Un Brésil façon Inter

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Par Martin MOSNIER|Ecrit pour TF1|2010-06-21T06:30:05.000Z, mis à jour 2010-06-21T06:30:05.000Z

Au sein d'une Seleçao plus solide que flamboyante qui affrontera la Côte d’Ivoire ce dimanche (20h30), Julio Cesar, Lucio et Maicon sont des valeurs étalons. Les trois piliers de l'Inter sortent d'une saison pleine et symbolisent à la fois les ambitions et le nouveau visage du Brésil de Dunga.

Didier Drogba ne doit pas franchement se réjouir de croiser de nouveau la route de Maicon, Lucio et Julio Cesar cette saison. En février et mars, l'attaquant ivoirien de Chelsea n'a jamais trouvé la solution lors de la double confrontation face à l'Inter en 8e de finale de la Ligue des Champions (2-1, 0-1). Sans doute frustré par 180 minutes passées à perdre des duels, Drogba se rend coupable d'une semelle au retour et rentre plus tôt que ses coéquipiers aux vestiaires. La triplette brésilienne de l'Inter, bien aidée par Samuel et Zanetti, remporte sa première confrontation face à l'ancien chouchou de l'OM. "Drogba n'a presque pas joué à l'aller car Lucio l'a annihilé", retient ainsi Julio Cesar. "Au retour, il a eu peu d'occasions et a fini expulsé". Troisième acte ce dimanche à Johannesburg lors de Brésil-Côte d’Ivoire.


Comme à l'Inter, la triplette auriverde, championne d'Europe et d'Italie en club, est indiscutable en sélection. Lucio a le brassard solidement accroché au biceps, Maicon, meilleur Brésilien lors de l'entrée en lice de la Seleçao, a relégué Daniel Alves sur le banc, Julio Cesar est considéré comme l'un si ce n'est comme le meilleur gardien du monde actuellement. Ces trois hommes forment le socle d'un Brésil solide, une sélection qui aime faire le dos rond autour d'une arrière-garde qui s'impose comme son point fort. Si le Brésil n'a été battu qu'une fois sur ses 26 derniers matches, le quintuple champion du monde le doit avant tout à son arrière-garde. Les chiffres parlent d'eux-mêmes. La Seleçao a gardé son but inviolé à 10 reprises en 18 matchs, n'encaissant que 11 buts. Quant à l'Inter, meilleure défense de Serie A, elle n'a concédé que 8 buts en 13 matchs matches de Ligue des Champions. Ce trio représente le trait d'union entre ces deux équipes ultra homogènes.


Les cadres et le facteur x


Premier relais de Dunga sur le terrain, Lucio dégage une autorité naturelle née de son expérience sous le maillot or. Rescapé du Mondial 2002 comme Kaka, Luisao, Kleberson et Gilberto Silva, il est celui qui compte le plus de sélections (89) parmi les 23 Brésiliens. Du haut de ses 55 capes, Maicon fait lui aussi partie des meubles et n'hésite pas à endosser un costume de leader. Sur le terrain, comme l'a démontré son ouverture du score contre la Corée du Nord (2-1), mais aussi dans le vestiaire : "C’est difficile à expliquer, mais je me sens bien au sein d’un groupe. J’aime motiver mes coéquipiers et c’est quelque chose que je fais naturellement. L’expérience aidant, j’ai évolué", affirme-t-il sur le site de la FIFA.


Comme Maicon, Julio Cesar pourrait profiter de ce Mondial pour asseoir son statut officieux de meilleur joueur du monde à son poste. D'autant que Gianluigi Buffon, victime d'une hernie discale, est incertain pour la suite du Mondial et qu'Iker Casillas, sur la lancée de sa deuxième partie de saison poussive, n'a rassuré personne face à la Suisse (0-1). En Serie A, la saison de Julio Cesar n'a pas été exempte d'une légère baisse de régime, peut-être due à son accident de voiture. Mais il s'est imposé comme le facteur X de l'Inter. Comme lors de la demi-finale retour de C1 au Camp Nou, où, sur une frappe à ras de terre de Messi, il s'allonge et détourne en corner le ballon qui filait dans son soupirail. Avec ses trois hommes, l'Inter a conquis l'Europe. Ce trio peut-il conquérir le monde avec le Brésil ?