Thierry Henry, puissance 400 !

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Par Emmanuel GUERIN|Ecrit pour TF1|2013-09-18T14:25:00.000Z, mis à jour 2013-09-19T13:20:10.000Z

Adulé par certains, critiqué par d'autres, Thierry Henry ne laisse personne indifférent. Avant de filer vers le pays de l'Oncle Sam, l'ancien Gunner a battu quelques records et remporté tous les titres. Portrait.

Aujourd'hui, Thierry Henry a pris de la distance avec le football européen. Aux Etats-Unis, il profite d'une pré-retraite paisible et des avantages que lui offre la vie américaine. Parfait pour ce grand amateur de sports US. Il n'a pourtant rien perdu de son envie de gagner et rêve désormais de remporter un titre sur un autre continent, lui qui a tout gagné en Europe. De son parcours junior au sacre mondial, retour sur la carrière du meilleur buteur de l'équipe de France. Une carrière qui rime irrémédiablement avec Arsenal et Arsène Wenger.

Des Ulis à Monaco
Thierry Henry voit le jour le 17 août 1977 dans la ville des Ulis, en région parisienne. Très vite, il débute le football dans le club de sa ville natale. Six ans plus tard, il est alors âgé de 12 ans et rejoint l'US Palaiseau. Il n'y reste qu'une saison et file l'ES Viry-Châtillon. Dans ce club, le jeune Titi brille et tape dans l'œil des recruteurs monégasques. Lors d'une rencontre contre l'ASM, il inscrit les six buts de son équipe. Arnold Catalano, recruteur monégasque, est sous le charme, vante ses mérites auprès d'Arsène Wenger et lui permet d'intégrer le centre INF Clairefontaine en 1991.

Il y effectue ses classes pendant une saison avec de rejoindre le FC Versailles. En 1993, il rejoint cette fois l'AS Monaco sur les conseils d'Arnold Catalano. Il fait ses armes avec l'équipe réserve la première saison mais dès l'entame de la seconde, Thierry Henry intègre le groupe professionnel, à 17 ans à peine. Une première titularisation le 31 août 1994 et un permier doublé quelques mois plus tard (le 29 avril 1995) contre le RC Lens (6-0). A cette époque, Thierry Henry évolue sur le côté gauche de l'attaque et martyrise avec Sonny Anderson puis David Trezeguet les défenses de Ligue 1. La preuve, ils décrochent le titre de champion de France en 1997.



Une Pige à la Juve
Les prestations des deux attaquants français impressionnent et Aimé Jacquet les sélectionne pour le Mondial 1998. Thierry Henry marque trois buts en phase de poule, touche le poteau contre le Paraguay et décroche à 20 ans le titre suprême de champion du monde. Le gamin a déjà changé de dimension et quitte l'ASM six mois plus tard contre 12,5 millions d'euros. Il débarque à la Juventus, au pays où la tactique et la rigueur défensive sont les mots d'ordre. L'adaptation du Français est compliquée. Obligé de beaucoup défendre sur le côté gauche piémontais, Henry s'épuise et son rendement offensif est faible (3 buts en 20 rencontres). A l'été 1999, il retrouve son mentor, Arsène Wenger, à Arsenal.

Thierry Henry débarque à Londres pour remplacer un autre Français, Nicolas Anelka. Ce transfert sera le grand tournant de sa carrière. Formé sur le côté depuis son enfance, Titi est replacé dans l'axe. Ses premières sorties avec le maillot d'Arsenal ne sont pas évidentes. L'attaquant français découvre un nouveau poste, un nouveau championnat... Il lui faudra 9 rencontres pour trouver le chemin des filets. Il marque ainsi son premier but avec les Gunners le 18 septembre 1999. A partir de cette date, il empilera les buts, tous plus importants les uns que les autres.

Naissance d'un buteur
La première saison, malgré des débuts difficiles, il termine l'exercice avec 26 buts toutes compétitions confondues. Au terme de ce championnat, il dispute et remporte l'Euro avec la sélection tricolore. Mais cette fois, Thierry Henry est titulaire à la pointe de l'attaque. De retour à Londres, il assume un peu plus son nouveau statut, ses statistiques n'ont de cesse de s'améliorer. Après avoir échoué en finale de la Coupe UEFA en 2000 et en finale de la Coupe d'Angleterre en 2001, l'international français remporte ses premiers titres durant la saison 2001/2002.

Lors de cet exercice, les Gunners réalisent le doublé Coupe-Championnat. Thierry Henry remporte un titre de champion dans un second championnat. Lors de cette saison, le Français inscrit la bagatelle de 32 buts dont 24 en Premier League. Il décroche pour la première fois le titre de meilleur buteur du championnat britannique. Arsenal ne conserve pas son titre mais gagne une nouvelle FA Cup. Le buteur tricolore reste sur ses bases et inscrit de nouveau 24 buts en Premier League. La saison suivante (2003/2004) sera celle de la consécration pour Arsenal comme pour Henry.

