Trois hommes et un coup fin ?

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Trois hommes et un coup fin ?
Par A.P. (avec AFP)|Ecrit pour TF1|2010-07-02T13:45:02.000Z, mis à jour 2010-07-02T13:45:02.000Z

Le trio Kaka-Luis Fabiano-Robinho a eu raison du Chili à lui tout seul en huitième (3-0). Les Pays-Bas subiront-ils le même sort en quarts de finale à 16h00 ? Le Brésil espère rééditer le même match face à une autre équipe portée vers l'avant.

Au Brésil, la presse a décrit le succès contre le Chili (3-0) comme un "match laid avec des buts magnifiques". "Jusqu'à l'ouverture du score, le Brésil a joué un football laid, comme contre la Corée du Nord (2-1), la Côte d'Ivoire (3-1) et surtout le Portugal (0-0)", lors de ses trois matches de groupe. Mais, à chaque fois, la lumière est venue de trois hommes. Le trident du Brésil Kaka-Luis Fabiano-Robinho, sur lequel repose toute l'animation offensive des Auriverde, a enfin pleinement fonctionné. Kaka, enfin inspiré derrière ses deux attaquants, Luis Fabiano, auteur de son troisième but, et Robinho, virevoltant et qui a signé son premier but du Mondial, le Ka-Fab-Ro a assuré presque à lui seul le spectacle contre un Chili vite résigné.


La formule mise en place par Dunga il y a deux ans et demi a encore payé. Le sélectionneur brésilien avait pour la première fois choisi ce trident contre l'Uruguay, le 21 novembre 2007 au Morumbi de Sao Paulo, en qualifications pour cette Coupe du monde. Luis Fabiano, considéré comme "un cheval" par certains puristes au Brésil, prenait la place de Vagner Love ou Ronaldinho. Il avait marqué un doublé (2-1)... Depuis, Dunga, qui est du genre à rester ferme sur ses idées, a maintenu le trio chaque fois qu'il le pouvait, et l'a défendu dans les périodes plus creuses. Avec son Ka-Fab-Ro, il a remporté la Coupe des Confédérations en juin 2009, dont Luis Fabiano a été le meilleur buteur et Kaka élu meilleur joueur.


Les Pays-Bas comme le Chili ?


Pourtant, Dunga l'assure, "le Brésil ne dépend pas de trois joueurs". "C'est un collectif, rappelle le sélectionneur. Si on arrive à jouer en équipe, le résultat sera positif, c'est-à-dire conforme à nos attentes. On ne peut pas inventer une tactique à chaque match. On a une certaine approche qui repose sur nos qualités et nos caractéristiques propres". Cette approche, Kaka l'a lui-même expliquée : "le Chili a démontré que quelle que soit l’identité de son adversaire, ce qui l’intéresse ce sont les cages adverses", a analysé le 10. Cette conception du jeu nous a permis de trouver des espaces et de mettre en place nos contre-attaques, l’arme principale de notre jeu". Les Pays-Bas, également portés vers l'avant grâce à leur propre trident Robben-Sneijder-van Persie, vont-il également tomber dans le piège ?


Certes, à l'aube du quart de finale, tout n'est pas encore parfait. Kaka a réussi sa passe géniale et souvent trouvé Robinho, mais a raté des frappes et surtout semblé nerveux, prenant un nouveau carton jaune (30) pour un tacle en retard sur Arturo Vidal. Il en avait déjà reçu deux contre la Côté d'Ivoire, où il fut exclu. Un nouvel avertissement contre les Pays-Bas et il sera suspendu pour l'éventuelle demi-finale... "Oui, c'est un problème, je ne veux pas qu'il soit suspendu", observe Dunga. "Nous allons parler de ça avec Kaka, ça le concerne". De son côté, Robinho aussi a raté quelques frappes et Luis Fabiano s'est fait chambrer par le stade sur une roulette ratée puis une talonnade qui a rebondi sur son talon. Peut-être voulait-il faire taire les esthètes, ou oublier son double contrôle du bras sur son but tout en jongles contre la Côte d'Ivoire ?


Kaka a les clés


Mais la clé de la réussite de ce trio se trouve sans doute dans les pieds de Kaka. Si le n°10 n'a pas encore marqué, il monte en puissance et son bilan statistique reste très honorable : trois matches, trois passes décisives. Deux contre la Côte d'Ivoire (3-1), une contre le Chili (3-0). "Je cherche à approvisionner les attaquants, Robinho et Luis Fabiano", commente le Ballon d'Or 2007. "C'est déjà ma troisième passe décisive dans le Mondial et je vais essayer d'être le meilleur passeur et que Luis Fabiano soit le meilleur buteur". Les deux hommes nourrissent d'ailleurs un relation particulière, sur le terrain comme en dehors, qui date de leurs années de jeunesse au Sao Paulo FC. "C'est la relation parfaite, se réjouit Luis Fabiano. Il me suffit d'être bien placé et lui, sans me voir, sait déjà où je me trouve." "Je savais déjà le mouvement qu'il allait faire", abonde Kaka, précisant: "Il existe une complicité entre nous deux. C'est une convivialité quotidienne, des plaisanteries". Les Oranje sont prévenus.