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Trois matches pour tout changer

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Trois matches pour tout changer
Par Anthony PROCUREUR|Ecrit pour TF1|2010-05-26T19:04:06.000Z, mis à jour 2010-05-26T19:04:06.000Z

Face au Costa Rica (21h00), la Tunisie et la Chine, les Bleus n'ont plus que trois matches pour chasser les dernières interrogations avant le début du Mondial. Si Henry et Gallas posent question, Raymond Domenech doit encore trouver une identité de jeu et une cohésion au sein du groupe. Rien que ça.

. PRODUIRE DU JEU


Lorsqu'il a été maintenu en poste après l'échec de l'Euro 2008, Raymond Domenech devait produire du beau jeu, alors qu'il avait toujours fait jouer ses équipes de façon défensive. Et il aura fallu patienter. Finalement, le sélectionneur a laissé entendre cette semaine qu'il pourrait abandonner son 4-2-3-1 pour un 4-4-3 a priori plus offensif. Une petite bombe dans le paysage des Bleus. Malouda et Ribéry pourraient être associés à gauche, Henry occuperait la pointe de l'attaque alors que Gignac, Anelka voire Govou se disputeraient la dernière place à droite. Un choix qui suscite plusieurs interrogations. Comment Toulalan s'en sortira seul à la récupération ? S'il est choisi à droite, Anelka peut-il résister à l'envie de revenir dans l'axe ? Comment Malouda réagira-t-il à ce nouveau rôle ? Les Tricolores ont trois matches pour y répondre. Car le 4-3-3 devra apporter des garanties avant d'être reconduit au Mondial.


. CLORE LE CONFLIT DES EGOS


Les conflits de génération ont eu bon dos pour expliquer l'échec de l'Euro 2008. Cette fois, Raymond Domenech n'a pas voulu prendre le moindre risque. Depuis leur arrivée à Tignes, les joueurs se relaient d'ailleurs pour louer la bonne ambiance au sein du groupe. Entre 2008 et 2010, qu'est-ce qui a donc changé ? "Il faisait entre 5 et 10 degrés, il pleuvait", répond le patron des Bleus. Si le climat glacial qui régnait autour du Montana, puis du bien nommé Mirador Kempinski, n'a pas aidé, le raccourci est un peu facile. Domenech a surtout fait ce qu'il fallait pour éviter que la situation se reproduise. Comme il l'avait prédit, il a chassé les "égo" de sa liste à coups de fusils en laissant à quai Benzema, Nasri ou encore Ben Arfa. Encore fallait-il que l'alchimie opère. Visiblement, le pari est réussi. Le forfait de Lassana Diarra a renforcé les liens au sein du groupe. Idem pour l'accident de buggy de Gallas, "un bon moment, spécial avec le groupe" dixit Anelka. C'est pour préserver ce fragile équilibre que Domenech a choisi de conserver les 23 de Tignes. "On sent les étapes, les évolutions, c'est parti sur des bases incertaines mais le groupe s'est pris en main".


. CLARIFIER LE CAS HENRY


Les trois prochains matches permettront également de répondre à une question qui angoisse l'équipe de France depuis plusieurs mois : quel est l'état de forme de son capitaine ? Mis sur la touche à Barcelone, Thierry Henry inquiète. Et pas sans raisons. Sa dernière apparition sous le maillot tricolore, lors du match amical face à l'Espagne le 3 mars dernier (défaite 2-0), avait été catastrophique. Titi peut-il retrouver ses jambes face au Costa Rica, la Tunisie et la Chine ? C'est loin d'être sûr. Mais, s'il est confirmé, le passage en 4-3-3 pourrait mieux correspondre à ses qualités du moment. S'il est à court de forme, son sens du but sera davantage précieux dans l'axe que sur le côté gauche. Encore faut-il qu'il soit titulaire. Mardi, Domenech a laissé la porte ouverte à ce que l'on imaginait encore impensable il y a quelques semaines. A la question, "Henry sera-t-il capitaine à Lens ?", le sélectionneur a répondu : "On verra. Il n'y a pas de titulaire indiscutable." Mais les Bleus peuvent-ils se passer du meilleur buteur de leur histoire (51 buts en 118 sélections) ?


. UNE DEFENSE A CONSTRUIRE


Henry n'est pas le seul à poser question. Les matches de préparation doivent permettre de lever les derniers doutes concernant William Gallas. Bien qu'ayant terminé sa saison sur une blessure à un mollet le 31 mars, le défenseur d'Arsenal fait partie des 23. Les dernières nouvelles se voulaient pourtant rassurantes et le patron de la défense devrait jouer à Lens "une partie du match". Avec Gallas, "ça tient ou ça casse", a rappelé le sélectionneur qui ne veut sans doute pas revivre l'épisode Vieira de 2008. Dans un secteur souvent pointé du doigt lors des qualifications, l'ancien Marseillais est indispensable. Mais il reste peu de temps pour parfaire les automatismes de la charnière centrale Gallas-Abidal. Depuis l'Euro, Domenech n'a en effet jamais réussi à aligner plus de deux fois de suite la même paire d'arrière centraux. Le temps presse...


. ON ATTEND PLUS DES CADRES


Face à l'Espagne, l'écart était criant. Il existe sans doute encore aujourd'hui. Après avoir traversés des saisons contrastées, les Bleus abordent la dernière ligne droite dans une condition physique inégale. Certains, comme Cissé et Gallas, ont devancé le rassemblement pour se préparer sous les ordres de Robert Duverne. Mais, globalement, le programme concocté à Tignes a été plus chargé qu'à l'accoutumée. "C'était en rapport avec pas mal de joueurs qui avaient besoin de travailler un peu plus, la saison n'a pas été la même pour tout le monde", a expliqué Domenech. C'est notamment le cas de Ribéry, qui "revient à son meilleur niveau". Le Bavarois pourrait également être revigoré par le replacement à gauche qu'il réclame de longue date. La fin de la diva que l'on avait vue face à la Roumanie (1-1), en septembre 2009 ? Yoann Gourcuff, qui n'est que l'ombre du joueur qu'il fut en 2009, doit aussi apporter des réponses, sûrement à un poste plus reculé.


Composition probable : Lloris - Sagna, Gallas, Abidal, Evra - Gourcuff, Toulalan, Malouda - Govou, Anelka ou Henry, Ribéry.