Thuram, tacles appuyés mais bon esprit

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Thuram, tacles appuyés mais bon esprit
Par etf1|Ecrit pour TF1|2010-07-04T17:30:02.000Z, mis à jour 2010-07-04T17:30:02.000Z

Une autorité non respectée : "Pendant quelques années, il a manqué une autorité à la FFF vis-à-vis de son sélectionneur et du sélectionneur vis-à-vis des joueurs. Etaient-ils livrés à eux mêmes? Peut être pas. Mais dans les équipes, il y a toujours des gens pas à la hauteur, et il faut faire en sorte qu'ils ne prennent pas le pouvoir. Les joueurs négatifs ont pris le pouvoir et imposé leur vision des choses. Dans tout groupe, il y a des gens qui n'ont pas la capacité de dire non. C'est parti de quelques joueurs."


Les responsables et les sanctions : "Il y a bien évidemment le capitaine, qui a un rôle fondamental dans l'équipe. Après, se sont greffés d'autres joueurs, mais si vous avez le brassard, vous avez une responsabilité. Le capitaine est coupable, j'ai proposé qu'il ne remette plus les pieds en équipe de France. Ce serait inacceptable qu'ils ne paient pas. L'entraîneur a failli, il n'est plus là. Le président (de la Fédération) a failli, il n'est plus là. Ils (les joueurs) doivent partir si la Fédération le demande. Donner l'image que vous avez donné, ce n'est pas respecter l'équipe de France. Les joueurs prennent la responsabilité de ne pas faire l'entraînement ? La hiérarchie n'est pas respectée. Il faut faire comprendre aux joueurs qu'il y a une équipe à respecter, un maillot à respecter, des supporters à respecter, et si vous prenez la décision de ne pas les respecter, vous devez être sanctionnés."


L'esprit d'équipe : "Pour arriver à gagner des choses importantes, à jouer en équipe, il est fondamental que le leader de votre équipe soit positif. Le leader de ma génération était Zidane, il était le meilleur joueur mais il n'était pas au-dessus des lois, il respectait les coéquipiers, il respectait le maillot. Une fois, Gérard Houllier m'avait fait venir à une réunion de formation. J'ai dit aux futurs entraîneurs : "si j'ai appris quelque chose dans ma carrière, c'est qu'il faut éliminer les meneurs négatifs, surtout si ce sont les meilleurs de votre équipe. Sinon, ils rentreront dans un rapport de force avec vous". La preuve : l'entraîneur et le président de la fédération ne sont pas capables de les faire descendre du bus. Les joueurs disent : "Nous, on décide ce qui est juste ou pas." Si les joueurs disent : "Nous n'avions pas conscience, ce n'est pas possible", c'est de la stupidité, il serait inacceptable qu'ils ne payent pas. J'ai entendu parler de grand pardon... "Ce soir, c'est le grand pardon". Alors c'est vous qui décidez aussi quand on va vous pardonner? On peut perdre, on peut mal jouer. J'ai participé à 2002. En 2008, je n'ai pas été très bon, voire catastrophique, mais il y a quelque chose à ne jamais oublier : le respect de ceux qui vous supportent. (...) Plus les joueurs sont performants, plus ils doivent être irréprochables. La première chose, c'est le respect du maillot que vous portez. Tant qu'un joueur n'oublie pas le petit garçon qui préparait son sac le dimanche, il n'a rien à craindre. Certains perdent ce petit garçon en route et finissent par croire qu'ils sont importants, parce que tout le monde leur dit. Moi je dis : Faîtes votre carrière avec ce petit garçon et ça va bien se passer".


Abidal, Henry... : "J'ai eu Eric au téléphone. Je lui ai dit : "Je ne sais pas ce qui s'est passé pour que tu n'aies pas joué le dernier match, mais si je suis président fédération, je demande que tu ne joues plus en équipe de France. Tu n'as pas le droit". (...) Si Thierry Henry avait pris ses chaussures et était descendu du bus, beaucoup seraient descendus avec lui. Je ne comprends pas (qu'il ne le l'ait pas fait). Non, je ne comprends pas. J'ai beaucoup de tendresse pour lui, son papa me l'avait confié à l'AS Monaco. Je ne comprends pas... Henry est quelqu'un de très intelligent au contraire de quelques-uns. Il faudrait que je puisse discuter avec lui.


Ribéry : "C'est intéressant. Il essaie d'expliquer qu'il comprend qu'il soit critiqué et qu'il a honte du comportement de l'équipe sur le terrain et qu'il a va essayer de bien faire. Or, l'après-midi, il boycotte l'entraînement. On ne peut pas tout laisser faire aux joueurs sous prétexte qu'ils jouent bien au foot. Joueur, vous avez des devoirs. La stupidité n'a pas de couleur, de religion de sexe ; c'est de la stupidité pure et dure ne pas faire le lien entre son comportement et ce qui sera produit après ; c'est un manque de réflexion totale. Certains vous diront : nous sommes désolés. C'est signe de stupidité."


La crise à la FFF : "Le football français n'appartient pas au monde professionnel mais aux gens que j'ai vu en train de chanter la Marseillaise dans les bars. J'ai dit un jour au conseil fédéral : Ecoutez, Raymond Domenech ne peut pas prendre en otage le football français. Une autorité doit lui expliquer qu'il ne peut pas faire certaines choses. On m'a répondu : "Oui, on lui a dit mais il ne veut pas changer". J'ai répondu : "s'il ne veut pas changer, il y a des décisions à prendre". Ça n'existe pas, un employé qui dit : je ne veux pas changer. Il n'était que l'employé de la fédératon. (...) M. Escalettes est quelqu'un qui a fait du bon travail mais dans la gestion de l'équipe de France, il s'est trompé, ça arrive."