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Top 100: Diego, diable et bon dieu

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Rétro : Le Mondial 1986
Par Laurent VERGNE|Ecrit pour TF1|2010-06-14T12:30:00.000Z, mis à jour 2010-06-14T12:30:00.000Z

Suite de notre classement des 100 joueurs les plus marquants de l'histoire de la Coupe du monde. A la 2e place, Diego Maradona. L'Argentin a éclaboussé de son talent et de sa fourberie la Coupe du monde 1986. Un joueur hors du commun aussi adoré qu'il peut être parfois detesté.

Du 17 mai au 11 juin, notre site vous propose de découvrir son classement des 100 joueurs les plus marquants de l'histoire de la Coupe du monde. Mais nous souhaitons aussi connaitre votre avis. Vous pouvez donc dès aujourd'hui voter pour établir votre propre classement. Pour cela, rien de plus simple: envoyez à redaction.fr@eurosport.com votre podium en désignant les trois joueurs les plus marquants de l'histoire selon vous. Le premier obtiendra 3 points, le deuxième 2 point et le troisième 1 point. Le classement des internautes sera révélé en même temps que le numéro un du classement de la rédaction.


Top 100: Diego, diable et bon dieu

2. DIEGO ARMANDO MARADONA
Pays: Argentine
Date de naissance: 30 octobre 1960
Poste: Milieu de terrain
Participations: 4 (1 victoire, 1 finale)
Matches: 21 (8 buts)


La carrière de Diego Maradona en Coupe du monde s'étale sur 12 ans, de 1982 à 1994. Mais elle tient en réalité en quatre minutes. Quatre minutes pour tout comprendre du personnage autant que du joueur. Quatre minutes au cours desquelles se côtoient intimement la part la plus lumineuse et l'aspect le plus obscur du Pibe de Oro. Ces quatre minutes, ce sont celles qui séparent ses deux buts en quarts de finale du Mundial mexicain, face à l'Angleterre, en 1986. Un but de la main, d'abord. Que tout le monde aura vu, sauf l'arbitre de la rencontre, M.Bennaceur, et son juge de touche. Même à vitesse réelle, l'image ne laisse pas de place au doute. Aussitôt, on voit Peter Shilton, le gardien anglais, et ses défenseurs lever… la main pour protester. En vain.


Ce but, acte de tricherie manifeste, est d'autant plus répréhensible que Maradona, ajoutant une dose de morgue insupportable pour ses victimes, refusera d'assumer son geste. Interrogé à la fin du match, le meneur de jeu argentin aura cette phrase: "un poco con la cabeza de Maradona y otro poco con la mano de Dios". Un peu avec la tête de Maradona, un peu avec la main de Dieu. La main de Dieu. En qualifiant lui-même son but ainsi, il contribua à le faire passer à la postérité. S'il eut cette audace verbale, c'est peut-être parce qu'il sentait en lui quelque chose de divin ce jour-là, au stade Aztèque de Mexico. Et pour cause. Quatre minutes après son but de la main, Maradona a inscrit un des buts les plus extraordinaires de l'histoire de la Coupe du monde. 60 mètres. 10 secondes. Six joueurs anglais effacés. Cette fois, il n'est plus question de tricherie ou de honte. Juste de génie à l'état pur. Des millions de téléspectateurs qui, 240 secondes plus tôt, maudissaient l'Argentin, ne peuvent que s'incliner devant une telle prouesse. Quatre minutes pour choquer et émerveiller. Tout Maradona tient en quatre minutes.


Quand Rome se venge du Napolitain


Bien au-delà de ce quart de finale remporté face aux Anglais (2-1), Diego Maradona reste comme le personnage central de cette Coupe du monde 1986. Jamais, peut-être, dans l'histoire, la victoire d'une équipe fut à ce point celle d'un joueur. Auteur de cinq buts au total (dont un doublé face à l'Angleterre, donc, et un autre en demi-finales contre la Belgique) et passeur décisif pour Jorge Burruchaga en finale face à la RFA sur le but du titre, Maradona a porté à bout de bras une Albiceleste pour le reste assez quelconque, même si elle possédait quelques joueurs de talent aux côtés de la megastar du Napoli. Rien à voir, toutefois, avec le soutien dont bénéficiait Pelé en 1970, par exemple. Au Mexique, Maradona avait atteint la plénitude de son art. Il maitrisait tout et on ne lui refusait rien, pas même le but le plus clairement non-valable de tous les temps. Mais le Mondial 86 est synonyme de Maradona.


Le reste de la carrière mondialiste de Maradona reste marqué par quelques joies et quelques éclairs au milieu d'immenses frustrations. Jugé trop jeune en 1978, il fait ses débuts quatre ans plus tard, en Espagne. L'Argentine, entre deux générations, et entre deux sacres, n'est que l'ombre d'elle-même. Elle disparaît au deuxième tour, après deux défaites face au Brésil et à l'Italie. Frustré par ces résultats, et lassé de prendre des coups, Diego fond un fusible et se fait expulser. Il prendra sa revanche, et de quelle manière, au Mexique. Puis ce sera la campagne d'Italie, si spéciale à ses yeux, en 1990. Poussive à l'image de Maradona qui commence à faire sa trentaine naissante, l'Albiceleste de Bilardo se fraie tout de même un chemin jusqu'en demi-finales. Maradona joue alors le match de sa vie. Pas sur le terrain, mais devant les caméras. Lui, le Napolitain, "reçoit" l'Italie à Naples. Diego le héros devient Diego le tribun. "Toute l'année, dit-il aux Napolitains, l'Italie du Nord vous crache dessus et vous traite comme des moins que rien. Et là, le temps d'un match, on vous demande de soutenir l'Italie? Ces gens vous mentent. Moi, je suis des vôtres." Le message touche une bonne partie du peuple de Campanie. Retrouvée le temps d'un soir, l'Argentine réussit l'exploit de sortir l'Italie, aux tirs au but. Maradona pavoise, mais son triomphe sera de courte durée. Quatre jours plus tard, Rome se vengera en le conspuant lors de la finale. Battus par la RFA dans la revanche de 86, les Argentins rendent leur couronne et Maradona finit en pleurs. La défaite la plus douloureuse de sa carrière, à n'en pas douter.


