Un fauteuil pour deux

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Un fauteuil pour deux
Par Eurosport.fr|Ecrit pour TF1|2010-03-02T16:30:00.000Z, mis à jour 2010-03-02T16:30:00.000Z

De retour en forme, Franck Ribéry va retrouver l'équipe de France mercredi face à l'Espagne. Une bonne nouvelle, à condition de lui trouver un poste. Désireux de s'imposer à gauche, le joueur du Bayern est en concurrence avec un Thierry Henry à court de forme à Barcelone. Alors à qui la place ?

"Je ne suis pas sûr qu'il soit encore à 100% de ses moyens mais je suis content de le revoir". Raymond Domenech n'a pas caché son soulagement lors de l'annonce de la liste pour affronter l'Espagne. Car, si les absents sont censés avoir toujours tort, Franck Ribéry a laissé un grand vide chez les Bleus durant son absence. Plusieurs mois perturbés notamment par des pépins au genou gauche l'ont vu assister devant son téléviseur à la campagne de qualification poussive de l'équipe de France. Buteur décisif dimanche face à Hambourg (1-0), le joueur du Bayern revient donc en forme au bon moment. Enfin presque. "Qu'il revienne au plus haut niveau mais pas tout de suite, qu'il attende encore un mois, ça m'ira très bien", plaisante le sélectionneur. Mais sa seule présence est de nature à rassurer les Bleus au moment d'affronter les champions d'Europe en titre et d'entrer dans la dernière ligne droite avant la Coupe du monde.


Absent de la sélection depuis 9 septembre 2009 face à la Serbie, Ribéry est impatient de porter à nouveau le maillot tricolore. "Les Bleus m'ont énormément manqué. J'ai envie de tout casser", a-t-il déjà fait savoir en février dans les colonnes de France Football. Il aura l'occasion également d'aplanir quelques malentendus avec Domenech. Les deux dernières sorties de Ribéry en équipe de France avaient en effet été marquées par quelques caprices que le sélectionneur n'avait que moyennement goûtés. Entré en jeu dans la dernière demi-heure contre la Roumanie (1-1), le 5 septembre, il avait rechigné à respecter les consignes et avait tenté à plusieurs reprises de s'incruster à gauche. Quatre jours plus tard en Serbie (1-1), Domenech n'avait pas hésité à le cantonner au banc de touche jusqu'à la 77e minute.


Ribéry : "Ma place est à gauche"


Reste donc à savoir à quel poste il jouera face à l'Espagne. Ribéry ne cesse de le répéter, sa "place est à gauche". "Que ce soit au Bayern ou en bleu, c'est là où je suis le plus libéré, où je m'éclate et où je suis le mieux dans ma tête", explique-t-il. Mais alors, que fait-on de Thierry Henry ? Faut-il installer Ribéry à gauche et replacer Henry dans l'axe, quitte à recaler Anelka sur banc ou le condamner à jouer à droite ? "Cela reste une option, une possibilité", reste vague Domenech qui, à lire entre les lignes, a toutefois sa petite idée en tête : "A gauche, dans l'axe, à droite, il fait partie de ces joueurs qui peuvent évoluer partout. C'est bien dans une grande compétition d'avoir une variété de choix". Traduction : tant que Henry sera dans les parages, Ribéry devra sans doute se résoudre à jouer à droite où les solutions manquent en sélection. A moins d'un changement tactique, ce à quoi le patron des Bleus semble être allergique.


Mais voilà, l'état de forme de Thierry Henry fait lui aussi débat. Confiné au banc de touche à Barcelone, le meilleur buteur de l'histoire des Tricolores (51 buts en 117 sélections) inquiète. Durant les six dernières semaines, il n'a disputé qu'une seule rencontre, il y a dix jours, contre Santander (4-0). Il avait d'ailleurs marqué sur coup franc. Si Domenech met en avant une gestion d'effectif au Barça, Jean-Alain Boumsong ne se voile pas la face. "Si, ces deux prochains mois, il continue de ne jouer qu'un match par mois, il sera à court de compétition, estime le défenseur de Lyon. Ce sera un problème s'il ne joue pas davantage ses six prochaines semaines. Quand tu ne joues pas pendant longtemps avant une grande compétition, c'est toujours un handicap". Mais, sauf cataclysme, Titi est intouchable. On ne voit pas Domenech toucher à son capitaine mais aussi son principal relais au sein du groupe France.


Henry ne s'inquiète pas


Dans L'Equipe, le principal intéressé se veut d'ailleurs rassurant. "Ce n'est pas comme si je n'avais pas joué de la saison, explique Henry. De toute façon, les matches amicaux et la préparation sont là pour se remettre dans le rythme. Ce n'est pas inquiétant sur ce plan-là". A l'écouter, sa situation serait même un avantage afin d'arriver en pleine forme en Afrique du Sud. A 32 ans, il espère suivre l'exemple d'un Zidane en 2006 ou d'un Thuram en 2008. "L'inquiétude, c'est plutôt lorsque tu arrives HS en début de compétition, ce qui était mon cas en 2002, en 2006 ou lors de la plupart des compétitions que j'ai disputées", rappelle-t-il. Jusqu'à la fin de saison, Barcelone doit encore disputer 14 matches de Liga et un 8e de finale retour de Ligue des Champions, au minimum. "Ce n'est pas parce que je n'aurai pas joué ces quinze matches, et je ne crois pas que ce sera le cas, que cela changera quelque chose. Et puis si je ne jouais pas ces derniers matches, ce ne serait pas la fin du monde", semble déjà résolu Henry. De retour au Stade de France quatre mois après sa main face à l'Irlande, c'est surtout pour ses prestations qu'il sera attendu mercredi.