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Thierry Henry, l'invincible
Au terme de ce nouvel exercice, la formation londonienne récupère le titre de champion, le plus beau de son histoire. En effet, la bande d'Arsène Wenger, emmenée notamment par Thierry Henry, Robert Pires, Dennis Bergkamp ou encore Fredrik Ljungberg, réalise un véritable exploit et termine la saison invaincue en championnat. Thierry Henry est l'un des grands artisans de ce triomphe et réalise sa meilleure saison personnelle. Il inscrit 30 buts en championnat et obtient pour la première fois le Soulier d'Or (meilleur buteur européen). Il remporte ensuite le Community Shield en 2004 et sa troisième Coupe d'Angleterre en 2005, le dernier titre remporté par les Gunners. Quelques mois plus tard, il devient le meilleur buteur de l'histoire du club grâce à un doublé contre Prague (186).

Arsenal et Henry sont pourtant proches de l'exploit en 2006. En finale de la Ligue des Champions, ils affrontent le Barça, mènent au score mais perdent finalement (2-1). Le Français, décidément maudit cette année-là perd la finale de la Coupe du Monde face à l'Italie. Lors de cet été, de nombreuses rumeurs envoient le buteur bleu à Barcelone. Thierry Henry avouera par la suite que le transfert était proche mais qu'il ne pouvait pas partir en Catalogne juste après la défaite d'Arsenal en finale. Il quittera Londres l'année suivante en laissant une solide image derrière lui. En Angleterre, le Français sera devenu une légende grâce à sa vitesse et sa puissance. Huit saisons pour devenir le meilleur buteur d'Arsenal, le troisième meilleur buteur et le cinquième meilleur passeur de l'histoire de la Premier League.

Le Barça et le sextuplé
Il débarque donc à Barcelone en 2007 « pour remporter la Ligue des Champions ». Les médias s'extasient devant les quatre fantastiques (Messi, Ronaldinho, Eto'o et Henry). Le Français rétorque, « pour voir les quatre fantastiques, il faudra aller au cinéma ». Les quatre joueurs ne brilleront d'ailleurs pas ensemble. La première saison du Français est mitigée même s'il termine meilleur buteur de son équipe à égalité avec Samuel Eto'o (19 buts toutes compétitions confondues). A l'été, Pep Guardiola débarque, se sépare de Ronaldinho et Deco et accorde toute sa confiance à Henry.

L'équipe est transfigurée, le Français aussi. Il inscrit 19 buts en championnat dont un doublé contre le Real Madrid lors de la victoire catalane (2-6). En Ligue des Champions, il marque à six reprises et porte son total à 51 buts dans cette compétition. Le meilleur total pour un Français. Collectivement, Henry joue à merveille avec ses compères d'attaque (Eto'o et Messi). Le Barça remporte tous les trophées et réalise un sextuplé insolite. Avec six nouveaux titres et une victoire en Ligue des Champions, Thierry Henry devient le footballeur français le plus titré de l'histoire.

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Une main et la grève
Si cette saison est idyllique, la suivante va se révéler cauchemardesque. L'arrivée de Zlatan Ibrahimovic pousse Thierry Henry sur la touche. Il n'inscrit que quatre réalisations lors de cet exercice mais remporte tout de même la Liga. Les choses ne sont pas plus réjouissantes avec l'Equipe de France. Les Bleus peinent à se qualifier pour le Mondial 2010 qui se déroule en Afrique du Sud. Obligée d'en passer par les barrages, la France est aux prises avec l'Irlande. Au match retour, Thierry Henry s'emmène le ballon de la main dans la surface adverse avant de servir William Gallas pour le but de la qualification.

A la suite de cet incident, Thierry Henry est critiqué, moqué, raillé. Sa place en Equipe de France est fragilisée. Raymond Domenech le convoque finalement pour le Mondial mais le dépossède du brassard de capitaine. La suite, tout le monde la connait. Les Bleus réalisent un Mondial calamiteux, refusent de s'entraîner et Henry est cantonné au banc des remplaçants. Au terme de cette compétition, il annonce la fin de sa carrière internationale. Une fin décevante pour le meilleur buteur de l'histoire des Bleus (123 sélections, 51 buts). Il quitte également le Barça durant l'été et rejoint les New York Red Bulls.

Le rêve américain
La décision du Français est de nouveau critiquée. Certains l'accusent de partir pour l'argent. Loin s'en faut. Féru de sports américains, Thierry Henry avoue depuis de longues années vouloir jouer en MLS (championnat américain) et vivre à New York. Après avoir tout remporté en Europe, Thierry Henry veut briller et remporter le championnat américain à l'image de son ami David Beckham (2011 et 2012). Tout comme l'Anglais, le Français s'est également offert une pige en Europe. L'hiver passé, Henry a pu réaliser son rêve et porter de nouveau le maillot d'Arsenal.

Il avait alors confié que c'était la première fois qu'il jouait pour un club dont il est fan. En 7 rencontres, il aura inscrit 2 buts, portant son record à 228 réalisations. A un an du terme de son contrat, Thierry Henry n'a plus beaucoup de temps pour remporter le championnat nord-américain. Grâce à sa victoire contre Toronto, les Red Bulls occupent la première place de la conférence Est. Un match particulier pour Titi qui a inscrit le 400ème but de sa carrière. La carrière de Thierry Henry se résume finalement à ce simple fait : marquer.