Toulalan a de la concurrence

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'On a produit du jeu'
Par Vincent BREGEVIN|Ecrit pour TF1|2010-06-04T05:48:00.000Z, mis à jour 2010-06-04T05:48:00.000Z

Que valent les individualités de l'équipe de France par rapport à celles des 31 autres équipes au Mondial ? Notre site mène l'enquête avant la Coupe du monde. Quatrième volet, les récupérateurs. Avec Jérémy Toulalan, les Bleus disposent d'un élément crédible au niveau international.

TOULALAN A LE NIVEAU


Jérémy Toulalan devra oeuvrer sans Lassana Diarra à la Coupe du Monde, dans un 4-3-3 qu'il découvre avec les Bleus. Mais à 26 ans, il est une valeur sûre à ce poste. A l'aise techniquement, il donne parfois l'impression d'avoir trois poumons tant sa couverture du terrain est impressionnante. Il est régulier au plus haut niveau. Si son aventure en Ligue des Champions s'est terminée sur une fausse note avec un carton rouge face au Bayern en demi-finale aller, il avait été déterminant plus tôt dans la compétition. En équipe de France, il s'est imposé depuis longtemps comme un élément indispensable dans un secteur où il manque de nombreux joueurs à la récupération. A part Toulalan, ils ne sont que deux à pouvoir évoluer dans ce registre : Alou Diarra, le remplaçant du Lyonnais, et Abou Diaby, plutôt relayeur, et qui a besoin d'un "gratteur" à ses côtés. Si elle parait limitée d'un point de vue quantitatif, la France a cependant des arguments à faire valoir d'un point de vue qualitatif.


UNE CONCURRENCE TRES SOLIDE


Presser, récupérer, conserver le ballon et le passer : l'Espagne est très bien armée dans ce domaine avec Xabi Alonso et Xavi, qui occupent deux des trois postes de l'entrejeu de la Roja. Ce ne sont pas des monstres d'un point de vue physique, mais leur science du jeu et du placement n'a pas d'équivalent. Sergio Busquets apparaît comme le réserviste idéal par sa complémentarité avec ces deux joueurs. En Argentine, Diego Maradona a laissé Cambiasso et Zanetti à la maison. Il peut compter sur Javier Mascherano, un des meilleurs milieux défensifs du monde, mais l'effectif argentin manque de références en dehors de lui. Même chose pour l'Allemagne, décimée par les blessures, avec Bastian Schweinsteiger comme unique récupérateur confirmé. A ses côtés, le jeune Sami Khedira (24 ans, Stuttgart) devra faire ses preuves s'il est titulaire, comme annoncé. On ne présente plus les Italiens Gennaro Gattuso et Andrea Pirlo, un tandem qui a fait ses preuves à Milan et sélection nationale. Au Brésil, Dunga aligne un milieu en losange particulièrement efficace défensivement avec le trio Giberto Silva - Ramires - Elano. Ça promet d'être costaud dans les duels à défaut d'offrir du spectacle. A l'inverse, Mark van Bommel risque de se retrouver un peu seul pour défendre dans l'entrejeu néerlandais, tourné vers l'offensive. Enfin, le Portugal n'est pas à plaindre avec Raul Meireles (Porto) et Miguel Veloso (Sporting), deux éléments au fort potentiel.


L'EXCEPTION ANGLAISE


La pénurie de milieux défensifs de métier n'est pas un problème nouveau en Angleterre. A tel point que Gareth Barry, aligné à ce poste par Fabio Capello pendant les éliminatoires, a été intégré à la sélection anglaise malgré une blessure à une cheville qui le tient éloigné des terrains depuis le 5 mai. Il faut dire que les solutions de repli ne sont pas nombreuses. Hormis Barry, seuls Michael Carrick et Ledley King sont en mesure d'évoluer à ce poste. Si Barry n'est pas au niveau pour le coup d'envoi du Mondial, le technicien italien pourrait tenter un pari audacieux en alignant la paire Gerrard-Lampard dans l'axe du milieu de terrain. Deux joueurs portés vers l'offensive en club, et habitués à évoluer avec un numéro 6 derrière eux (Mascherano pour Gerrard, Obi Mikel pour Lampard). Leur complémentarité est aussi une inconnue. Mais Capello n'a pas beaucoup le choix. Il peut aussi ne pas prendre ce risque et aligner une doublette Barry-Lampard et faire remonter Gerrard d'un cran, en soutien de Wayne Rooney. Dans tous les cas de figure, l'Angleterre pourrait payer son manque de forces vives à la récupération lors du Mondial. Sur le papier, c'est l'un des prétendants au titre les moins armés dans ce domaine, à l'image de l'équipe de France en défense centrale.


L'IMPACT DES GARDES NOIRES


Traditionnellement, les sélections africaines ont des arguments à faire valoir à la récupération. Ce sera encore le cas lors de cette Coupe du monde même si le meilleur milieu défensif africain à l'heure actuelle, Michael Essien, sera absent sur blessure. Son absence n'avait pas empêché le Ghana d'atteindre la finale de la CAN cet hiver, et les Black Stars s'en remettront à Stephen Appiah (Bologne) et Sulley Muntari (Inter) pour verrouiller l'entrejeu. La Côte d'Ivoire n'a pas grand chose à leur envier avec Yaya Touré (FC Barcelone) et Didier Zokora (FC Séville), deux anciens pensionnaires de Ligue 1 qui ont fait leur preuve de l'autre côté des Pyrénées. Le Cameroun est un cran en dessous dans ce secteur, mais il dispose en Alexandre Song (Arsenal) d'un milieu défensif de grande qualité et au fort potentiel. En revanche, l'Algérie et l'Afrique du Sud n'ont pas de référence à ce poste.