Torres-Llorente, l'improbable duel

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Torres-Llorente, l'improbable duel
Par Martin MOSNIER|Ecrit pour TF1|2010-07-03T18:00:03.000Z, mis à jour 2010-07-03T18:00:03.000Z

La bonne rentrée de Llorente contre le Portugal (1-0) sème le doute: et si le joueur de Bilbao était plus utile à la Roja que la star Torres ? Le buteur de la finale de l'Euro 2008 traverse le Mondial comme une ombre après sa saison compliquée. Mais il devrait jouer contre le Paraguay (20h30).

D'un côté, l'idole de tout un peuple. 72 buts en 116 matches avec Liverpool et 24 réalisations pour 77 sélections avec la Roja sur la balance. De l'autre, un novice ou presque en sélection (8 capes), valeur sûre de Liga sous le maillot de l'Athletic Bilbao (13 buts cette saison). Rien de plus. A priori, entre Fernando Torres et Fernando Llorente, il n'y a pas photo. A priori. Car, depuis le huitième de finale face au Portugal (1-0), le doute s'est insinué au sein de l'opinion espagnole, bien relayé par la presse ibérique. "La perfection est arrivée avec le remplacement de Torres par Llorente", s'est enflammé As au lendemain de la qualification espagnole. El Pais a tracé le même sillon : "Après une heure de match indigeste, mal joué des deux côtés, Llorente, qui ne semblait pas avoir rendez-vous avec ce Mondial, a provoqué un changement extraordinaire."


Torres-Llorente, l'improbable duel

De quoi obliger Vincente Del Bosque a redistribué les cartes ? "Llorente a fait une très bonne dernière demi-heure", s'est réjoui le sélectionneur espagnol. "Cela n'a pas changé la tactique. Llorente nous a donné de la vitalité." Force est de constater que Torres traverse cette Coupe du monde comme un fantôme. Quelques inspirations en début de match face au Portugal, quelques accélérations au cours des phases de poule. Rideau. Il s'est même mué en boulet pour les accélérateurs de particules que sont Iniesta ou Xavi.


Torres devrait débuter


Ses statistiques ne sont pas à la hauteur de sa réputation de goleador : 0 but, 2 tirs cadrés, 56% de passes ratées en 212 minutes de jeu. Un bien pâle bilan alors que David Villa empile les buts (déjà 4) à ses côtés. Son bilan famélique ne remet pas en cause ses qualités et s'explique avant tout par le manque de compétition d'"El Nino". Son opération au genou en avril est à la principale source de ses errements actuels. "Nous savons dans quel état était son genou il y a un mois et je ne suis pas d'accord avec ceux qui disent que les performances de Fernando Torres sont en-dessous de la moyenne", le défend Villa. Mais les faits sont là.


Llorente, de son côté, est en pleine bourre après son entrée en jeu. Il a apporté tout ce qu'il manquait à la Roja lors des 45 premières minutes : de la présence dans la surface adverse, de la profondeur, des déviations dans les airs et de l'impact dans les duels. Pour son premier match en Coupe du monde, il s'est parfaitement adapté au toque espagnol malgré son mètre 95. "J'étais prêt à entrer et à donner de l'intensité à la rencontre. On a eu davantage d'occasions, on a tenté davantage de choses. J'ai essayé de fixer la défense centrale et de conserver la balle quand elle m'arrivait", plaide Llorente.


Suffisant pour déloger Torres ? "S'il se sent bien, il sera encore titulaire", prévient Del Bosque. Le sélectionneur espagnol n'a pas oublié qu'a l'Euro 2008, Torres avait été beaucoup critiqué pour un rendement insuffisant. En finale contre l'Allemagne, c'est Torres qui avait offert son premier trophée international à l'Espagne depuis 1964. Il y a des choses contre lesquelles il est bien difficile de lutter...


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