Toulalan : "Si chacun est honnête..."

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Toulalan : 'Si chacun est honnête...'
Par Maxime DUPUIS, envoyé spécial à Knysna|Ecrit pour TF1|2010-06-19T08:30:03.000Z, mis à jour 2010-06-19T08:30:03.000Z

Suspendu pour le prochain match, Jérémy Toulalan ne jouera pas face à l'Afrique du Sud. Mais le milieu de terrain reste concerné par l'avenir des Bleus. Forcément déçu, il attend de tous une autocritique. "Tout le monde est responsable", dit-il en ajoutant que les Bleus "n'en ont pas fait assez".

JEREMY TOULALAN, l'équipe de France a-t-elle fait le maximum face au Mexique (0-2) ?


J.T. : Par rapport au résultat, je pense que non. Compte tenu des qualités des joueurs... Certains ont des qualités individuelles fortes mais il faut toujours réussir à avoir un équilibre. On essaie de le trouver. Mais quand on ne gagne pas, il y a des manques quelque part. C'est collectif. Pas individuel. La différence entre le Mexique et nous hier, c'est qu'eux avaient un collectif et nous onze joueurs.


Ne ressentez-vous pas un manque d'humilité dans ce groupe ?


J.T. : Je ne vais pas prendre une personne et la démonter. C'est collectif, il y a eu des manques de tout le monde.


Avez-vous parlé avec Raymond Domenech ?


J.T. : Oui, avant l'entraînement et pendant. On s'est dit qu'il restait une chance et qu'elle est infime. Mais on se doit d'y croire par rapport aux supporters. Et nous également car on a une certaine fierté. On se doit de gagner ce match. Certes, il faudra beaucoup de buts pour passer mais il faut y croire, même si ça ne dépend pas que de nous.


Vous parlez de manques. Le sélectionneur est-il également concerné ?


J.T. : On est un groupe et à partir de là, tout le monde a sa part de responsabilités. On est 23. Les joueurs, le sélectionneur et le staff ont leur part de responsabilité.


Etes-vous sûr, comme vous l'avez dit jeudi soir, que chaque joueur a fait son maximum ?


J.T. : Bah... j'espère. Mais il est sûr qu'on n'a pas dû en faire assez. Moi le premier sur les ballons en avant sur le déchet. Chacun doit faire son autocritique et ce n'est pas à moi de la faire. Si chacun est honnête, il sait ce qu'il a fait et pas fait. Encore une fois, ce n'est que collectivement qu'on pourra s'en sortir. Il faut avoir plus de complicité, c'est peut-être ce qui nous manque.


Avez-vous l'impression de vous être sacrifié hier soir face au Mexique en prenant ce carton jaune qui vous prive du troisième match ?


J.T. : On est sur un coup de pied arrêté. On ne les a d'ailleurs pas bien tirés, c'est une certitude... Je suis obligé de faire cette faute. Derrière, c'est du quatre contre deux, les Mexicains arrivent lancés.


Ne vous-êtes vous pas voilé la face depuis longtemps au prix d'un positivisme forcené ?


J.T. : Je pense que l'on est obligé d'être positif. Je suis déçu, je ne vais pas jouer le prochain match mais je dois y croire. Cela dit, être positif ne signifie pas se cacher les choses. On n'a jamais dit qu'on était très bon offensivement... Sur les derniers matches, on n'était pas percutants. Je ne pense pas qu'on s'est caché les choses.


Avez-vous conscience d'être la risée de la France ?


J.T. : Ça fait partie du métier. J'ai vécu l'Euro 2008, je vis la Coupe du monde. On ne peut pas dire qu'on soit content de nous. Après, c'est le jeu et le revers de la médaille, même si je pense que certaines choses vont loin. On est critiqué en sélection. Faut savoir le prendre même si ça va trop loin parfois. Dire qu'on est des "imposteurs" (ndlr : titre de L'Equipe ce vendredi), ça va loin.


Pourquoi cette équipe ne progresse pas ?


J.T. : Si je le savais... A cette question, je n'ai pas de réponse. Sinon qu'elle est collective. Mais on peut dire beaucoup de choses, c'est sur le terrain qu'il faut répondre. On s'est toujours qualifié pour la Coupe du monde ou le Championnat d'Europe... Mais pour une nation comme la France, il faut aller plus loin.


Avez-vous des regrets de ne pas avoir parlé plus depuis le début de l'aventure?


J.T. : J'essaie de le faire de plus en plus. J'aurais peut-être dû prendre la parole un peu plus. Mais je pense que tout le monde essaie de se parler. On a eu des discussions à Tignes.


Etes-vous conscient de ne plus faire peur à personne ?


J.T. : Oui. Il faut des victoires pour faire peur. Mais cette notion m'a toujours fait rire. Ça m'importe peu de faire peur. Moi, je n'ai jamais eu peur d'une équipe. J'ai déjà été impressionné.


Que faudra-t-il changer à l'avenir pour éviter les fiascos de l'Euro 2008 et celui qui s'annonce ?


J.T. : Je pense que ce n'est pas fini. Il reste une petite chance. Après, il faudra demander au futur sélectionneur.