Cela aurait pu être la dernière image de Maradona dans une Coupe du monde. Mais il sera encore là en 1994, aux Etats-Unis. Revenu de loin, affûté, il joue un ultime match, face à la Grèce. Il marque un but somptueux et l'Argentine s'impose 4-0. L'histoire est belle? Trop belle pour être vraie. Maradona est contrôlé positif à l'éphédrine et sort par la toute petite porte. Un but d'anthologie et un scandale. Comme un dernier écho à ces quatre minutes face à l'Angleterre, huit ans plus tôt. Diego, diable et bon dieu. Pour toujours.


LE CLASSEMENT


2. Diego Maradona (Argentine)
3. Franz Beckenbauer (Allemagne)
4. Ronaldo (Brésil)
5. Zinédine Zidane (France)
6. Garrincha (Brésil)
7. Lothar Matthäus (R.F.A. puis Allemagne)
8. Giuseppe Meazza (Italie)
9. Gerd Muller (R.F.A.)
10. Juan Alberto Schiaffino (Uruguay)


11. Just Fontaine (France)
12. Bobby Moore (Angleterre)
13. Paolo Rossi (Italie)
14. Johan Cruyff (Pays-Bas)
15. Fritz Walter (R.F.A.)
16. Jairzinho (Brésil)
17. Mario Kempes (Argentine)
18. Rivellino (Brésil)
19. Dino Zoff (Italie)
20. Sandor Kocsis (Hongrie)


21. Michel Platini (France)
22. Gordon Banks (Angleterre)
23. Ferenc Puskas (Hongrie)
24. Roger Milla (Cameroun)
25. Eusebio (Portugal)
26. Wolfgang Overath (R.F.A.)
27. Jose Andrade (Uruguay)
28. Helmuth Rahn, (R.F.A.)
29. Vava (Brésil)
30. Leonidas (Brésil)


31. Geoff Hurst (Angleterre)
32. Silvio Piola (Italie)
33. Bobby Charlton (Angleterre)
34. Cafu (Brésil)
35. Alcides Ghiggia (Uruguay)
36. Romario (Brésil)
37. Daniel Passarella (Argentine)
38. Johan Neeskens (Pays-Bas)
39. Thierry Henry (France)
40. Sepp Maier (R.F.A.)


41. Gilmar (Brésil)
42. Marco Tardelli (Italie)
43. Didi (Brésil)
44. Gino Colaussi (Italie)
45. Gerson (Brésil)
46. Carlos Dunga (Brésil)
47. Uwe Seeler (R.F.A.)
48. Giovanni Ferrari (Italie)
49. Teofilio Cubillas (Pérou)
50. Carlos Alberto (Brésil)


51. Jurgen Klinsmann (Allemagne)
52. Fabien Barthez (France)
53. Tostao (Brésil)
54. Obdulio Varela (Uruguay)
55. Guillermo Stabile (Argentine)
56. Paul Breitner (R.F.A)
57. Roberto Baggio (Italie)
58. Mario Zagallo (Brésil)
59. Grzegorz Lato (Pologne)
60. Lilian Thuram (France)


61. Marco Materazzi (Italie)
62. Robby Rensenbrink (Pays-Bas)
63. Paolo Maldini (Italie)
64. Gabriel Batistuta (Argentine)
65. Fabio Cannavaro (Italie)
66. Gary Lineker (Angleterre)
67. Zico (Brésil)
68. Jacky Charlton (Angleterre)
69. Ublado Fillol (Argentine)
70. Karl-Heinz Rummenigge (R.F.A.)


71. Salvatore Schillaci (Italie)
72. Zoltan Czibor (Hongrie)
73. Oleg Salenko (Russie)
74. Andreas Brehme (R.F.A/Allemagne)
75. Oscar Miguez (Uruguay)
76. Roberto Carlos (Brésil)
77. Jorge Burruchaga (Argentine)
78. Ademir (Brésil))
79. Pierre Littbarski (R.F.A)
80. Didier Deschamps (France)


81. Socrates (Brésil)
82. Gianluigi Buffon (Italie)
83. Rudi Voller (R.F.A/Allemagne)
84. Roger Hunt (Angleterre)
85. Pedro Cea (Uruguay)
86. Oscar Ruggeri (Argentine)
87. Josef Masopust (Tchécoslovaquie)
88. Peter Shilton (Angleterre)
89. Lennart Skoglund (Suède)
90. Harald Schumacher (R.F.A)


91. Dennis Bergkamp (Pays-Bas)
92. Jurgen Sparwasser (R.D.A.)
93. Gianni Rivera (Italie)
94. Raymond Kopa (France)
95. Pak Doo Ik (Corée du Nord)
96. Jorge Valdano (Argentine)
97. Lev Yachine (U.R.S.S.)
98. Jozsef Boszik (Hongrie)
99. Davor Suker (Croatie)
100. Antonio Carbajal (Mexique)