit une opération au dos en 2007 et doit vivre avec des blessures à répétition.


Indiscutable ensuite sur le terrain, défenseur sévère, joueur de tête brillant, il est nommé à la tête des Blues en 2004 par José Mourinho. En 2006, Steve McClaren le nomme capitaine de l'équipe d'Angleterre. Il faut donc l'accumulation des affaires autour de Chelsea puis la polémique avec son ancien ami Wayne Bridge pour obliger Fabio Capello à le priver du brassard. Mais personne n'en pense pas moins, et surtout pas Capello : "Selon moi, être un leader est plus important que d'être un capitaine. John Terry est un leader. Un capitaine doit montrer l'exemple aux jeunes et ce qu'il a fait n'est pas bien, c'est la seule et unique raison pour laquelle je lui ai enlevé le brassard."


Face à l'Inter Milan, Terry retrouvera José Mourinho, l'entraîneur qui l'avait amené au capitanat et celui qu'il aurait lui-même contribué à écarter en 2007. Soyez en sûr, Terry sera intraitable. Et il n'y a pas que Frank Lampard qui estime que l'affaire ont assez duré. Après la blessure de David Beckham, l'Angleterre a besoin de ce leader naturel en Afrique du Sud. Elle ne souhaite désormais qu'une chose : qu'il évite les feintes de corps.