Tranquille comme Lloris

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Tranquille comme Lloris
Par AFP|Ecrit pour TF1|2009-11-15T16:08:08.000Z, mis à jour 2009-11-15T16:08:08.000Z

On lui avait promis l'enfer, mais Hugo Lloris est resté égal à lui-même à Croke Park. Calme, serein, le gardien de but lyonnais a sorti un grand match face à l'Eire, jouant un rôle majeur dans la victoire française. Il tient peut-être enfin son match référence chez les Bleus.

Quoi? Encore Lloris? A croire que l'actu du football français passe systématiquement par le gardien de l'Olympique lyonnais en ce mois de novembre. Et bien oui, encore Lloris. Franchement, il est difficile après la bataille de Croke Park de ne pas se focaliser une fois encore sur la performance du Rhodanien, qui ne cesse d'être un homme clé de tous les grands matches auxquels il prend part ces temps-ci.


En l'espace de 10 jours, Lloris vient de jouer les deux matches les plus importants de sa jeune carrière. L'un avec son club, face à Liverpool. L'autre avec la sélection, en Irlande. Avec comme petit enjeu, une place en huitièmes de finale de la Ligue des champions dans un cas, une qualification en Coupe du monde dans l'autre. A Gerland comme à Dublin, Lloris a été décisif, toujours, et parfois époustouflant. Face aux Irlandais, dans un contexte délicat, l'ancien Niçois n'a pas eu 50 arrêts à effectuer. Mais quand les Bleus ont eu besoin de lui, il a été là. Dans les airs comme au sol. En première période, sa sortie dans les pieds de Robbie Keane a ainsi annihilé la plus grosse occasion verte des 45 premières minutes. Puis, en toute fin de rencontre, il a à nouveau jailli, devant Whelan cette fois, effaçant une erreur d'Abidal.


Henry: "Sans lui, on ne gagnait pas"


Lors de ses six premières sélections, Hugo Lloris n'avait encore jamais pleinement convaincu. Cette fois, oui. Dans son duel à distance avec Steve Mandanda, il a sans aucun doute marqué des points. Fidèle à ses habitudes, Raymond Domenech a pourtant laissé la porte ouverte à un nouveau bouleversement de la hiérarchie. "Chaque match a une vérité, a rappelé le sélectionneur, peu enclin à faire l'éloge de qui que ce soit. On a au moins deux gardiens de très haut niveau. Ca peut se jouer à pas grand-chose. Le gardien a fait son travail comme toute l'équipe." Tant qu'il le fera aussi bien, Lloris n'aura pas de souci à se faire. Au contraire de leur entraîneur, les joueurs, eux, ont d'ailleurs unanimement salué le match de leur gardien, à l'image Thierry Henry. "Sans lui, on ne gagnait pas ce soir", a souligné le capitaine.


Tout au long de la semaine, la presse irlandaise avait pourtant pointé le poste de gardien de but comme un maillon faible de l'équipe de France, s'appuyant peut-être sur la dernière sortie en date de Lloris, le week-end dernier, face à Marseille. Son pire match de l'année, avec cinq buts encaissés et une grosse boulette. Il aurait pu gamberger. Il a préféré oublier. "C'est vrai que c'était un match un peu particulier, mais il faut être professionnel, surtout à ce poste, il faut tourner la page rapidement", estime-t-il, toujours aussi impassible. Ses coéquipiers ont tout fait pour l'y aider. "On lui a tous parlé avant le match pour le mettre en confiance, raconte Patrice Evra, lequel invite maintenant le Lyonnais à s'affirmer davantage dans le groupe. "J'espère qu'il aura encore un peu plus de poids en équipe de France parce qu'il est très timide", souffle le Mancunien.


Mais cette nature effacée, défaut apparent, constitue peut-être paradoxalement un des meilleurs atouts de Lloris. Grand match ou grosse bourde, quoi qu'il arrive, il n'est pas du genre à s'emballer. Cette timidité, c'est simplement du calme, quand tant d'autres font du bruit pour rien. Un calme qui lui permet de chasser le doute après chaque coup dur (son carton rouge à Belgrade, son match raté contre l'OM). Dans les bons comme dans les mauvais soirs, il reste égal à lui-même. Son match de Croke Park? "C'est vrai que j'ai eu quelques situations difficiles mais ça ne reste qu'un match". Du Lloris dans le texte.